Développement de l’élite: Malik L’Italien sera-t-il le premier d’une longue lignée?


Jonathan Bernier
Partager
Vue de l’extérieur, l’avenue des écoles préparatoires semble être un plan B pour les joueurs qui n’ont pas été en mesure de se tailler un poste au sein de la Ligue de hockey M18 AAA du Québec.
• À lire aussi : Développement de l’élite : une partie de la solution que Hockey Québec refuse de reconnaître
• À lire aussi : Développement de l’élite : un projet tué dans l’œuf sur la Rive-Sud de Montréal
Si c’est vrai dans plusieurs cas, certains patineurs, considérés comme les meilleurs de leur groupe d’âge, choisissent ce parcours de leur plein gré. C’est le cas de Malik L’Italien, qui fréquentait Stanstead College lorsque les Mooseheads d’Halifax en ont fait le troisième choix au total lors du dernier repêchage de la LHJMQ.
« Au-delà du hockey, c’est l’expérience de vie qui a attiré Malik vers cette option », précise son père, Éric, ancien attaquant des Huskies de Rouyn-Noranda et des Redmen de l’Université McGill.

Pour la famille, qui habite sur le territoire desservi par le Rousseau-Royal de Laval-Montréal, il s’agissait d’une suite logique au parcours du jeune homme alors âgé de 15 ans. Auparavant, lors de ses deux saisons au niveau M15, il s’était joint à l’équipe du Séminaire Saint-Joseph, situé à Trois-Rivières.
« Au Séminaire, il revenait à la maison les week-ends. Là, à Stanstead, il partait sept jours sur sept, dans un environnement anglophone où les exigences scolaires et l’encadrement sont un peu plus élevés. On voyait cette expérience comme une belle façon de gagner en maturité et de devenir rapidement bilingue », soutient M. L’Italien.
Les concepts avant la victoire
La famille L’Italien a également été charmée par la philosophie des entraîneurs de Stanstead College. Une philosophie commune à toutes les équipes de la CSSHL, où le développement du joueur passe avant la victoire à tout prix.
« L’idée d’aller à Stanstead, c’était d’avoir une année supplémentaire avant d’entrer dans le junior majeur où là, ça devient plus une business et où tu n’as pas le choix de rentrer un peu plus dans un carcan », explique le paternel.
Lui-même toujours impliqué au sein de la première association de hockey mineur de ses fils, en plus d’avoir occupé des rôles administratifs au sein de la LHMAAAQ et de la LHJMQ, l’homme de 42 ans est en mesure de comparer ce qui se fait un peu partout.
« Si tu regardes ce qui se passe dans le programme de développement américain et au sein des équipes de la CSSHL, tu t’aperçois qu’il y a des concepts, mais que les gars peuvent laisser parler leur talent », analyse-t-il.
« Ça ressemble à la philosophie que Martin St-Louis prônait quand il est arrivé avec le Canadien, rappelle-t-il. Il parlait du fait qu’il avait sous la main des joueurs très talentueux et qu’il les laissait un peu plus se fier à leurs instincts. Il avait des concepts importants tout en permettant une certaine créativité. »
Ça ne ferme aucune porte
L’avenir de Malik L’Italien semble brillant. En juin 2027, le défenseur devrait entendre son nom être appelé par l’une des 32 équipes de la LNH.
Toutefois, comme on ne sait jamais complètement ce que l’avenir nous réserve, Éric L’Italien se réjouit que son fils ait pu emprunter le parcours académique menant au grade 12 (qu’il poursuit cette année et qu’il complétera la saison prochaine tout en jouant dans la LHJMQ).
« Au pire, après son stage junior, il pourra jouer dans la NCAA. Et si jamais il préfère revenir ici, il n’aura qu’à faire une année d’introduction dans une université québécoise pour aller récupérer les crédits qu’il n’a pas. »
Contrairement à certaines croyances, ce parcours académique ne prive donc pas un athlète de revenir dans le système scolaire que prône le ministère de l’Éducation du Québec.
D’ailleurs, l’ancien ailier souligne qu’on n’a pas nécessairement besoin d’envisager de terminer son parcours scolaire sur les bancs d’une université pour choisir un parcours comme la CSSHL.
« Ça n’empêche pas de vouloir vivre une expérience de vie intéressante au niveau scolaire à travers les écoles préparatoires. »