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Douce folie à Kansas City: les partisans des Chiefs s’assument comme nouveaux «méchants» de la NFL

Les cheerleaders des Chiefs ainsi que deux imitateurs d’Andy Reid ont accompagné les partisans de l’équipe, lors d’un rassemblement.
Les cheerleaders des Chiefs ainsi que deux imitateurs d’Andy Reid ont accompagné les partisans de l’équipe, lors d’un rassemblement. PHOTO STÉPHANE CADORETTE
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-01-24T17:25:27Z

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KANSAS CITY | Les partisans des Chiefs n’ont pas une once de méchanceté en eux. Pourtant, puisque leur équipe gagne sans arrêt dans sa quête vers un troisième Super Bowl de suite, ils savent très bien qu’ils campent désormais le rôle de vilains. Loin d’eux l’idée de s’en plaindre, comme on a pu le constater lors d’un rassemblement au cœur de Kansas City.

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C’était au petit matin, vendredi. La ville était encore plongée dans l’obscurité et il n’y avait pas le moindre bouchon de circulation pour se rendre au centre-ville.

Au petit matin, quand Kansas City dort encore, la gare Union Station ne manque pas de rappeler que la ville est en permanence aux couleurs des Chiefs.
Au petit matin, quand Kansas City dort encore, la gare Union Station ne manque pas de rappeler que la ville est en permanence aux couleurs des Chiefs. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

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Kansas City semblait bien endormie, mais en son ventre, un bel élan de folie grondait déjà. À l’intérieur de la magnifique gare Union Station, toute décorée aux couleurs des Chiefs, des dizaines de passionnés se regroupaient pour un rallye en l’honneur de leur équipe, en présence de la populaire émission matinale du Today Show, diffusée à la grandeur des États-Unis sur les ondes de NBC.

Se surnommant Naphi, ce partisan des Chiefs ne passe pas inaperçu avec son immense drapeau de l’équipe.
Se surnommant Naphi, ce partisan des Chiefs ne passe pas inaperçu avec son immense drapeau de l’équipe. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Pour l’occasion, les amateurs des Chiefs avaient enfilé leurs plus beaux attirails rouges, tous plus colorés les uns que les autres.

«Quand tu as une équipe gagnante, toute la ville se range derrière elle. L’atmosphère dans la ville est tellement positive. Tout le monde est heureux et s’unit pour la même cause», s’est réjouie Janel Carbajo, alias «Puppet Lady», montrant fièrement ses marionnettes des Chiefs et des Bills qui se donnaient des coups, à l’image de la finale de la conférence américaine, dimanche, à Kansas City.

Janel Carbajo, alias «Puppet Lady», soutient les Chiefs depuis toujours et s’attend à une rude bataille face aux Bills.
Janel Carbajo, alias «Puppet Lady», soutient les Chiefs depuis toujours et s’attend à une rude bataille face aux Bills. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

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L’équipe à battre

Pour la dame, qui détient ses billets de saison depuis 36 ans, il serait évidemment préférable que les Chiefs soient adulés pour leurs exploits. Sept finales de conférence de suite, quatre présences au Super Bowl en cinq ans et 90 victoires en sept saisons depuis que Patrick Mahomes est le quart-arrière partant, c’est surréaliste.

«On est passé à travers tellement de mauvais football avant cette période! Malheureusement, nous sommes les nouveaux Patriots et ce n’est pas la partie la plus amusante, mais aussi bien gagner que perdre. Je préférerais qu’on soit considérés comme les gentils dans l’histoire. Au moins, ça nous donne du meilleur football parce que chaque équipe se donne tellement pour nous battre», a-t-elle constaté.

Toujours spécial

Blair Falconer et sa fille de 10 ans réalisent la chance qu’ils ont de soutenir une équipe dominante comme les Chiefs.
Blair Falconer et sa fille de 10 ans réalisent la chance qu’ils ont de soutenir une équipe dominante comme les Chiefs. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Affublé d’un chapeau en forme de bague de championnat, Blair Falconer comprend que les partisans d’autres équipes souhaitent maintenant 100 ans de malheurs aux Chiefs, mais tant pis pour eux.

«Personne ici n’est méchant, mais la société a fait de nous des vilains parce qu’elle n’endure pas que certaines équipes gagnent toujours. Les joueurs se nourrissent de cette énergie. Je ne pense pas qu’on soit encore détestés autant que l’étaient les Patriots... mais ça s’en vient! Si on est champions trois années de suite, la haine va s’amplifier», a-t-il souri.

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Deux amies, dont l’une réside désormais en Arizona, se sont réunies à Kansas City pour encourager les Chiefs, dimanche, en finale de la conférence américaine.
Deux amies, dont l’une réside désormais en Arizona, se sont réunies à Kansas City pour encourager les Chiefs, dimanche, en finale de la conférence américaine. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Les fervents de longue date comme lui, qui en ont bavé avec des années difficiles à Kansas City, savent que tout peut se terminer demain.

«Je sais que tout ça ne sera pas éternel, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Ma fille a 10 ans et c’est tout ce qu’elle a connu. Pour des gens comme elle, c’est normal. On ne devrait jamais s’habituer à gagner autant», a-t-il résumé.

Clin d’œil du destin

Taylor Garrison est un grand supporteur des Chiefs, particulièrement de Travis Kelce.
Taylor Garrison est un grand supporteur des Chiefs, particulièrement de Travis Kelce. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Dans la cohue, on remarque un homme avec un immense manteau rouge, une réplique du trophée Vince-Lombardi à la main et un chandail de son idole Travis Kelce sur le dos. Ironiquement, il porte le même prénom que la dulcinée de Kelce, Taylor Swift. Ça ne s’invente pas!

«Ça doit être le destin!», nous a lancé tout bonnement Taylor Garrison.

Il y a trois ans, une violente attaque cardiaque lui laissait 20% de chances de survie. Il s’en est tiré indemne, à l’image de la résilience de ses Chiefs, qui trouvent toujours le moyen de se sortir du pétrin.

«Depuis ce temps, j’ai décidé de vivre au maximum et, avec tout ce qui se passe avec les Chiefs, c’est devenu la plus belle histoire qui soit.

«Nous sommes gâtés, mais nous réalisons notre chance. On a grandi en détestant les Patriots pour ce qu’ils accomplissaient et maintenant, c’est notre tour d’être détestés. On savoure le fait d’être les méchants. Aussi bien gagner à Kansas City et être détesté que d’être aimé, mais d’être en vacances à Cancún!», a-t-il clamé.

Bon, certains diront que Kansas City n’a rien d’une station balnéaire, mais avec les Chiefs à un pas du Super Bowl, on vous assure que la ville surchauffe.

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