Investiture de Donald Trump: Legault redoute un «nouveau Roxham»

Patrick Bellerose
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François Legault a réagi prudemment, lundi, au sursis accordé par le nouveau président américain sur les tarifs douaniers pour les produits canadiens. Mais les menaces d’expulsions massives d’immigrants illégaux lui font craindre un nouvel afflux à la frontière canadienne.
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«Il faut, effectivement, ne pas se retrouver avec un nouveau [chemin] Roxham et avoir des demandeurs d’asile qui débarquent au Québec», a déclaré le premier ministre, faisant référence au point de passage informel devenu célèbre pendant la première administration Trump.
Des agents de la Sûreté du Québec sont déjà à pied d’œuvre pour surveiller la frontière, assure le premier ministre Legault.
Dans son discours d’investiture, quelques heures plus tôt, le président américain a annoncé son intention de déporter des «millions de criminels étrangers», en plus d’invoquer l’état d’urgence à la frontière avec le Mexique afin d’y mobiliser l’armée pour empêcher l’arrivée de nouveaux immigrants illégaux.
François Legault demande également à nouveau à Ottawa de «renforcer les conditions sur les visas» pour certains ressortissants.
«On sait qu’actuellement, 82% des immigrants illégaux qui passent du Canada vers les États-Unis passent par le Québec», souligne le premier ministre caquiste. Du nombre, 60% sont des touristes indiens venus dans l’intention de traverser illégalement vers le sud de la frontière, a-t-il ajouté, en marge de l’annonce d’une nouvelle école secondaire à Prévost.
Tarifs
Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé lundi qu’il comptait imposer des droits de douane de 25% aux produits venant des voisins canadien et mexicain à compter du 1er février.
Le premier ministre François Legault n’a pas tardé à réagir à cette annonce par l’intermédiaire de son compte X: «M. Trump a annoncé ce soir son intention d’imposer des tarifs de 25% sur les exportations canadiennes à partir du 1er février. Il n’est pas dans l’intérêt des Américains d’entrer en guerre commerciale avec le Canada. Les deux pays y perdraient et les Américains nuiront à leur propre économie. Notre priorité demeure d’éviter ces tarifs. Le Québec collabore avec le fédéral sur la mise en place d’un plan de représailles costaud. Nous serons également présents pour soutenir nos entreprises. Je continuerai de protéger les intérêts du Québec», a-t-il écrit.
M. Trump a annoncé ce soir son intention d’imposer des tarifs de 25% sur les exportations canadiennes à partir du 1er février.
— François Legault (@francoislegault) January 21, 2025
Il n’est pas dans l’intérêt des Américains d’entrer en guerre commerciale avec le Canada. Les deux pays y perdraient et les Américains nuiront à leur…
Si la nouvelle administration américaine va de l’avant, divers scénarios de représailles sont sur la table.
Lors de la rencontre entre les premiers ministres provinciaux et Justin Trudeau à Ottawa la semaine dernière, François Legault a notamment proposé de compenser les provinces qui devront faire un plus grand effort dans les mesures de représailles, comme l’Alberta avec son pétrole ou le Québec avec son hydroélectricité.
«L’idée, c’est de faire gagner le Canada, mais pas nécessairement de faire payer une province plus qu’une autre», souligne le premier ministre.
Pour le moment, son homologue albertaine, Danielle Smith, refuse de fermer le robinet aux Américains, mais le débat demeure à savoir si le fédéral peut imposer des tarifs sans l’accord de la province, dit François Legault.
Achetons québécois
Parmi les autres avenues envisagées, Québec étudie la possibilité d’imposer une surtaxe aux produits vendus sur Amazon ou par Walmart en ligne.
M. Legault en a d’ailleurs profité pour reprendre son appel à l’achat local, comme à l’époque de la pandémie. «Avant de choisir un produit, en ligne ou autre, si c’est possible, même si ça coûte un petit peu plus cher, achetez donc québécois», dit-il.
Chose certaine, la «crise Trump», comme il l’appelle, mobilisera le gouvernement pour les mois à venir.
Même l’échéancier pour revenir à l’équilibre budgétaire pourrait être revu selon la hauteur des tarifs imposés. «Est-ce que M. Trump va sortir l’arme atomique? Qu’est-ce qu’il va faire, M. Trump? C’est beaucoup trop tôt pour répondre à cette question-là», a lancé le premier ministre.
-Avec l'Agence QMI
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