OTTAWA | Donald Trump rappelle périodiquement aux Canadiens qu’ils sont pris dans son mauvais film, dont on ne voit pas la fin.
Heureusement, avec le temps, nous avons appris à baisser le volume et à ne pas sursauter chaque fois qu’il apparaît à l’écran. Il est toutefois impossible d’ignorer son détestable personnage qui se réjouit de nos malheurs.
Sur ses réseaux sociaux, le président a de nouveau évoqué que le Canada devienne le 51e État américain alors que le pays est entré en récession technique.
C’était le plan depuis le début : mettre notre économie à genoux en vue de négocier un pacte commercial à son avantage.

Carney minimise
L’engagement de Mark Carney d’obtenir rapidement une entente avec Trump a très mal vieilli. Le premier ministre admet que l’économie canadienne vacille sous les pressions tarifaires, ce qui nous a plongés dans une récession technique.
Les menaces d’annexion économique du président, au moment où l’unité nationale est mise au défi en Alberta et au Québec, n’ont pas disparu.
En point de presse à Longueuil mardi, Mark Carney a minimisé les propos « un peu bizarres » du président, qui relèvent, selon lui, de tactiques de négociation.

« Il faut être calme, avoir un plan, avoir des options et surtout se concentrer sur ce que nous pouvons contrôler. Dans un sens c’est complexe, mais ce n’est pas plus compliqué que ça », a réagi le premier ministre canadien.
Donald Trump a lui aussi un plan, celui d’affaiblir l’économie canadienne.
Le mot « récession », qu’elle soit technique ou non, apparaît dans l’actualité au moment où d’intenses négos s’entament entre le Canada et les États-Unis. Il y voit, visiblement, une victoire.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Un ambassadeur à son image
Il n’y a pas à dire, Donald Trump a choisi un ambassadeur à son image. Pete Hoekstra, qui multiplie les entrevues au Québec cette semaine, a relayé la publication de son patron concernant le 51e État.
Il a une nouvelle fois joué à la victime durant son entretien avec mon collègue Patrick Bellerose, dans lequel il dit ne pas comprendre l’animosité des Canadiens depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Il a toutefois affirmé que nous n’avions pas à craindre un retrait américain de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), dont le réexamen commence bientôt. En quelques heures, Hoekstra a dit une chose et son contraire sur son amitié entre les deux pays.
La méthode forte et la stratégie du chaos sont toujours en vigueur à la Maison-Blanche.
Poilievre, l’oracle
En 11 petits caractères sur les réseaux sociaux (« 51st State ! »), Trump vient une nouvelle fois mettre de l’eau dans le gaz du chef conservateur.
Pierre Poilievre a passé la semaine à imputer à Mark Carney la seule responsabilité d’une récession « libérale » en ajoutant que les tarifs ne pouvaient pas servir d’excuse.

Or, il ne pourrait être plus clair que de nous affaiblir fait partie du plan de match de la Maison-Blanche.
Poilievre souhaite se présenter en oracle en disant que Mark Carney est incapable de protéger le Canada d’un inévitable ralentissement économique.
