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Deux ans après ses larmes aux Jeux olympiques: voici comment Justine Dufour-Lapointe a retrouvé le sourire

Justine Dufour-Lapointe dans un parc de Montréal, le 29 novembre 2023.
Justine Dufour-Lapointe dans un parc de Montréal, le 29 novembre 2023. Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-11-29T19:51:20Z

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Il y a bientôt deux ans, plusieurs Québécois pleuraient en chœur avec l’une de leurs enfants chéries. Justine Dufour-Lapointe venait de chuter lourdement sur la piste des Jeux olympiques de Pékin. Mais la bosseuse avait tenu à terminer l’épreuve, même si elle était déjà certaine de ne pas grimper sur le podium, offrant du même coup une belle leçon de résilience.

La cadette du trio de sœurs avait ensuite peiné à réprimer ses larmes au micro de Radio-Canada. Les yeux pleins d’eau, elle reconnaissait que jamais elle ne s’était imaginé conclure ainsi sa troisième participation aux Jeux, huit ans après avoir enfilé la médaille d’or à son cou. 

Mais les mois ont passé et Justine Dufour-Lapointe a retrouvé cette énergie, ce sourire et cette détermination qui avaient charmé ses fans dès ses débuts, à 16 ans. 

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Avec raison: la skieuse a remporté en mars le titre de championne du classement général du Freeride World Tour, le championnat du monde de ski libre. À sa première saison sur le circuit, rien de moins. 

Justine Dufour-Lapointe émue au bas de la piste des Jeux de Pékin.
Justine Dufour-Lapointe émue au bas de la piste des Jeux de Pékin. Photo d'archives, Didier Desbusschère
Justine Dufour-Lapointe célèbre son titre de championne au classement cumulatif du Freeride World Tour, en mars dernier.
Justine Dufour-Lapointe célèbre son titre de championne au classement cumulatif du Freeride World Tour, en mars dernier. Photo Courtoisie Freeride World

«Comment on se relève»

Ce passage des bosses au ski libre lui a permis de «reconnecter avec la montagne» et «de retrouver une partie de sa passion pour le ski», a-t-elle raconté au Journal mercredi. Ce qu’elle avait un peu perdu (et qui est «normal», ajoute-t-elle) après 12 années en bosses.

Justine Dufour-Lapointe
Justine Dufour-Lapointe Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

«J’y repense avec beaucoup d’amour et de gratitude à cette Justine-là, a-t-elle expliqué au sujet des vives émotions qui l’habitaient au bas de la piste, à Pékin. Elle a été vraie, authentique à la télévision.» 

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«Ç’a été une belle leçon de vie. On dit que dans un échec, ce dont on doit se souvenir, ce n’est pas la façon dont on tombe, mais comment on se relève. Et j’en suis la preuve vivante.»
Un autre type d’émotions fortes

Si le ski acrobatique constitue déjà un sport extrême, le ski libre, ou freeride, amène l’expression à un tout autre niveau, avec ses énormes montagnes et ses pistes abruptes entourées de rochers, sur lesquelles les skieurs tracent leur propre ligne de descente et y ajoutent des figures acrobatiques. 

Les images des descentes de Dufour-Lapointe, comme celles ci-bas, parlent d’elles-mêmes (et donnent des frissons!).

Mais vous n’avez encore rien vu, prévient la Montréalaise de 29 ans, qui aspire cette année à devenir la première femme à combiner dans la même descente «un 360 et un backflip».

L’autre enjeu, loin des pistes

Vous l’aurez donc compris: même si on pourrait l’imaginer un peu blasée après avoir conquis le titre dès sa première année, elle est loin de l’être. Elle a de nouveau le championnat dans sa mire pour cette saison de six épreuves qui s’amorcera le 26 janvier, en Espagne. 

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Et ce, en dépit de tous les défis qui se dressent devant elle et qui, malgré la dangerosité de son sport, semblent se retrouver davantage loin des montagnes. 

Justine Dufour-Lapointe
Justine Dufour-Lapointe Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Car contrairement aux bosses, le ski libre n’est pas «fédéré». Dans sa nouvelle carrière, Justine Dufour-Lapointe n’a pas de soutien du gouvernement canadien: elle doit trouver elle-même ses sources de financement.

«Une paix d’esprit»

Si elle se réjouit de l’apport de ses commanditaires actuels, elle reconnaît toutefois qu’il lui faut effectuer d’autres démarches afin de boucler son budget.

Une journée d’entraînement coûte 500$, estime la skieuse. C’est sans compter les frais liés aux déplacements par avion (souvent près de «2000$ pour aller en Europe»), l’hébergement et les repas, notamment. 

Justine Dufour-Lapointe (au centre).
Justine Dufour-Lapointe (au centre). Photo Courtoisie Freeride World

La bourse en ski libre, elle, est d’environ 5000$ pour une victoire. 

«J’aimerais trouver [d’autres commanditaires] qui croient en mon grand rêve de gagner encore le championnat et qui voudraient m’accompagner, pour me donner une paix d’esprit», pointe-t-elle.  

Un retour aux Jeux?

Ce «grand rêve», d’ailleurs, pourrait-il être encore plus grand, dans l’éventualité où le ski libre ferait son entrée dans la famille olympique en 2030, comme le souhaitent les hauts placés de la discipline?

Bref, Justine Dufour-Lapointe pourrait-elle participer aux Jeux pour une quatrième fois, dans un sport différent et huit ans après cette fameuse déception de Pékin?

«Non, je ne pense pas me rendre en 2030, on va se calmer les nerfs! lance-t-elle en riant. Mais je me vois comme animatrice ou commentatrice, ça, c’est sûr!»

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