Des irritants de la pandémie que les partisans ne regrettent pas du tout

Étienne Bouchard
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La journée du 11 mars marque le cinquième anniversaire du début de la paralysie du monde du sport en lien avec la pandémie de COVID-19, un chapitre de l’histoire que personne n’oubliera.
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Il y a cinq ans, la NBA a annulé à la toute dernière minute un duel entre le Jazz de l’Utah et le Thunder d’Oklahoma City, ce qui a constitué l’amorce d’une période trouble et mouvementée de quelques années dans tout l’univers sportif. Le lendemain, la Ligue nationale de hockey (LNH) a emboité le pas en mettant fin à sa saison régulière, au grand dam notamment des partisans du Canadien de Montréal qui devaient assister à une rencontre face aux Sabres de Buffalo en soirée au Centre Bell.
Le sport et ses ligues ont vécu nombre de mésaventures et ont dû réaliser plusieurs ajustements afin de reprendre leurs activités – et de les maintenir – tant bien que mal. Question de vous rafraîchir la mémoire, voici des irritants que les amateurs de sport et aussi les joueurs, plus spécifiquement ceux de la LNH, ne regrettent vraiment, mais vraiment, pas du tout.

Les matchs à huis clos
Aux yeux de beaucoup de gens, hormis de combattre le coronavirus, ce fut probablement l’aspect le plus douloureux à supporter. Durant la totalité du calendrier régulier 2020-2021, les sept clubs situés au nord de la frontière ont été contraints de jouer leurs matchs locaux devant des gradins vides. Pendant qu’ils disputaient des matchs à huis clos, certaines de leurs vis-à-vis américains ont pu se produire en présence de leur public.
Et une fois en séries, ce ne fut guère mieux. Le Tricolore peut en témoigner, même si le premier ministre du Québec, François Legault, a allégé les règles sur les rassemblements en permettant à 2500 personnes (puis 3500) d’assister aux parties au Centre Bell. En finale de la Coupe Stanley, son rival (le Lightning de Tampa Bay) a joué devant des salles combles.
Lors de la campagne suivante, il a fallu patienter au 12 mars 2022 avant de voir le CH jouer sous les yeux de 20 000 spectateurs et plus.

Les masques
Voici un objet dont les partisans et les entraîneurs ne s’ennuient pas. Les règles de la Santé publique forçaient tout le monde, hormis évidemment les joueurs, à porter le masque. Quelques-uns ont été aperçus en train de discuter derrière le banc avec leur masque abaissé, dont Dominique Ducharme qui dirigeait le CH en séries 2021.

Lorsque le Bleu-Blanc-Rouge a commencé à accueillir de nouveau des amateurs, ces derniers devaient garder leur visage couvert et bien évidemment prouver à leur entrée dans l’aréna qu’ils avaient été vaccinés contre la COVID-19. Et c’est sans oublier la fameuse distanciation imposée par les autorités. En vertu des règles de la Santé publique, «les salles de spectacle doivent assurer le respect d’une distanciation de 2 mètres entre les sièges des personnes qui ne résident pas à une même adresse».
Ainsi, quand le CH a retrouvé ses fidèles pour le sixième match de sa série face aux Maple Leafs de Toronto le 29 mai 2021, environ 12 % de son édifice était rempli, car un maximum de 250 personnes par section était autorisé.

Des matchs en plein été
En 2020, la LNH s’est montrée pour le moins audacieuse en décidant de reprendre ses activités au cœur de l’été. Les 24 meilleures équipes de la saison au moment de la cessation du calendrier régulier ont participé aux séries dans les bulles de Toronto et d’Edmonton. Ce n’est pas tout le monde qui a apprécié regarder des parties de hockey au beau milieu du mois d’août (sans compter des «matchs préparatoires» joués à la fin juillet). Toutefois, cela a changé le mal de place pour plusieurs.

Il reste que les bulles ont réduit la liberté de mouvement des amateurs – forcés de regarder leurs favoris uniquement à la télévision ou sur le web – et des hockeyeurs eux-mêmes. Durant la totalité de leur séjour dans la bulle, ils ont dû suivre un parcours très restrictif, surtout à l’hôtel et sur la route de l’aréna.

La section canadienne
Tous ceux qui s’intéressent à la LNH s’en rappellent. En 2020-2021, la campagne du CH s’est entamée le 13 janvier 2021 après une période d’incertitude suivant la fin des séries précédentes. Le commissaire Gary Bettman et les gouverneurs ont annoncé un calendrier de 56 matchs par club, mais l’aspect nouveauté ici, ce fut la mise en place d’une section toute canadienne.
À cause des règles sanitaires empêchant les voyages entre le Canada et les États-Unis, le CH s’est frotté uniquement à ses rivaux du pays et a pris le quatrième rang de la section Nord. Grâce à son parcours sublime en éliminatoires et des concessions faites par les autorités, il a pu traverser la frontière à compter de la demi-finale contre les Golden Knights de Vegas.
Pour sa part, le club-école du CH, le Rocket de Laval, a vécu une situation similaire en se mesurant seulement aux formations canadiennes de la Ligue américaine, et ce, sans séries d’après-saison au bout du compte.

Les imprévus
Voici un autre souvenir peu agréable. De nombreux affrontements ont dû être reportés à la suite d’éclosions au sein d’équipes, quelques-unes devant rester à l’inactivité pendant plus d’une semaine. Cela a mené à un horaire compressé pour les formations affligées, dont le CH qui a dû composer avec des joueurs absents au mauvais moment et des rencontres se succédant à un rythme effréné, que ce soit au cours de la saison écourtée de 2020-2021 ou la suivante.
Nous saluons au passage Cam Hillis, rappelé des Lions de Trois-Rivières par le Canadien, afin de disputer le match du 1er janvier 2022... sans surprise, son nom a ensuite été ajouté au protocole de la COVID-19, auquel pas moins de 22 hockeyeurs et deux instructeurs du club étaient soumis au début de l’année.

En 2022, la LNH a justifié sa décision de ne pas envoyer ses joueurs aux Jeux de Pékin par la nécessité de reprendre, dans la fenêtre olympique, de multiples parties qui avaient été annulées auparavant.