Documentaire «Alphas»: voici comment les influenceurs masculinistes québécois sont influencés par Donald Trump


Gabriel Ouimet
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Donald Trump a gagné la confiance des jeunes hommes – et l’élection américaine – en misant sur un discours machiste et misogyne. Les propos d’influenceurs masculinistes rencontrés dans le cadre du documentaire «Alphas» indiquent que les idées du républicain résonnent jusqu’au Québec.
Donald Trump est-il un «mâle alpha»?
«Si ta définition d’un alpha, c’est quelqu’un qui est assertif et fonceur, qui n’a pas peur, qui a du courage et qui fait tout ça... définitif», répond l’influenceur Julien-Bournival-Vaugeois au journaliste Simon Coutu dans la bande-annonce intitulée «Donald Trump, un modèle de la mouvance masculiniste», publiée par Télé-Québec le 8 novembre.
«Une chose qui m’impressionne, c’est le fait que le gars fait face à des accusations, à toute sorte de bâtons qui sont mis dans ses roues, pis il continue à avancer», souligne également le jeune homme qui confirme être un «fan» du politicien.
Les animateurs du Lucide Podcast, un balado masculiniste québécois, ont exprimé leur soutien à Donald Trump pour les mêmes raisons.
Rappelons que Donald Trump a souvent été critiqué pour ses propos déplacés ou misogynes dans le passé.
Il a d’ailleurs a été reconnu «responsable» de l’agression sexuelle de l’ancienne journaliste E. Jean Carroll dans un grand magasin de New York en 1996.
Le documentaire «Alphas», qui sera diffusé lundi soir par Télé-Québec, vise à expliquer pourquoi les discours antiféministes comme ceux de Trump ont la cote auprès de jeunes Québécois.
Une campagne centrée sur les jeunes hommes
Donald Trump a fait des jeunes hommes l’un des piliers de sa campagne électorale.
Pour y arriver, il s’est entouré de personnages controversés qui leur sont chers.
En juillet dernier, pendant la Convention républicaine, c’est le président de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), Dana White, qui a accueilli Donald Trump sur scène, après un long discours dans lequel il a qualifié le milliardaire de «vrai combattant».

Entre le début du mois de juin et l’élection du 5 novembre, le politicien est aussi apparu dans une quinzaine de balados particulièrement populaires auprès des hommes de moins de 30 ans. Ces discussions ont été vues des millions de fois.
La décision d’accorder autant de temps à ces influenceurs n’est pas anodine, indiquait Victor Bardou-Bourgeois, chercheur associé à l’Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, en entrevue avec 24 heures, le 1er novembre.
«Donald Trump cherche à profiter d’un environnement numérique qui est très conservateur et qui s’articule autour du contenu qui s’adresse aux jeunes hommes de 18 à 30 ans, que ce soit les jeux vidéo, les podcasts [balados], les sports, etc.»
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«Des frustrations parfois réelles, mais aussi souvent imaginées»
Donald Trump a ainsi exploité les craintes qui habitent de nombreux hommes de moins de 30 ans, comme la difficulté à se trouver un emploi en sortant de l’université, l’incapacité de rencontrer une femme avec qui partager leur vie ou l’illusion de la perte du privilège dont jouissait autrefois l’homme blanc, selon Victor Bardou-Bourgeois.
«Trump exploite des frustrations parfois réelles, mais aussi souvent imaginées par les jeunes hommes. Il offre des solutions simples à des problèmes complexes en rejetant la faute sur les progressistes, les féministes et les démocrates», souligne-t-il.
Cette perte de privilège, ainsi que le sentiment d’injustice qui l’accompagne, est un élément central du discours des influenceurs masculinistes, aux États-Unis comme au Québec.
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