Entraînement punitif à Washington: la patience de St-Louis a atteint sa limite

Jonathan Bernier
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WASHINGTON | La défaite de jeudi face aux Capitals a passé de travers. Douze heures après cette autre contre-performance, Martin St-Louis a convié ses joueurs à un entraînement punitif.
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Pendant trente minutes, les joueurs du Canadien ont sué à grosses gouttes sur la patinoire du Capitol One Arena. La séance s’est terminée par de bons vieux «suicides» ou ce que les hockeyeurs de la nouvelle génération appellent des «mountains».
«Ça va être comme ça, chaque fois», a-t-il crié à ses joueurs, à un certain moment.
Ce fut court, mais suffisamment intense pour que certains terminent l’exercice assis dans le coin de la patinoire.
«On manque d’urgence dans nos habitudes et notre approche, a lancé l’entraîneur-chef avant que l’équipe ne s’envole vers Pittsburgh où elle a rendez-vous avec les Penguins, samedi. Si on ne change pas ça, on n’aura pas de constance. Sans constance, on n’aura pas de séquence de quatre, cinq ou six victoires.»
«Gagner, c’est important. Mais présentement, ma priorité, c’est de changer les habitudes», a-t-il poursuivi.
Le Canadien n’en est pas à sa première mornifle de la saison. Cinq fois déjà, il a accordé au moins six buts à l’adversaire. Pourquoi, cette fois, St-Louis a-t-il décidé de sortir de ses gonds immédiatement après le match au lieu de prendre le temps de décanter comme il le fait habituellement?
«Dans la vie, tout a une date d’expiration. La patience aussi», a-t-il répondu.
Comme des adolescents
Ce changement de cap dans les réactions de l’entraîneur démontre que ses attentes sont plus élevées que celles des saisons dernières envers son groupe. Les erreurs répétitives, ça passe quand on a le nombril vert. Mais un moment donné, il faut que ça enregistre entre les deux oreilles.
Manifestement, St-Louis trouve que cette assimilation ne se fait pas assez rapidement. Il estime assurément que son groupe est en mesure de faire beaucoup mieux. À ce propos, il a offert l’analogie du père de famille.
«À la fin de la dernière saison, vous m’avez demandé comment j’allais coacher l’équipe. Vous me l’avez demandé également au début de l’année, a-t-il commencé avant de prendre une légère pause. Quand mon gars a eu 14 ans, je ne suis pas allé le voir pour lui dire: “Bonne fête. À partir de maintenant, je vais être dur avec toi.” Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Tu regardes le comportement, tu réagis et tu fais ta job de père ou de coach.»
Aux joueurs de répondre
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Canadien entre dans son adolescence. Un moment critique du développement d’un individu. C’est là que tout peut basculer comme c’est là qu’il peut prendre son élan vers un bel avenir.
Si St-Louis vient de décider de serrer la vis, ce n’est pas qu’il est à court de solutions ou que son message ne passe pas, c’est qu’il souhaite que son groupe prenne le deuxième chemin.
«Ce n’est pas du dernier recours. Ça fait partie de l’étape où on est, et on doit passer au travers. Si on parvient à le faire, de belles choses vont nous attendre de l’autre côté», a-t-il soutenu.
La balle est maintenant dans le camp des joueurs. C’est à eux de décider vers quel avenir ils souhaitent se tourner.
David Savard n’a pas pris part à ce supplice. Le défenseur a plutôt bénéficié d’une journée de traitement. Il avait possiblement la jambe droite mal en point après avoir bloqué trois tirs, dont deux d’Alex Ovechkin, dans les derniers instants du match.
Voyez le point de presse complet de Martin St-Louis dans la vidéo ci-dessus.