Dix «cols bleus» appréciés du public


Ian Gauthier
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Montréal est une ville de hockey sans pareil, qui vibre d’une façon unique pour ses Canadiens.
Les grandes vedettes du club sont invariablement adulées par ses partisans. Mais le public est si connaisseur qu’il sait aussi s’enticher de joueurs plus obscurs, moins flamboyants, mais dont la contribution est indéniable.
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Ces joueurs sont généralement très travaillants, ou alors ils sont robustes et jouent sans peur, prêts à défendre leurs coéquipiers. Parfois, il s’agit de joueurs locaux dont il est évident qu’ils ont «le CH tatoué sur le cœur». Il peut aussi s’agir de gaillards dont le jeu s’élève particulièrement quand ça compte.
À Montréal, il en est passé quelques-uns, de ces joueurs, au cours des 30 dernières années.
Voici une liste de dix d’entre eux, sans ordre particulier :
Francis Bouillon, défenseur, 581 matchs entre 1999 et 2014
Jamais repêché, de petite taille à une époque où cela ne pardonnait pas, le défenseur québécois était néanmoins dur comme un clou et ne reculait devant pratiquement personne. Rarement pris en défaut dans sa zone, Bouillon jouait avec un courage évident. Ses habiletés au bout du poing ont surpris plusieurs adversaires et enchanté les partisans du CH. Personne n’a oublié la façon dont il a réglé le cas de l’attaquant des Maple Leafs Darcy Tucker, l’une des pires pestes de l’histoire du hockey!
Lyle Odelein, défenseur, 420 matchs de 1989 à 1996
Le populaire «Odie» était lui aussi un solide gaillard qui a accumulé pas moins de 1367 minutes de pénalité lors de son passage avec le Tricolore dans la première moitié des années 1990. Le Saskatchewanais a connu une belle progression dans la LNH, étant en premier lieu reconnu pour ses habiletés pugilistiques, ensuite pour sa fiabilité, puis, étonnamment, pour ses qualités offensives : après tout, il a connu une saison de 40 points en 1994-1995! Et qui a oublié son célèbre sourire, qu’il affichait souvent en se rendant au banc des pénalités après avoir livré un furieux combat?

Paul Byron, ailier, 383 matchs de 2015 à 2022
Obtenu au ballottage en octobre 2015, l’Ontarien a vite fait sa place à Montréal pour ne jamais la perdre jusqu’à ce que les blessures le poussent à se retirer. Entre-temps, aidé par l’un des plus rapides coups de patin de la LNH, Byron a connu deux saisons de 20 buts et il en aurait eu une troisième s’il avait été un peu plus chanceux. Le public se souviendra longtemps de sa contribution lors du parcours de l’équipe vers la finale de la Coupe Stanley en 2021, alors qu’il avait marqué quelques buts importants malgré d’importants ennuis physiques.
Josh Gorges, défenseur, 464 matchs de 2007 à 2014
Le public n’attendait pas grand-chose de ce défenseur lorsqu’il a été acquis des Sharks de San Jose en compagnie d’un choix de premier tour en retour de Craig Rivet en février 2007. Mais graduellement, surtout à partir de la saison suivante, le Britanno-Colombien a fait sa place au sein de l’équipe, compensant un gabarit quelconque par une abnégation admirable. Gorges bloquait des tirs, encaissait des coups et se sacrifiait sans hésiter. Attaché au Tricolore, il a strictement refusé d’être échangé aux Maple Leafs de Toronto, un rival historique de l’équipe, à la fin de son parcours à Montréal.

Gino Odjick, attaquant, 49 matchs de 2000 à 2002
Surtout connu pour ses années avec les Canucks de Vancouver, Gino n’a disputé que 49 matchs dans l’uniforme du CH, en fin de carrière, mais ce fut largement suffisant pour se faire aimer du public. Bagarreur spectaculaire, le natif de Maniwaki a eu son rôle à jouer, au printemps 2002, lorsque le Tricolore a causé une énorme surprise en éliminant les Bruins de Boston au premier tour des séries. Personnage attachant, Odjick avait aussi un don particulier pour les citations, disons, colorées.

