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Alouettes: Fajardo ne veut pas être poussé vers la sortie

Philippe Asselin

2024-11-12T00:04:50Z

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MONTRÉAL – Le quart-arrière Cody Fajardo semble assez inquiet pour son poste chez les Alouettes.

Lundi, deux jours après la défaite de l’équipe en finale de l’Est, le vétéran a été très clair: il ne veut pas être en compétition pour le poste de partant.

«Je veux être dans une équipe où je sais que je suis le gars en qui on a confiance. Je ne veux pas penser que ça va changer dès que je connais un mauvais match», a-t-il déclaré pendant le bilan de fin de saison des joueurs.

Le problème de l’athlète de 32 ans est que plusieurs se demandent si les Alouettes ne devraient pas plutôt faire confiance à Davis Alexander lors de la prochaine campagne.

Le pivot de 26 ans s’est emparé du poste de partant quand Fajardo s’est blessé en juillet et a présenté un dossier parfait de 4-0. Alexander pourrait cependant devenir joueur autonome cet hiver.

À entendre Fajardo, il est difficile de ne pas s’imaginer qu’il préférerait voir son jeune coéquipier évoluer sous d’autres cieux en 2025.

«Parfois, ce n’est pas une bonne chose de miser sur deux très bons quarts-arrière. Ça divise les gens, les partisans, les gars dans le vestiaire et les entraîneurs. Ce n’est pas toujours la bonne formule», a affirmé celui qui venait tout juste de sortir d’une rencontre avec le directeur général Danny Maciocia.

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«Nous avons un quart-arrière plus âgé et un plus jeune qui a très bien joué. Nous avons discuté et aucune décision n’a été prise», a ensuite souligné Fajardo.

Le gazon plus vert chez le voisin

Directement interrogé pour savoir s’il s’attendait à revoir Alexander dans l’uniforme des Moineaux, le numéro 7 s’est défilé avant de manquer un peu de subtilité.

«C’est une question pour lui et j’espère que vous lui avez posé les mêmes questions difficiles que vous me posez. Tout ce que je sais, c’est que sa valeur sur le marché est extrêmement élevée présentement.»

«Personnellement, je trouve qu’il a été le meilleur substitut dans notre ligue cette saison. Chaque année, il y a des équipes qui ont besoin d’un quart-arrière. Reste à voir s’il veut tester l’autonomie.»

«Parfois, le gazon n’est pas plus vert chez le voisin. Dans mon cas, il l’était plus à Montréal qu’en Saskatchewan», a ajouté l’homme qui a disputé trois saisons comme partant chez les Roughriders avant de se joindre aux Alouettes.

En mode vendeur

Fajardo a aussi profité de son passage devant les médias pour se lancer des fleurs. Mais envoyait-il un message aux scribes ou plutôt à Maciocia et à l’entraîneur-chef Jason Maas?

«J’ai l’impression que j’avais une saison digne d’un joueur par excellence en attaque lors des cinq premiers matchs de la saison. [...] J’avais l’impression de jouer la meilleure saison de ma carrière avant de me blesser.»

«Pour être honnête, je suis très fier de la façon dont j’ai lancé le ballon cette année. J’ai été le quart-arrière qui a commis le moins de revirements dans la ligue. J’ai également fini premier dans la ligue pour les passes réussies. Ces deux éléments mènent à des victoires. J’ai l’impression de jouer le meilleur football de ma carrière, même si certaines personnes pensent le contraire.»

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Encore une fois, il faut lire entre les lignes ici. Fajardo n’a pas parlé des revirements pour rien. En finale de l’Est, l’attaque des Alouettes a redonné le ballon cinq fois aux Argonauts de Toronto. Le quart-arrière a lancé deux interceptions, en plus de laisser échapper le ballon une fois.

Sans jamais pointer directement Fajardo du doigt, tous les autres joueurs des Alouettes ont profité du bilan pour indiquer que les revirements avaient été la cause directe de l’élimination du club.

«Si tu es concentré comme tu dis que tu l’es, il y a beaucoup de choses qui n’auraient pas dû survenir comme ce fut le cas dans ce match. Nous sommes des athlètes professionnels et nous devons prendre nos responsabilités. Nous devons nous regarder dans le miroir. Dans les gros matchs et les situations cruciales, ce genre de choses ne doit pas arriver», a notamment dit le receveur de passes Austin Mack.

