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Denis Bouchard nous parle de ses grands voyages à travers le monde

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-04-19T10:00:00Z

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Denis Bouchard travaille sur plusieurs projets en même temps. Après des décennies dans le milieu, la curiosité de plonger dans des univers diversifiés l’habite toujours. Du théâtre à la télé, on le retrouve dans la deuxième saison de Libre dès maintenant, un rôle qu’il décrit comme à la fois formidable et formateur.

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Denis, comment as-tu trouvé ton expérience dans la deuxième saison de Libre dès maintenant ?

C’était extraordinaire ! C’est aussi la première fois que je travaille avec des gens qui ont le tiers de mon âge, donc c’était moi le vieux de service ! (rires) Ça me rappelle un projet que j’ai fait en sortant de l’école et qui parlait d’une gang de jeunes en appartement. Les rôles sont maintenant inversés et j’ai l’impression de boucler la boucle. Les textes sont géniaux, et j’avais beaucoup aimé le film du réalisateur Patrice Laliberté, Jusqu’au déclin. J’avais hâte de collaborer avec lui. C’était un très beau tournage.

Comment t’es-tu intéressé à ce rôle ?

J’étais très fier de pouvoir m’associer à une série comme celle-là et ému qu’on ait pensé à moi. En vieillissant, on travaille moins et on souhaite ralentir. J’ai déjà roulé ma bosse, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je choisis maintenant davantage mes projets. Je suis difficile à sortir de ma terre, mais je demeure un acteur : quand un rôle me plaît et que je sens que je vais avoir du plaisir, je plonge. Ce n’est pas une question d’argent, c’est mon métier. Ça fait 50 ans que je fais ça, mais aujourd’hui, je le fais d’une façon purement plaisante.

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Parle-moi un peu du personnage.

C’est un personnage magnifiquement équilibré. Sans dévoiler de punchs, c’est un homme qui a déjà été auteur et qui, pour diverses raisons, entretient une certaine frustration face à son métier. Par hasard, il entre dans une librairie et rencontre Bérénice (Marguerite Bouchard). Ils se mettent à parler de littérature et développent une complicité. Il est d’abord dur d’approche, mais elle parvient à percer sa carapace. Elle lui fait lire l’amorce de son roman, et ils se lient d’amitié. Elle l’introduit dans son univers, lui présente ses amis, mais leur relation demeure amicale. Ça n’a pas été difficile pour moi d’incarner ce personnage. Ç’a été des semaines de pur bonheur et j’en suis très fier.

Comment c’était d’être entouré de jeunes pour ce projet ?

Une très belle expérience ! Ils ne jouent pas comme nous. Ils sont beaucoup plus rapides. Si vous aviez posé la question à Jean Duceppe à mes débuts, il aurait probablement dit la même chose. Les jeunes ont une approche différente. Ma génération jouait davantage des classiques ou du répertoire international. Aujourd’hui, tout est à portée de main sur un téléphone, et ça influence le rythme et la manière de ressentir les choses. Ce qui m’intéressait, c’était de jouer avec eux sans chercher à compétitionner, mais plutôt en étant dans l’harmonie et la compréhension. C’était un bel exercice.

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Ton personnage fait face à des enjeux liés à la liberté d’expression. Quelle est ton opinion sur ce sujet ?

J’ai déjà été confronté à ce genre de problématiques. J’écris beaucoup pour le théâtre et ma dernière pièce, Le dernier sacrement, n’a trouvé aucun producteur au départ. C’était une comédie qui abordait la mort et la religion, et personne ne voulait s’en approcher. J’ai finalement répété la pièce dans un local du CHUM, où elle a été présentée au profit de l’hôpital. Elle a ensuite été traduite en anglais et présentée en France, et on l’a jouée pendant trois ans en salle. Contre toute attente, ç’a été un succès. Ça illustre bien ce qu’un artiste doit parfois faire pour faire accepter son œuvre.

Vous avez tenu quelques petits rôles à la télévision récemment. Peut-on parler d’un retour à l’écran ?

Je ne le vois pas comme un retour, mais comme une expérience ponctuelle. On me propose des rôles, mais je choisis soigneusement mes projets. Je ne vis plus à Montréal : je suis sur une terre dans les Cantons-de-l’Est, avec mon chien. Je me suis retiré en partie, mais je reviens avec plaisir quand une occasion me parle. Je travaille davantage au théâtre, mon premier métier, que je peux mieux contrôler. Les horaires télé sont exigeants et ne me permettent pas de rentrer chez moi chaque soir.

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Tu restes un homme très occupé malgré tout.

Je suis en tournée avec Guylaine, et ça se poursuit jusqu’en novembre. J’écris aussi un spectacle avec Daniel Lemire, qu’on présentera à l’automne, en rodage. On travaille ensemble depuis 40 ans, j’ai monté presque tous ses spectacles. On prépare des sketchs sur l’âge et des situations qui nous font beaucoup rire. Je travaille aussi sur une pièce amorcée pendant la COVID, inspirée de chicanes entre mon fils et moi, intitulée Bye bye boomer. Garou m’a également demandé de l’aider à la mise en scène de son spectacle, puisqu’on se connaît depuis longtemps. Et récemment, on m’a invité à collaborer à un spectacle pour les 50 ans de L’Heptade d’Harmonium, avec l’orchestre symphonique. Les représentations débutent en mai. Je travaille encore beaucoup, mais à mon rythme, et avec des amis.

Patrick Seguin / ECHOS VEDETTES
Patrick Seguin / ECHOS VEDETTES

Tu es remonté sur scène avec Guylaine Tremblay, dans votre adaptation de la pièce Fallait pas dire ça. Tu as mentionné dans la vidéo promotionnelle que c’est une des seules relations que tu as réussie dans ta vie. Vous êtes donc toujours aussi complices ?

On a même écrit un livre tellement on trouve ça beau ! On s’est souvent demandé pourquoi on ne se chicane jamais et pourquoi on est toujours sur la même longueur d’onde. Sans tomber dans l’ésotérisme, on est nés le même jour, à la même heure, et on vient tous les deux d’un petit village. On est de très grands amis, on peut tout se dire. On se connaît depuis si longtemps. On a traversé des tempêtes dans nos vies personnelles, mais ça n’a jamais affecté notre relation. C’est rare de rencontrer une complice artistique comme ça.

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Es-tu toujours en amour avec Caroline ?

Oui. Elle n’habite pas avec moi, mais on se voit les fins de semaine. Elle est originaire des Cantons-de-l’Est, sa famille y est encore, donc ça fonctionne bien. On est ensemble depuis environ sept ans. On revient d’un voyage et on essaie de partir le plus souvent possible. On regarde pour de prochaines destinations, peut-être les Maldives ou Buenos Aires, mais avec la situation actuelle, rien n’est certain.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Le voyage est-il une grande passion pour toi ?

Ç’a longtemps été un besoin. Voyager me permet de prendre une pause de qui je suis au quotidien. Il y a eu les voyages pour le travail : j’ai visité l’Ukraine, la Pologne, la Russie, la Tchéquie et la France avec différentes productions. Il y a aussi ceux que j’ai faits avec mon fils dès qu’il a eu six ans. On a beaucoup voyagé ensemble. Je l’ai eu à 50 ans, donc c’est ma manière de profiter de tout le temps que je peux avec lui. Et puis, il y a les voyages plus géopolitiques, où j’essaie de comprendre le monde avec l’aide de fixeurs. J’ai été en Équateur, au Kurdistan, en Iran, en Corée du Nord, au Tibet... C’est mon côté plus aventureux.

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