Des adieux émotifs à la NFL pour Antony Auclair, qui se joint au Rouge et Or comme entraîneur

Stéphane Cadorette
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Même s’il avait annoncé sa retraite de la NFL la veille, Antony Auclair a été submergé d’émotions lorsqu’il a livré ses commentaires au PEPS de l’Université Laval, où sa carrière a pris son envol. «T’as bien beau te préparer, mais tu pleures pareil», a résumé le colosse ébranlé.
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Afin de s’assurer de n’oublier personne, l’ailier rapproché, qui a joué dans la NFL de 2017 à 2022, s’est présenté devant micros et caméras avec une feuille de notes. Impossible, toutefois, de demeurer pleinement en contrôle.
À 30 ans, après quatre saisons avec les Buccaneers, une avec les Texans et une autre à tenter de reprendre la forme, c’est déjà la fin d’une époque.
«C’est spécial, parce que tu te sens en pleine forme, mais il faut que tu arrêtes de jouer.
«La raison principale, c’est que mon envie de jouer est devenue moins grande que ma tolérance aux risques du métier», a expliqué le gaillard beauceron de 6 pi 6 po, qui est devenu l’un de seulement trois joueurs issus du football universitaire canadien à remporter un Super Bowl, à Tampa, en 2020.
À fleur de peau

Auclair a plusieurs fois combattu les larmes au cours de son allocution. Sa voix s’est vraiment nouée lorsqu’il a salué sa famille et tous ceux qui ont pris soin de lui au gymnase.
La carrière d’Auclair a été ponctuée de blessures qui l’ont maintes fois plongé dans un cycle difficile de réadaptation.
Il a dû composer avec un claquage de grade 3 à l’ischiojambier. Il a été embêté par une blessure à une cheville et une autre à un genou. Il a même dû terminer un match à Seattle avec deux ligaments déchirés dans un pied.
«Ce qui me rend le plus fier, c’est d’avoir combattu quand ça allait moins bien et d’avoir continué à croire», a-t-il déclaré à cet effet.
Une dernière tentative
L’automne dernier, il avait fait part à son agent, Sasha Ghavami, de son intérêt à tenter un retour au jeu après de longs mois sur la touche. Les Colts lui ont fait passer des examens physiques, mais n’ont pas poussé plus loin. Sinon, le téléphone n’a pas sonné.
«La retraite va me demander un bon cheminement parce qu’en tant qu’athlète, je n’ai jamais été satisfait. Si j’avais à donner un conseil à un athlète, c’est qu’il faut s’asseoir un moment donné et réaliser ce que tu fais et d’être content de ça. On retient souvent le négatif: j’ai fait un gros bloc, j’ai réussi un bel attrapé, mais j’ai raté tel jeu...», a-t-il indiqué.
De retour au bercail

Puisqu’on peut sortir Auclair du football, mais jamais le football d’Auclair, c’est avec le Rouge et Or de l’Université Laval, où il a joué de 2013 à 2016, qu’il revient au bercail. Son rôle exact reste à définir, mais il se retrouvera parmi le personnel d’entraîneurs pour diriger les centres-arrières, notamment.
«Le développement des jeunes au Québec, je l’ai vraiment à cœur. Avec mon frère [Adam], on veut développer des camps pour redonner ce que j’ai reçu et c’est aussi l’idée avec le Rouge et Or. Ça me passionne vraiment», a-t-il fait savoir, tandis que Glen Constantin se réjouit de miser sur ses services.
«Je suis très heureux de ça. Je dis souvent aux gars d’aller au bout des choses et quand c’est terminé, d’appeler leurs parents et de m’appeler après!
«Pour moi, c’est un exemple de persévérance et de l’importance de se nourrir de grands rêves. Il s’est toujours entraîné plus que les autres. C’est un bon message à passer dans le programme en plus d’avoir un gros bagage de football», s’est-il exprimé.
C’est donc la fin d’un chapitre, mais le début d’un autre, pour celui qui a disputé 56 parties dans la NFL.
«J’espère que j’ai pu ouvrir les yeux aux équipes de la NFL pour qu’elles voient qu’il y a des talents exceptionnels au Québec. On va commencer à voir des joueurs de plus en plus. Le football ici s’améliore.»