Jaroslav Halak, gardien, 101 matchs de 2007 à 2010
Choix de neuvième tour (!!) des Canadiens en 2003, le portier slovaque est passé par la LHJMQ et la Ligue américaine avant de débarquer à Montréal en février 2007. C’est surtout lors de la saison 2009-2010 qu’il a gagné le cœur des partisans du club, d’abord en brillant pour la Slovaquie lors des Jeux de Vancouver, puis lors de ses légendaires séries éliminatoires de 2010, alors que le Tricolore a atteint la finale d’Association strictement grâce à ses miracles. C’était le «printemps Halak» à Montréal et il n’était question que de lui. Lui préférant néanmoins Carey Price, l’organisation l’a échangé aux Blues de St. Louis l’été suivant, brisant le cœur de plusieurs.

Steve Bégin, attaquant, 266 matchs de 2003 à 2009
L’un des gars les plus courageux à avoir endossé l’uniforme bleu, blanc et rouge, le Trifluvien s’est amené à Montréal en octobre 2003 après avoir été réclamé au ballottage. Très énergique, Bégin s’est fait remarquer immédiatement du public en multipliant les mises en échec et en étant au cœur de toutes les mêlées. Particulièrement bon pour énerver Zdeno Chara, Bégin se vouait corps et âme au CH et fut dévasté lorsqu’il a été échangé sans raison valable aux Stars de Dallas, en 2009, en retour d’un joueur sans intérêt. Celle-là, les partisans de l’équipe ne l’ont jamais comprise.
Benoit Brunet, attaquant, 494 matchs de 1989 à 2001
Peu de joueurs ont sacrifié leur corps pour le Tricolore comme Brunet l’a fait : le Québécois, régulièrement ennuyé par les blessures, n’a jamais pu disputer une saison complète avec l’équipe. Plus habile que ses statistiques le laissent croire, champion de la Coupe Stanley en 1993, Brunet était capable de sortir une manœuvre spectaculaire de son chapeau à l’occasion, rappelant à tous pourquoi il avait réussi à amasser 143 points en 62 matchs à sa dernière saison dans le hockey junior. Par-dessus tout, Brunet était un gaillard sympathique et authentique dont le public appréciait les sacrifices.
Dale Weise, attaquant, 184 matchs de 2014 à 2020
Weise a effectué deux passages avec le Tricolore, mais c’est surtout lors du premier qu’il a laissé sa marque, entre 2014 et 2016. Peu connu à son arrivée à Montréal, Weise s’est d’abord fait remarquer lors des séries 2014, spécialement lorsque l’équipe a éliminé Boston au deuxième tour. Impliqué dans toutes les batailles lors de cette série, Weise avait même reçu des menaces de mort du toujours très réfléchi Milan Lucic lors de la célèbre poignée de main suivant l’élimination des Bruins. Le Manitobain a remis ça un an plus tard en marquant de gros buts contre les Sénateurs d’Ottawa au premier tour. Sa «légende» était alors bâtie pour de bon!
Arber Xhekaj, défenseur, 95 matchs de 2022 à aujourd’hui
S’il est un joueur de l’édition actuelle de l’équipe qui a acquis pareil statut, c’est bien Xhekaj, qui n’a jamais été repêché et qui s’est fait une place dans la LNH grâce à sa pugnacité. L’Ontarien de 23 ans avait déjà une certaine réputation avant même d’effectuer ses débuts officiels avec le CH, mais c’est lorsqu’il a tabassé Zack Kassian, en octobre 2022, qu’il a gagné le cœur de tous les partisans. Depuis, «le Shérif» semble fasciner le public et si l’état-major devait décider de l’échanger, ça resterait de travers dans la gorge de plusieurs!