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Deux ans après son dernier match, Carey Price garde seulement un œil sur le Canadien

Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2025-01-27T05:00:00Z

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Trois fuseaux horaires et 4600 km séparent Montréal de Kelowna. Ce qui n’empêche pas Carey Price de rester au fait de ce qui se passe chez le Canadien. Du moins, du coin de l’œil.

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«J’ai regardé quelques matchs dans les premiers mois de la saison. Toutefois, même si je ne suis pas si superstitieux, j’ai dû arrêter de le faire, a-t-il révélé. Ce qui est cocasse, c’est que j’ai raté quelques matchs en raison d’un voyage familial et c’est là qu’ils se sont mis à gagner. Donc, je ne veux pas recommencer à les regarder et leur porter malheur.»

Price s’assure tout de même de visionner les faits saillants et matchs ainsi que de demeurer à l’affût des dernières nouvelles. La résurrection de l’équipe à la mi-décembre, après avoir croupi dans les bas-fonds du circuit, le réjouit grandement.

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

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«Je sais ce que c’est. Je me suis retrouvé dans ce genre de scénario, a-t-il souligné. Comme je l’ai déjà dit: “Gagner, ça résout tous les problèmes.”»

En effet. Martin St-Louis est passé du gars en qui on avait perdu confiance à l’entraîneur-chef qu’on souhaite voir gagner le trophée Jack-Adams.

Évidemment, Price porte son attention un peu plus sur les gardiens. Il adore ce qu’il voit de Samuel Montembeault et de Jakub Dobes.

«C’est bien quand tu peux miser sur deux gardiens qui sont capables de bien performer. Ça donne énormément de confiance à l’équipe. Le retour de Patty [Patrik Laine], ça a aidé beaucoup pour la force de frappe en attaque. Je trouve que, présentement, l’équipe joue bien à tous les niveaux.»

Les portes du Temple?

Parions que Price aurait bien aimé compter sur une brigade offensive aussi bien nantie. Nick Suzuki et Cole Caufield n’en étaient qu’à leurs premiers pas dans le circuit Bettman, lorsque le Canadien a atteint la finale de la coupe Stanley en 2021. Il n’y avait pas de Laine pour tétaniser l’adversaire en supériorité numérique.

De 2005 à 2022, les succès du Canadien ont souvent trop reposé sur les uniques épaules de Price. Ce qui rend son record d’équipe de 361 victoires encore plus spécial.

Après Shea Weber l’automne dernier, il ne serait pas surprenant de le voir aboutir au Temple de la renommée. Et ce, plus tôt que tard. Peut-être même dès l’automne prochain, à sa première année d’admissibilité.

Connaissant notre homme, ce n’est pas ce qui va lui faire perdre le sommeil. Il aurait plus de chance que ça lui arrive s’il devait rater le buck dominant dans un boisé près de chez vous.

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Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

«Ils sont plusieurs à attendre leur tour depuis longtemps, a-t-il indiqué. J’ai été choyé de pouvoir voir Shea recevoir cet honneur, de voir le travail d’une vie être reconnu. En plus, j’étais entouré de joueurs légendaires. C’était un moment vraiment spécial.»

S’il y a un aspect de sa personnalité qui n’a pas changé, depuis qu’il a disputé son dernier match, c’est bien celui-ci: renvoyer les projecteurs vers ceux qui l’entourent.

C’est la même chose lorsque vient le temps de discuter du retrait de son chandail.

«Disons qu’ils sont assez rares, ceux qui sont au plafond du Centre Bell.»

Vrai! Mais aucun d’entre eux n’a gagné 361 matchs dans l’uniforme bleu-blanc-rouge.

Price redonne au suivant avec Kraft Hockeyville

La nouvelle vie de père à temps plein tient Carey Price occupé. Beaucoup plus qu’il ne l’envisageait. Néanmoins, elle lui donne suffisamment de moments libres pour lui permettre de jouer au philanthrope et de s’associer à certaines causes.

C’est présentement le cas avec Kraft Hockeyville. Encore une fois cette année, le programme invite les communautés canadiennes à proposer la candidature de leur aréna local pour avoir la chance de gagner 250 000$ et d’accueillir un match préparatoire de la Ligue nationale de hockey.

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Depuis 19 ans, ce sont plus de 5,1 M$ que Kraft Hockeyville a accordés à 101 communautés pour les aider à rénover leurs infrastructures sportives. Bien qu’il n’ait jamais participé à l’événement, malgré la présence du Canadien à cinq occasions, le choix de Carey Price comme ambassadeur allait de soi.

«Je sais ce que ça représente de grandir dans un environnement rural avec un aréna ou une patinoire qui a besoin d’être rénové», a indiqué l’ancien gardien du Canadien, en conversation téléphonique avec Le Journal de Montréal.

Élevé à Anahim Lake, aux confins de la civilisation en Colombie-Britannique, Price, accompagné de son père, devait parcourir les 320 km qui le séparaient de l’aréna le plus près pour jouer au hockey.

«On roulait environ trois heures et demie pour aller à l’entraînement, ça prenait un autre trois heures et demie pour revenir à la maison. On pratiquait les mardis et les jeudis, a raconté Price. Il fallait le faire une fois de plus pour les matchs du week-end et les tournois.»

«Ces fois-là, c’était simplement pour rejoindre l’équipe. Après, ça se pouvait qu’on aille jouer dans d’autres villes: Prince George, Kamloops, Kelowna. On parle de pratiquement six heures et demie de route», a-t-il ajouté.

Le jeune adolescent qu’il était comprenait déjà tous les sacrifices que ses parents devaient faire pour lui permettre d’exercer sa passion. Mais il le réalise encore plus, maintenant que ses propres enfants sont impliqués dans le sport.

«Aujourd’hui, je redonne au suivant. Mais puisqu’on vit à Kelowna, les installations sont beaucoup plus accessibles qu’à Anahim Lake», a-t-il conclu dans un éclat de rire.

Au moins, il y a Kraft Hockeyville.

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