Deux Québécois coincés au Moyen-Orient dénoncent l’inaction de la «république de bananes» du Canada

Yannick Beaudoin
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Deux voyageurs québécois coincés à Oman, au Moyen-Orient, depuis samedi, se butent au silence de leur compagnie aérienne et du gouvernement canadien.
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Kareen et Thierry achevaient leur périple en Asie lorsque le conflit en Iran a éclaté. Samedi, les deux voyageurs originaires de Beloeil ont quitté Singapour pour rentrer à Montréal, avec une escale prévue à Doha, au Qatar.
Une heure avant d’atterrir dans la capitale qatarie, les frappes israéliennes et américaines en Iran ont débuté. Peu de temps après, le pilote de leur avion a annoncé que le vol allait finalement atterrir à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman, un pays voisin des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Yémen, bordant la mer d’Arabie.
« On a atterri à Mascate une demi-heure après. On est restés environ 6h30 dans l’avion avant de débarquer », a raconté Thierry en entrevue sur les ondes de LCN.

Les deux Québécois ont constaté que c’était la « cohue » à l’aéroport de Mascate.
« On ne pensait pas rester là aussi longtemps, mais on est là depuis une semaine », souligne Thierry.

Aucune communication
Depuis samedi, le duo tente sans succès de rentrer au Québec.
« Ça fait peut-être trois jours qu’il y a des avions qui décollent à Oman. À l’hôtel où on a été hébergés, il y avait plusieurs Européens qui ont tous quitté, la plupart hier », indique Kareen.
« On a rencontré beaucoup de monde ici, puis les gens qu’on a rencontrés nous ont dit qu’il y avait plusieurs places dans les avions qui étaient vides, renchérit Thierry. On ne comprend pas. C’est un manque de communication, en fait, parce qu’ils ont dit à certaines personnes qu’ils pouvaient aller à l’aéroport, qu’il y avait des vols. Puis nous, on ne nous a rien dit »

Kareen et Thierry sont donc sans nouvelles concrètes de leur compagnie aérienne, Qatar Airways.
« Ce matin, on a reçu un petit message qui a dit : on vous transfère sur WhatsApp. Ils ont dit : on vous transfère au prochain agent disponible. On attend encore », affirme Thierry.
« Ça fait une semaine qu’on ne dort presque pas, à essayer de faire des appels pour contacter Qatar Airlines, le seul message qu’on a eu, c’est ce message-là qui dit : on vous transfère à un prochain représentant », ajoute-t-il.

Silence d’Ottawa
Le duo de voyageurs québécois déplore aussi l’inaction du gouvernement canadien. Kareen et Thierry se sont pourtant enregistrés en tant que Canadiens à l’étranger, mais ont eu droit à une réponse très peu satisfaisante du gouvernement fédéral.
« On a reçu un courriel générique, finalement, qui dit un peu : tu dois t’arranger avec la compagnie aérienne pour retourner à la maison ou t’en aller avec un autre moyen, un autobus ou aller en Arabie Saoudite ou quelque chose comme ça, mentionne Thierry. On se sent comme si on est dans une république de bananes au Canada. »
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.