Déprescription: il passe de 17 médicaments à seulement trois


Louis-Philippe Messier
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Blessé gravement à la moelle épinière lors d’un accident de glissade d’eau, un polytraumatisé s’est rapidement retrouvé aux prises avec une nouvelle épreuve : la surmédicamentation, qui lui a notamment fait perdre toutes ses dents.
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Au fil des ans, Laurent Dupuis a calculé qu’on lui a prescrit plus de 80 médicaments différents.
Certains effets secondaires ont attaqué son intégrité physique.
« Dans les quatre premières années, j’ai perdu toutes mes dents. L’ostéoporose s’est installée dans ma bouche. Je mangeais un morceau de cheddar et mes dents cassaient », se souvient l’homme de 47 ans.
C’est un bête accident en plongeant dans un lac en camping qu’il s’est blessé sérieusement. Seize ans plus tard, ce terrible accident le fait encore souffrir.
« L’épicentre de la douleur, c’est entre les omoplates. Ça peut monter jusqu’à la base du crâne ou descendre jusqu’au sternum et au bas du dos », confie-t-il.
Doses de morphine
Juste après l’accident, il a eu ses premières doses de morphine. D’autres médicaments servaient à contrôler la douleur, les spasmes et l’inflammation, notamment des relaxants musculaires, des anti-inflammatoires, des antispasmodiques, des antiépileptiques ainsi que des antidépresseurs.
Des effets indésirables lui gâchaient la vie : baisse de testostérone, somnolence, troubles intestinaux, photosensibilité extrême, symptômes de sevrage s’il oubliait un médicament.
Laurent Dupuis a alors décidé de s’attaquer à sa liste de médicaments.
Il a entrepris avec son médecin une réduction progressive de la morphine en introduisant des comprimés de cannabis médical.
« Les effets secondaires étaient à peu près nuls comparativement à la morphine », se rappelle-t-il.
Conseillé par un pharmacien, il s’est lancé dans une démarche de « déprescription ».
Plan de six mois
Avec un plan structuré, en six mois, il a réduit de façon importante sa médication.
« Je suis passé de 17 médicaments à seulement trois : un anticoagulant, un antihistaminique et le cannabis médical », énumère-t-il.
« J’ai toujours mal, mais je préfère gérer une douleur que je connais plutôt que des effets secondaires imprévisibles. »
M. Dupuis a remplacé les pilules par des massages réguliers, des étirements, des bains de glace, du kayak, du ski et de la randonnée.

« Depuis que j’ai arrêté les médicaments, ma qualité de vie a augmenté fois mille », se réjouit-il.
« Des fois, on prend des médicaments depuis tellement longtemps qu’on ne se demande même plus pourquoi : il ne faut pas craindre de réévaluer sa médication », conseille-t-il.