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Des souvenirs de Rafael Nadal à Montréal: quand il célébrait son titre avec des «toasts» au Nutella

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-10-10T18:45:12Z

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Valérie Tétreault se souvient de Rafael Nadal comme d’un homme d’une «grande simplicité», malgré l’étendue de son palmarès. Un champion qui préférait célébrer certains de ses titres en mangeant des toasts au Nutella plutôt qu’en portant un toast au champagne.

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«On a une tradition, à Montréal, d’ouvrir plusieurs bouteilles de champagne à la fin du tournoi et d’en offrir une coupe au champion. On lui en a offert une et par politesse, je crois, il l’a acceptée», raconte Mme Tétreault, qui a connu le futur retraité (tous les détails se trouvent ici) durant ses années comme directrice des communications à Tennis Canada.

Rafael Nadal célèbre sa victoire en finale contre Daniil Medvedev, en 2019 à Montréal.
Rafael Nadal célèbre sa victoire en finale contre Daniil Medvedev, en 2019 à Montréal. Photo d'archives, Martin Chevalier

«Mais il a rapidement repoussé le verre», poursuit-elle. «Sa façon à lui de célébrer, ç’a été d’aller dans le salon des joueurs, où on l’a retrouvé en train de regarder du golf à la télévision. Il avait devant lui un pain Gadoua et il mangeait des toasts au Nutella!»

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Nadal adorait d’ailleurs Montréal, mentionne Eugène Lapierre, à qui Valérie Tétreault a succédé à titre de directrice de l’Omnium Banque Nationale. Nadal y a gagné trois fois: en 2005, en 2013, puis en 2019.

«Il allait se balader en ville, en BIXI», se remémore M. Lapierre. «Quand il le pouvait, il allait jouer au golf. C’est un excellent golfeur, d’ailleurs: il a un handicap entre 3 et 5.»

Mais surtout, ajoute l’ancien grand manitou du tournoi, avec Nadal, «il n’y en avait jamais, de problème». «À quelle heure veux-tu jouer ton match, Rafa? La réponse était toujours: “Ça ne me dérange pas”.»

Gentil, même lorsque fâché

Valérie Tétreault a eu l’occasion de côtoyer l’Espagnol dans des moments tendus, comme après sa défaite surprise aux dépens de Denis Shapovalov en 2017. Nadal avait alors décidé de se rendre en conférence de presse dès la fin de son match, ce qui n’est pas la coutume.

Denis Shapovalov et Rafael Nadal se serrent la main après leur match de troisième tour à la Coupe Rogers, en 2017.
Denis Shapovalov et Rafael Nadal se serrent la main après leur match de troisième tour à la Coupe Rogers, en 2017. Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Le temps que les journalistes arrivent, il avait dû poireauter devant des chaises vides pendant quelques minutes. Le grand champion était manifestement fâché de sa performance.

«Mais [après] le départ des médias, il était venu me voir pour me remercier de ce que j’avais fait pour lui durant la semaine», souligne la directrice. «Il avait aussi pris le temps de serrer la main des gens qui font les transcriptions des conférences de presse.»

Une révolution sans point d’exclamation

Et sur le court, Nadal aura révolutionné le tennis, affirment tant Mme Tétreault que M. Lapierre.

La première souligne qu’il aura attiré bon nombre de nouveaux adeptes avec son jeu spectaculaire; le second, qu’il aura instauré une nouvelle façon de jouer, avec ses balles à la fois brossées et très puissantes.

Ce que regrette Valérie Tétreault, c’est que la légende n’aura jamais pu terminer sa carrière sur le «point d’exclamation» qu’elle semblait tant chercher.

Cette saison, Nadal aura été éliminé tôt, tant à Roland-Garros qu’aux Jeux olympiques de Paris, chaque fois à cause d’un tirage au sort malchanceux.

«Mais avec tout ce qu’il représente pour le tennis espagnol, je suis contente qu’il puisse avoir cette fin-là, chez lui [à la Coupe Davis à Malaga, en novembre]», se réjouit-elle.

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