Il y a maintenant des «safe spaces» dans le métro de Paris contre les violences sexuelles


Jean-Michel Clermont-Goulet
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En France, près de neuf femmes sur dix affirment avoir été victimes de «harcèlement sexiste ou sexuel» dans les transports en commun, selon le ministère de la Transition écologique. Pour contrer le phénomène, le métro de Paris s’est doté depuis quelques jours de «safe spaces» à travers son réseau.
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C’est ce qu’a annoncé la Régie autonome des transports parisiens (RATP) la semaine dernière, en collaboration avec Île-de-France Mobilités, le syndicat organisateur des transports en commun de la région.
Les trois premiers «lieux sécurisés» ont été inaugurés à la station RER Auber dans différents commerces, dont un Relay. L’opération est menée en partenariat avec l’application mobile UMAY, lancée en 2019, qui sécurise les déplacements dans les espaces publics.
Des employés formés
Dans chacun des commerces qui accueillent (ou accueilleront) un «safe space UMAY», des employés sont formés pour pouvoir prendre en charge les personnes qui se présentent en affirmant avoir été victimes de harcèlement.
[Prévention] Aujourd'hui, la #RATP et @idfmobilites ont inauguré le dispositif "safe place UMAY" à Auber, qui propose des lieux sûrs sur le réseau, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports, en partenariat avec l’application @Umay_app.
— RATP Group (@RATPgroup) December 6, 2023
«Nos formations aux employés visent à leur apprendre la règle des trois R: recueillir, rassurer et renseigner, a expliqué Pauline Vanderquand, cofondatrice de UMAY. Il est important pour les victimes de savoir que la personne en face de soi nous croit, ne juge pas et est formée pour nous mettre à l’abri.»
Grosso modo, l’application UMAY permet de sécuriser ses déplacements en signalant leur trajet à ses proches, en géolocalisant les lieus sécurisés et en signalant une agression, un harcèlement ou un comportement déplacé survenus.
«C’est inacceptable»
L’été dernier, des femmes qui prennent le métro à New York, à Londres et à Paris disaient sur TikTok porter une chemise ou un chandail ample pour se protéger contre le harcèlement de rue et éviter de se faire toucher, siffler, insulter, menacer, voire agresser sexuellement par un inconnu dans l’espace public.
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Lors de l’inauguration des premiers «safe spaces», Jimmy Brun, porte-parole de la RATP, a signalé que 40% des femmes ne se sentent pas en sécurité dans le réseau de métro parisien. En Île-de-France, les cas de violences sexuelles dans les transports en commun ont augmenté de 20% en 2022.
«C’est inacceptable. Nous devons agir contre ces actes», a-t-il reconnu.
Jimmy Brun rappelle également que depuis 2021, les quelque 5500 agents de station et 1000 agents de sécurité de la RATP sont formés pour accueillir les victimes de harcèlement sexuel ou sexiste et les orienter.
Les voyageurs et voyageuses peuvent également contacter 24 heures sur 24 les agents de sécurité à l’aide d’un numéro de téléphone, le 3117. À cet outil s’ajoutent plus de 50 000 caméras installées dans les stations et gares, sur les quais, dans les couloirs et dans les matériels roulants, indique la RATP.
− Avec les informations de 20 Minutes