L’expérience Patrik Laine a assez duré
On aura essayé. On y a cru. Ç’a donné quelques beaux moments. Mais ça suffit.

Jean-Nicolas Blanchet
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On aura essayé. On y a cru. Ç’a donné quelques beaux moments. Mais ça suffit. Il faut arrêter l’expérience Patrik Laine.
En pleine course aux séries, Laine a raté le dernier match à Calgary pour des symptômes grippaux et il ne sera pas en uniforme ce soir à Vancouver..
David Savard doit avoir les deux genoux en compote à la rhubarbe. Josh Anderson a de la misère à chevaucher la bande. Brendan Gallagher est cassé en deux depuis quatre ans. Aucun problème pour eux. Ça joue. Mais pas Laine.
J’étais bien excité, en août, quand le Canadien a annoncé l’arrivée de Patrik Laine.
J’ai refusé de le croire. Mais c’était évident que Montréal était allé cueillir le fruit défendu.
Kent Hughes a présenté cette acquisition comme une récompense pour ses joueurs. C’est plutôt un cadeau empoisonné pour l’organisation, finalement.
Des stats atroces
En seulement 34 matchs, Patrik Laine a été responsable de 24 revirements. S’il jouait autant que Nick Suzuki, il serait le pire attaquant de la ligue à ce chapitre.

Par minute jouée à cinq contre cinq, Emil Heineman marque deux fois plus souvent que Laine. Christian Dvorak marque plus. Joel Armia aussi.
Sur une saison complète, à son rythme actuel, il présenterait un différentiel de -26.
Quand il est sur la glace, à cinq contre cinq, l’autre équipe marque en moyenne 3,34 buts par match. Seulement deux attaquants dans la LNH sont pires que lui cette saison.
Autrement dit, il est pas mal le pire attaquant de la ligue à cinq contre cinq.
C’est déjà handicapant pour le Canadien. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup plus que ça.
Je n’ai pas accès en temps réel au rythme cardiaque de Laine. Mais je peine beaucoup à croire qu’il augmente autant que celui de ses coéquipiers.
Il était capable
Son style a toujours eu l’air nonchalant, je l’admets. Mais il était quand même plus impliqué dans le jeu, avant. Ce n’était pas seulement un gars d’avantage numérique. En 2019, il a réalisé 100 mises en échec. En 2017, il avait terminé la saison avec un différentiel de +8. L’année d’avant, il avait été l’un des meilleurs attaquants des Jets pour soutirer la rondelle à l’adversaire.
Mais là, il reste à l’écart et ne semble pas intéressé plus que ce qu’il faut à aller un peu plus dans le trafic.
Il y a son attitude aussi. Son petit accrochage, mercredi dernier, avec Juraj Slafkovsky, a peut-être eu l’air banal. Ce dernier l’a fait tomber et Laine était tellement fâché qu’il est allé casser son hockey sur le banc avant de revenir sur la glace en boudant quand Slafkovsky est allé s’excuser.
Imaginez l’exemple pourri que ça donne au reste de l’équipe.
C’est cliché, mais les équipes gagnantes ont toutes en commun d’avoir développé une culture. Tout ça nuit à cette culture que Martin St-Louis est en train de bâtir.
Ça ne doit pas être étranger au fait que le temps de jeu de Laine a baissé à 10 minutes par match.
Il n’aide pas, au contraire
Même avec ses 11 buts en avantage numérique, Patrik Laine n’aide pas le Canadien. Au contraire. D’autant plus qu’il prend la place de Cole Caufield.
Laine ne peut pas faire partie de la solution la saison prochaine. Martin St-Louis disait en septembre que son équipe était en train de bâtir une maison avec un environnement chaleureux. Je ne suis pas convaincu que Laine ajoute beaucoup de bonheur dans la chaumière présentement.
Tout le monde peut rebondir. Mais le jeu de Laine allait en se détériorant depuis quelques années et la chute a continué. Peut-être que son genou nécessitait une chirurgie et qu’il n’est pas capable de patiner comme il le voudrait. J’espère que ça pourrait expliquer son rendement.
Et je comprends que Laine a eu son lot de défis personnels. Plusieurs fans vont m’écrire que c’est à cause de chroniques comme ça que des joueurs ne veulent plus venir à Montréal. Je crois plutôt qu’il faut regarder froidement ce qu’est en train de donner l’expérience Laine, même si ça peut faire mal.
-Avec les données de MoneyPuck