Malgré la guerre tarifaire menée par Donald Trump, l’ambassadeur américain soutient qu’un nouvel accord de libre-échange permettrait de créer des emplois au Canada.
Après la méthode dure, l’homme fort de Trump au pays avait mis son chapeau de commis voyageur, lundi, pour convaincre les Canadiens de renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), moins d’un mois avant la date butoir pour lancer une révision.
Il faut dire que le premier ministre canadien a lui aussi mis de l’eau dans son vin, la semaine dernière, devant l’Economic Club de New York.
Un Canada fort, déclarait Mark Carney, peut contribuer à rendre sa splendeur à l’Amérique («Make America Great Again»).
« C’était vraiment une des rares fois où j’ai entendu le premier ministre s’exprimer très positivement sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis », s’est réjoui Pete Hoekstra en entrevue à l’hôtel Le Bonne Entente, à Québec.
Nous vous présentons cinq points cruciaux pour la suite des choses.

Des ressources précieuses
« Nous allons arriver à un accord, affirme aujourd’hui l’ambassadeur Hoekstra, avec optimisme. Le commerce entre les États-Unis et le Canada ne va pas cesser. »
Pete Hoekstra fait même miroiter des emplois et des retombées économiques en échange d’un accès aux ressources canadiennes.

Le pétrole de l’Alberta, l’uranium de la Saskatchewan ainsi que les minéraux critiques et l’industrie aérospatiale du Québec attisent particulièrement la convoitise des Américains.
« Cela représente énormément d’argent susceptible d’être investi au Québec en provenance des États-Unis, ce qui créerait des emplois et de la prospérité », estime l’ambassadeur.
Le temps presse
D’ici le 1er juillet, le Canada et les États-Unis devront s’entendre pour soit réviser l’entente, soit la conserver, soit s’en retirer carrément.
Un accord « phénoménal » incluant de nouveaux tarifs sur l’acier et l’aluminium était déjà sur la table en octobre dernier, rappelle Pete Hoekstra.
« Nous avions une entente, ou presque, mais la politique au Canada nous a empêchés d’aller de l’avant », dit-il en référence à la publicité ontarienne qui citait le président Reagan pour dénoncer les tarifs.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Entente sur les quotas
L’accès à 3,5 % du marché canadien négocié pour les produits laitiers américains est entravé par son application de ce côté-ci de la frontière, croit Pete Hoekstra.
« Nous croyons que certaines personnes manipulent le système des quotas d’une manière qui rend difficile, voire impossible, l’atteinte de ces quotas pour les produits laitiers américains », dit l’ambassadeur.
Netflix devrait-il contribuer ?
La volonté du CRTC de forcer les plateformes numériques à contribuer pour 15 % de leurs revenus canadiens dans du contenu local constitue un « irritant majeur » pour l’administration américaine.
« Les entreprises américaines paieraient plus de 95 % de cette taxe, ce qui nous indique qu’elle a été conçue de manière à cibler les entreprises américaines », dénonce Pete Hoekstra.
Les Canadiens sont les bienvenus
« Nous ne sommes pas surpris qu’il y ait une baisse du tourisme, mais nous en sommes déçus. Mais nous n’en sommes pas encore au point où nous allons riposter. Nous accueillons les Canadiens aux États-Unis et nous ne disons pas aux Américains de ne pas voyager au Canada », souligne-t-il.
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