Donald Trump promet de passer à l’offensive sur les droits de douane
AFP
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Le président des États-Unis Donald Trump a ouvert lundi, comme clamé pendant sa campagne, le front des guerres commerciales en promettant d’augmenter les droits de douane sur les produits entrant dans le pays.
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«J’entamerai immédiatement la révision de notre système commercial afin de protéger les familles et les travailleurs américains», a déclaré le 47e président américain, juste après avoir prêté serment au Capitole, à Washington.
«Au lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d’autres pays, nous imposerons des droits de douane et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens», a-t-il poursuivi.
Son choix pour le poste de secrétaire d’État au Commerce, Howard Lutnick, a fait l’ébauche lundi d’une échappatoire aux barrières douanières pour les sociétés étrangères.
«La seule chose qu’elles peuvent faire, c’est de construire des usines aux États-Unis et d’embaucher des Américains avec de très bons salaires», a-t-il lancé depuis la scène d’une grande salle de la capitale américaine où étaient rassemblés ses soutiens et où Donald Trump était attendu en fin de journée.
L’une des principales propositions économiques du président concerne la mise en place de 10% à 20% de droits de douane sur l’ensemble des produits entrant aux États-Unis. Il a même évoqué la possibilité qu’ils atteignent 60%, voire davantage, pour ceux venant de Chine.
Mexique et États-Unis
Pourtant théoriquement protégés par un accord de libre-échange signé durant son premier mandat, les voisins canadien et mexicain ne sont pas épargnés.
Donald Trump a agité la menace de droits de douane de 25% à leur encontre, si ces pays ne jugulent pas l’entrée de drogues comme le fentanyl et de migrants clandestins aux États-Unis.
La zone euro, qui exporte plus de produits vers les États-Unis qu’elle n’en importe, est également dans le viseur du républicain.
L’Union européenne est «prête à défendre ses intérêts économiques» si nécessaire, a assuré lundi à Bruxelles le commissaire européen à l’Économie Valdis Dombrovskis. Un potentiel conflit commercial aurait un «coût économique substantiel pour tout le monde, y compris pour les États-Unis», a-t-il ajouté.
Donald Trump n’a livré aucune information supplémentaire à ce sujet lors de son premier discours en tant que 47e président.
Selon le Wall Street Journal lundi, le président américain s’abstiendrait d’imposer de nouveaux droits de douane dès le premier jour de son second mandat et pourrait privilégier le lancement d’enquêtes sur les relations commerciales avec la Chine, le Canada et le Mexique comme préalable à de futures hausses.
Riposte
Ces trois pays étant des fournisseurs majeurs des États-Unis, des experts s’attendent à ce qu’un relèvement des droits de douane entraîne un rebond d’inflation, une perspective que Donald Trump et ses équipes écartent.
Les entreprises américaines s’attendent par ailleurs à des représailles de la part des pays concernés sous la forme de droits de douane additionnels qui pénaliseraient leurs propres exportations.
Les Américains paieront une «taxe douanière Trump», si le président élu augmente les droits de douane sur les produits canadiens, ce qui déclencherait «la plus grande guerre commerciale entre les deux pays depuis des décennies», a affirmé vendredi la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, lors d’une conférence de presse à Washington.
Donald Trump a aussi menacé les BRICS (10 pays, dont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) de droits de douane de 100% s’ils créent une monnaie commune pouvant rivaliser avec le dollar, une proposition qu’ils n’ont pourtant jamais avancée.
Un des plus anciens conseillers économiques de Donald Trump, Stephen Moore, a récemment estimé dans une interview avec l’AFP que la hausse des droits de douane serait in fine indolore pour les Américains grâce aux baisses d’impôts prévues en parallèle par le nouveau gouvernement.