Guerre au Moyen-Orient: le retour au pays risque d’être un véritable casse-tête pour les Québécois
En plus de la fermeture des espaces aériens, les prix des billets d’avion explosent
Mathis Jacques
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Les Québécois coincés au Moyen-Orient doivent s’attendre à un long et coûteux casse-tête pour rentrer à la maison, avec la fermeture du deuxième plus important aéroport au monde à Dubaï.
« Jusqu’à [mardi] soir, 9000 vols avaient été annulés. On parle de centaines de milliers, voire de millions de personnes qui sont perturbées. [...] Les solutions alternatives [pour ramener les Canadiens] deviennent très compliquées », lance d’entrée de jeu Mehran Ebrahimi, directeur de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile.

Alors que les vols sont actuellement interdits au-dessus de l’Irak, du Qatar, de Bahreïn, du Koweït, d’Israël et de l’Iran, l’aéroport international de Dubaï (DXB) a également fermé son espace aérien dimanche. Deuxième plus importante plaque tournante de l’aviation mondiale, cet aéroport avait accueilli plus de 95 millions de passagers en 2025.
Les compagnies aériennes, comme Emirates Airlines, s’en servent pour centraliser leurs vols et y assurer l’ensemble des correspondances. De nombreux passagers n’y font que transiter le temps d’une escale, sans que ce soit leur destination finale, avance l’expert.
Gilles Champagne, un Québécois coincé avec deux amis à Dubaï, attend depuis des jours que la compagnie Emirates le replace sur un vol.
« On leur a dit qu’on voulait sortir en passant par l’Europe ou n’importe où, ça ne nous dérange pas. On attend leur retour », mentionne-t-il.
Des solutions peu réalistes
Actuellement, les Québécois coincés à Dubaï doivent se rendre dans les capitales environnantes pour y trouver un vol de retour.
Le problème : la demande est forte, mais l’offre demeure limitée. D’ailleurs, le peu de passagers parvenant à décrocher une place sur un vol de Dubaï doivent s’attendre à payer le prix fort.
« Un billet Dubaï à New York qui coûtait approximativement près de 1000 $ avant la crise actuelle, en vaut maintenant 8000 à 9000 $ », relate Mehran Ebrahimi.
Pour ceux qui ne parviennent pas à obtenir une place, il faut emprunter des itinéraires détournés. « Certaines personnes passeront par le Pacifique pour rentrer au Canada », affirme-t-il.
Ottawa n’en fait pas assez
Le gouvernement du Canada avait d’abord annoncé mercredi qu’il avait réservé des places sur des vols. Une mesure insuffisante selon M. Ebrahimi, qui estime qu’il faudrait procéder comme pour Cuba et dépêcher des avions vides pour organiser le rapatriement.
Ottawa a finalement annoncé que des vols nolisés seraient disponibles au courant de la fin de semaine.