Des centres d’aide inondés d’appels grâce à la prise de parole de Catherine Fournier
Cette sortie publique a encouragé des victimes d’agression sexuelle à demander de l’aide à leur tour


Erika Aubin
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Des centres d’aide ont été submergés d’appels après la récente sortie publique de la mairesse Catherine Fournier concernant l’agression sexuelle dont elle a été victime.
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La prise de parole de la jeune politicienne a donc eu l’écho positif espéré auprès de centaines de personnes, qui se sont lancées en contactant l’un des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).
«Quand une personne victime se met à nue pour raconter son histoire et son vécu, c’est souvent ce qui est le plus inspirant et qui va donner à d’autres victimes la petite motivation nécessaire pour aller chercher de l’aide alors qu’elles avaient toujours hésité à le faire», explique la porte-parole du réseau, Marie-Christine Villeneuve.
La semaine dernière, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a fait lever l’ordonnance qui protégeait son identité dans le procès de son agresseur, Harold LeBel. Le Québec a alors appris qu’elle est la victime de l’ex-député du Parti Québécois, qui l’a agressée sexuellement dans son appartement de Rimouski, en 2017.
Bouleversés
Dans les heures et jours qui ont suivi, le téléphone n’a pas cessé de sonner dans les CAVAC, surtout dans la région de Montréal, de la Montérégie et dans Lanaudière, a fait savoir Marie-Christine Villeneuve.

«Il y a des gens qui ont confié s’être sentis vraiment bouleversés en lien avec cette histoire. Ça faisait ressortir chez eux toutes sortes d’émotions», souligne-t-elle.
Encore aujourd’hui, le téléphone ne dérougit pas, selon la porte-parole.
«On est encore en train de répondre à cette hausse de demandes. Nos équipes mettent les bouchées doubles. Chaque personne va être rappelée, même si ça prend plus de temps que normalement», dit-elle.
Ces centres présents dans toutes les régions de la province offrent différents services, notamment du suivi psychosocial pour aborder les conséquences du crime vécu ou encore des informations concernant la plainte policière et le processus judiciaire. Des intervenants peuvent même accompagner les victimes au palais de justice.
Positif
Il n’est pas rare d’observer des bonds d’appel à la suite d’une dénonciation médiatisée ou d’une prise de parole qui raisonne fortement dans la population. Par exemple, après le mouvement #moiaussi, le nombre de demandes de services avait explosé, explique Mme Villeneuve.
«Même si c’est plus de travail, on le voit positivement. Ça veut dire que davantage de personnes font ce pas de plus afin d’aller chercher de l’aide. Ce genre de prise de parole, de s’exposer, d’exposer son histoire, c’est souvent ça qui va interpeller les personnes victimes et les motiver à raconter leur histoire», fait savoir la porte-parole.
Catherine Fournier s’est dite touchée de l’effet qu’a eu sa prise de parole publique, mais elle a préféré ne pas accorder d’entrevue à ce sujet.

Une équipe de tournage a suivi Catherine Fournier afin de comprendre le difficile processus judiciaire par lequel peuvent passer les victimes, ce qui a mené à la diffusion du documentaire Témoin C.F. sur la plateforme Vrai.
Si vous avez besoin d’aide
Centre d’aide aux victimes d’acte criminel
www.cavac.qc.ca
1 866 le CAVAC – 1 866 532-2822 (sans frais et partout au Québec)
Info-aide violence sexuelle
infoaideviolencesexuelle.ca
1 888 933-9007