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Carey Price: «La vie est bonne pour moi»

Photo d’archives, MARTIN CHEVALIER
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2025-01-27T05:00:00Z

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Les carrières sont courtes et elles se terminent rarement comme on le souhaiterait. Rares sont ceux qui ont le bonheur de choisir eux-mêmes le moment de leur sortie. Même chez les joueurs vedettes.

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Carey Price en sait quelque chose. Il y aura bientôt deux ans, il signait la 361e victoire de sa carrière au terme de ce qui allait être, à 35 ans, son dernier match.

L’ancien gardien est en paix avec cette réalité. D’ailleurs, au bout du fil, on reconnaît la même voix calme et posée de l’époque où il répondait aux questions des journalistes dans le vestiaire. Désormais, par contre, on peut y déceler un sourire et de l’enthousiasme.

«La vie est bonne pour moi, a-t-il lancé d’entrée de jeu. Je suis maintenant un homme de famille. Je suis présent auprès de mes enfants, je peux les voir grandir.»

«C’est une période très excitante, car ils sont à l’âge où ils développent leurs intérêts et leurs passions, a déclaré papa Price, dont les rejetons sont âgés de 8, 6 et 4 ans. Ça devient un peu animé par moment, mais c’est une bénédiction de pouvoir être là.»

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Thierry Laforce / Agence QMI
Thierry Laforce / Agence QMI

Être papa à temps plein, ça ne laisse pas beaucoup de temps libre. C’est ce que Price a réalisé depuis que la famille est retournée vivre en Colombie-Britannique.

Malgré tout, il lui arrive parfois d’avoir du temps pour repenser à sa vie d’avant.

«Jouer des matchs, ça me manque énormément, a-t-il admis. Je m’ennuie de la préparation, du travail d’équipe, de l’énergie d’avant-match et, assurément, de la ferveur de la foule.»

Homme de nature et de grand air, il tente de retrouver un peu de cet environnement dans cette autre passion qui l’a toujours habité.

«Aller à la chasse avec ma famille et avec des proches, avoir un objectif précis à accomplir et travailler en équipe pour monter le camp et le réaliser, ça me rend heureux», a-t-il raconté.

Sa plus grande fierté

Penser à son ancienne vie, c’est également faire une rétrospective du chemin parcouru et des accomplissements réalisés sur une période de 15 ans. Ce qu’il refusait systématiquement de faire lorsqu’il portait les couleurs du Canadien: que ce soit lorsqu’il a remporté les trophées Hart et Vézina ou le jour où il a surpassé les 314 victoires de Jacques Plante.

«Ce que je retiens le plus, c’est la chance que j’ai eue d’être le gardien du Canadien de Montréal, a-t-il soutenu. J’ai pu jouer toutes ces années pour une seule concession et y connaître du succès. C’est quelque chose dont je suis extrêmement fier.»

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Son étincelante carrière avec le Tricolore lui a valu, récemment, d’être élu sur la première équipe d’étoiles du Canadien des 25 dernières années.

«C’est plaisant de se retrouver là-dedans. D’être choisi, auprès de joueurs avec qui tu as joué, ça rappelle des souvenirs.»

Un souvenir de Kreider

D’ailleurs, si ce n’était pas de cette blessure à un genou qui a mis fin prématurément à sa carrière, Price aurait, au moment où vous lisez ces lignes, franchi le plateau des 400 victoires.

On se rappellera que c’est sa collision avec Chris Kreider, pendant la finale de l’Association de l’Est, en 2014, qui fut à l’origine de ce problème. Une collision qui est revenue dans l’actualité cette semaine en raison de la blessure de Jacob Markstrom, subie dans des circonstances similaires.

«Je n’ai pas eu l’occasion de voir la séquence, mais le hockey, c’est un sport rapide et rude. Les attaquants foncent vers le filet avec tellement de vitesse. Tout se passe en un clin d’œil. Surtout maintenant.»

Pour ce qui est de sa propre collision, Price assure qu’il n’a jamais entretenu le moindre ressentiment à l’égard de Kreider.

«Bon! Je lui ai donné une mise en échec, à mon retour, la saison suivante. Oui, c’était un peu une revanche», a-t-il lancé en étouffant un rire semblable à celui d’un enfant qui vient de faire un mauvais coup.

«Je ne pense pas qu’il l’ait fait exprès, mais je ne pense pas qu’il ait essayé de m’éviter, a-t-il poursuivi. Mais ça fait partie du jeu. Et le hockey de série, c’est la guerre.»

Aucun regret

Et Price n’est pas de l’école du gros Chabot, de La Guerre des Tuques, pour qui «la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal». Même si, aujourd’hui, son «bas du corps» est un peu hypothéqué.

«Est-ce que je me sens comme devrait se sentir un gars de 37 ans? Probablement pas. C’est bizarre. Il y a des jours où je ressens plus de douleur et des jours où je ne la sens pas du tout. Au moins, je suis suffisamment en santé pour être capable de jouer par terre avec mes enfants.»

Malgré cette réalité qui est la sienne et bien que l’usure risque de frapper plus fort au tournant de la cinquantaine, il réemprunterait exactement le même parcours.

«Ça valait le coup à 100%. Si tu m’avais demandé si je recommencerais, je t’aurais répondu sans hésitation que je ne changerais rien.»

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