Avant de donner plus d’argent pour les routes et aqueducs des municipalités, Québec leur demandera de réduire la facture des projets en misant sur des partenariats avec le privé.
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Le ministre des Affaires municipales ne « ferme pas la porte » à la création d’un fonds provincial de 15,75 G$ sur 10 ans pour financer l’entretien des infrastructures municipales, comme le proposent dans un rapport les ex-ministres Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau.
En contrepartie, les municipalités devraient s’engager à hausser les taxes municipales, afin d’aller chercher un montant équivalent, notent les auteurs.
Mais avant d’en arriver là, il faut « réfléchir d’abord aux coûts des infrastructures », plaide Samuel Poulin.
« Parce que si on envoie de l’argent dans les municipalités, il faut faire davantage de projets. Présentement, on a des projets d’eau qui sont à plus d’un milliard de dollars. Alors il faut réduire ces coûts », a-t-il exposé jeudi matin.
Le ministre Poulin détaillera demain sa proposition pour une « nouvelle collaboration » dans le cadre des assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Impliquer le privé
« Si je transfère de l’argent, il faut le faire travailler cet argent-là. Et j’ai notamment l’intention d’inclure le secteur privé dans la discussion », a confié Samuel Poulin avant d’entrer à la période de questions.
Son constat rejoint d’ailleurs celui des auteurs du rapport.
Les coûts de construction ont crû de 7,5 % annuellement au cours des 10 dernières années, alors qu’une cible raisonnable se situerait plutôt autour de 3,5 %, selon eux.
Les normes, souvent non pertinentes, contribuent à elles seules pour 40 % de l’augmentation des coûts et allongent les échéanciers, affirment les deux ex-ministres.
Mais l’idée de recourir davantage au privé laisse le maire de Québec perplexe.
« En impliquant le privé comment ? En quoi on n’implique pas le privé ? Il faudra qu’il précise sa pensée. Il n’y a pas de travaux qui sont faits exclusivement par la Ville », fait remarquer Bruno Marchand.
Fréchette prudente
De son côté, la première ministre Christine Fréchette, de passage pour prononcer un discours lors des assises de l’UMQ, ne s’est pas engagée sur les mesures proposées par le comité d’experts sur la fiscalité et sur le fonds pour l’entretien des infrastructures qu’il propose.

Son silence a laissé le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, sur sa faim. « C’est beau de réfléchir, c’est beau de penser, mais à un moment donné, on va s’attendre à des gestes concrets », a-t-il affirmé, rappelant que les villes sont rendues « dans le mur ».
Dans le but de faciliter la tâche des municipalités, la première ministre a annoncé qu’elle rendrait permanents les « superpouvoirs » octroyés temporairement aux villes pour accélérer la construction de logements, sans passer par le processus d’approbation référendaire.
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