Il sera très intéressant de voir ce que diront Maciocia et Maas sur la situation des quarts-arrière de leur équipe. Il faudra toutefois attendre à mardi après-midi, quand ils tiendront à leur tour le bilan de leur saison 2024.

Photo MARTIN ALARIE
Photo MARTIN ALARIE

Toutes les options sont sur la table pour Alexander

MONTRÉAL – Le quart-arrière Davis Alexander s’apprête à signer le plus lucratif contrat de sa carrière jusqu’à maintenant, mais est-ce que ce sera avec les Alouettes?

En 2024, le footballeur qui pourrait prochainement profiter de son autonomie a obtenu l’occasion de montrer qu’il pouvait faire le boulot dans la Ligue canadienne de football.

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Quand Cody Fajardo est tombé au combat, Alexander a permis à son équipe de gagner quatre matchs en autant d’occasions. Le jeune pivot a conclu sa saison avec 105 passes réussies en 151 tentatives (69,5%), pour 1347 verges et six touchés. Il a également été victime de deux larcins.

Lundi, pendant le bilan de fin de campagne des joueurs des «Als», Alexander n’a écarté aucune option concernant son futur.

«Ça risque d’être une longue saison morte. Je vais parler avec coach [Jason] Maas, avec Danny [Maciocia, le DG], et aussi avec Cody. C’est entre leurs mains et nous allons voir ce qui se passera», a-t-il d’abord dit.

«Ça va dépendre de ce qui se passe et quelles seront les situations dans la ligue. J’adore ça ici. J’aime les entraîneurs et l’organisation. Mais évidemment, ça doit avoir du sens pour moi et ma famille.»

«Peut-être que je resterai sans être le partant, mais je ne suis pas sûr. Je n’écarte aucune possibilité.»

Fier de lui

Alexander n’a pas caché qu’il était heureux d’avoir répondu aux attentes, voire de les avoir dépassées, quand on l’a envoyé derrière le centre.

Il faut aussi rappeler que le quart-arrière a vécu beaucoup d’adversité à l’extérieur du terrain cet été. Son père souffrait d’un cancer du poumon. Il est décédé à la fin du mois d’août, au jeune âge de 56 ans. 

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«C’était une année folle. Je suis vraiment fier de moi, considérant tout ce que j’ai vécu. C’est bizarre, parce que j’ai vécu certains des meilleurs moments de ma vie, tout en vivant certains des pires», a-t-il souligné avec émotions.

Ce qu’ils ont aussi dit

«Nous sommes fâchés et c’est crève-cœur. Toutefois, il faut être capable de bâtir et de grandir. Je vois que les gars sont prêts à travailler encore plus fort.» – Kristian Matte

«Nous n’avons pas été en mesure d’accomplir ce que nous voulions pendant la finale de l’Est. Nous avions l’impression d’être la meilleure équipe.» – Cody Fajardo

«Nous avons l’impression que ce n’est pas la meilleure équipe qui participera au match de la Coupe Grey cette année. Nous leur avons donné ce match. Nous serons de retour et nous allons apprendre de ce que nous venons de vivre.» – Tyson Philpot

«Je pense que la plus grande leçon que nous avons apprise est de ne rien tenir pour acquis. Peu importe ce que tu fais en saison régulière, tu dois être en mesure de faire tes preuves lors des éliminatoires.» – Austin Mack

«C’est assez simple: si tu commets cinq revirements, tu ne te donnes pas de bonnes chances de gagner. Je pense que nous nous sommes tirés dans le pied et il faut maintenant vivre avec les conséquences.» – Marc-Antoine Dequoy

«Quand il y a des jeunes qui montent, ça met de la pression sur les vétérans. Je pense que cette compétition améliore l’équipe au complet.» – Kristian Matte

«Il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer pendant une saison morte.» – Cody Fajardo

«Je vais toujours parier sur moi-même et croire en moi. Dès ma première année, je vous aurais dit que je pouvais être un quart-arrière partant.» – Davis Alexander

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