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Décès de Willie Mays: un duel épique avec... Claude Raymond

Claude Raymond
Claude Raymond Photo Dominick Gravel / Agence QMI / Archives
Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2024-06-19T05:26:12Z
2024-06-19T17:26:14Z

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Auteur de 660 circuits en carrière dans le baseball majeur, le légendaire Willie Mays, décédé mardi, portait particulièrement dans son coeur la fameuse longue balle qu’il a frappée contre le Québécois Claude Raymond, le 14 septembre 1965, à Houston. 

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Même pour celui qu’on surnomme «Frenchie», qui fut pourtant la victime ce soir-là à l’Astrodome, il s’agit d’un précieux souvenir.

«C'était un beau défi, l’un des plus beaux de toute ma vie», qualifie M. Raymond, joint au téléphone, mercredi.

Le récit a été rapporté à de nombreuses reprises, au fil des ans. Encore le mois dernier, sur le site web du baseball majeur, dans un article résumant les moments les plus mémorables de la carrière de Mays. Le célèbre numéro 24 des Giants de San Francisco en a également fait mention dans sa biographie, tout comme le lanceur québécois dans son livre Frenchie publié en 2022 et co-écrit par Marc Robitaille.

Fausses balles

Le pointage était donc de 5 à 3 pour les Astros, en début de neuvième manche, quand Mays s’est présenté au bâton contre Claude Raymond. Il y avait un coureur sur les sentiers et deux retraits. Après avoir rapidement enregistré deux prises contre Mays, le lanceur québécois s’est retrouvé dans un épique duel avec le coriace frappeur. Le porte-couleurs des Astros le défiait ainsi avec sa balle rapide tandis que Mays, qui visait le circuit, multipliait les fausses balles. À chaque fois, «Frenchie» revenait avec la rapide et l’adversaire touchait la balle sans toutefois la mettre en jeu. C’était une lutte à finir!

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Willie Mays, dans l'uniforme des Giants de San Francisco.
Willie Mays, dans l'uniforme des Giants de San Francisco. PHOTO D’ARCHIVES

Le Québécois aurait très bien pu tenter de le déjouer avec un changement de vitesse ou sa fameuse glissante, mais son esprit de compétition l’amenait à continuer d’utiliser sa rapide. Derrière le marbre, le receveur Ron Brand a embarqué dans le jeu.

«Avec un compte de trois balles, deux prises, Mays a alors frappé 13 fausses balles consécutives!», précise M. Raymond, dans sa biographie.

C’est par la suite que la légende des Giants a réussi le circuit de deux points qui allait créer l’égalité dans la rencontre. En scrutant le sommaire du match, on constate que le Québécois avait ensuite terminé la manche en retirant Willie McCovey sur des prises. Les Astros n’avaient toutefois pu marquer en fin de neuvième. Mays et les Giants allaient finalement l’emporter 7 à 5, au terme de la 10e, sans que le Québécois soit impliqué dans la décision.

«Mays pouvait tout faire: frapper, courir et briller à la défensive, résume M. Raymond. Il pouvait aussi frapper la longue balle.»

Le plus complet?

Dans une récente entrevue avec l’auteur de ces lignes, Felipe Alou tenait un discours semblable à propos de Mays, avec qui il a joué chez les Giants de 1958 à 1963.

«Le joueur le plus complet de l’histoire du baseball majeur», qualifiait celui qui fut plus tard le gérant des Expos de Montréal.

Felipe Alou
Felipe Alou PIerre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Soit dit en passant, le coureur qui était sur les sentiers lors du fameux circuit de Mays contre Claude Raymond, c’était Jesus Alou, le frère de Felipe.

«À chacun de mes 13 tirs, le coureur Jesus Alou s’est mis à courir vers le deuxième but et a dû revenir», se souvient d'ailleurs «Frenchie», rappelant que le compte était complet et qu’il y avait deux retraits.

L’année suivante, précisément le 15 avril 1966 lors du match d’ouverture disputé au Candlestick Park de San Francisco, le lanceur québécois se rappelle avoir affronté à nouveau Mays. Il l’a alors retiré sur des prises, en fin de cinquième manche, grâce à... quelques balles glissantes.

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