«Dave, on dirait que tu as neuf vies»: dans les coulisses de sa tournée des médias pour son nouveau spectacle, Dave Morissette se confie à Richard Turcotte

Richard Turcotte
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Dave Morissette est venu en studio ce mercredi à Salut Bonjour pour nous annoncer qu’il lance un spectacle d’humour, intitulé DAVID. Dave a fait la tournée des médias pour parler de ce nouveau défi, mais j’ai eu envie de vous offrir quelque chose de plus : l’entretien qu’on a eu, lui et moi, en coulisses après l’émission.
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Richard : Dave, on dirait que tu as neuf vies. On dirait que tu n’as peur de rien ! J’ai envie de te demander quel est ton rapport avec la peur.
Dave : La peur, pour moi, c’est un débat mental. J’ai eu peur de me battre jusqu’à ce que j’arrête de jouer au hockey à 30 ans. J’ai eu peur des fantômes jusqu’à l’âge de 40 ans. J’ai encore peur des serpents, et je suis claustrophobe. J’essaie quand même de voir ça d’une façon positive, ou de me dire que ça n’arrivera pas.
Tu sais, à l’âge de 16 ans, j’ai découvert que j’étais capable de laisser tomber les gants. Je respectais mon adversaire, mais j’avais peur un peu. Je me disais : le gars de l’autre bord, ça fait un mois qu’il pense à moi, il va me crisser une volée... Il y a 2000 personnes dans les gradins... et si je mange une volée ? En vieillissant, je me suis mis à me dire : peut-être que je vais me battre ce soir, peut-être que je vais gagner mon combat. Ça va être le fun, je sais ce que je fais. Il y a 20 000 personnes dans les gradins et mon père me regarde à Baie-Comeau. Je vais peut-être même marquer un but. Mon discours intérieur était devenu positif.
R : Comment vas-tu transposer cette façon de voir la vie sur scène pour ton one-man-show ?
D : Je vais me dire que je suis à ma place. Je fais de mon mieux, je suis là pour les bonnes raisons. Je suis bien entouré, j’ai une équipe de malades et peu importe ce qui arrive, on va trouver une solution pour s’en sortir. J’ai une belle équipe. Je suis prêt, j’ai fait mes devoirs. Je vais faire comme quand je jouais au hockey : je vais être le premier sur la glace, et le dernier sorti.
R : Il y a plusieurs étapes à franchir avant de se rendre à sa première représentation. Comment vois-tu le parcours à venir ?
D : Je pense à ce que me raconte mon entourage. Mario Tessier, un de nos amis en commun, me disait qu’il aime ça les étapes, des répétitions... Et puis Philippe Laprise va me laisser faire ses premières parties, question de « casser » mon matériel. J’ai beaucoup de chance ! Et je vais faire de mon mieux à travers tout ça.
R : Jeff Bezos, l’entrepreneur et fondateur d’Amazon, une des plus grandes compagnies au monde, a dit : « Moi, je veux qu’on soit la compagnie qui fait le plus d’erreurs. » C’est quand on fait des erreurs qu’on apprend, qu’on se redirige et qu’on avance. C’est quoi ton regard là-dessus ?
D : Richard, ma vie, c’est une série d’erreurs, d’échecs. L’autre jour, un jeune m’a demandé : « Dave, comment je pourrais devenir animateur d’émissions de sport un jour ? » Je lui ai répondu que le secret, c’est de se planter, de se faire dire non. Je me rappelle la première fois où j’ai proposé une émission de fin de soirée à une boîte de production. On m’a répondu : « Non, Dave, tu dois prendre de l’expérience. » Au lieu de me laisser abattre, je me suis demandé quelle était la prochaine étape ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ?
Je me suis fait dire non tellement souvent. C’est comme ça dans notre métier. Quand tu fais une audition et que ça ne marche pas, il ne faut pas que tu t’écrases. Il faut plutôt que tu te demandes ce que tu pourrais faire pour être meilleur, ce que tu peux apprendre de cette expérience.
Si tu savais le nombre de fois où je me suis fait retrancher d’un camp d’entraînement au hockey... Je suis toujours parti en me disant : tab*** que c’est tough. Mais deux jours plus tard, je me relevais les manches et je travaillais encore plus fort. Quand je suis arrivé au camp d’entraînement des Canadiens à Montréal, je savais ce que j’avais à faire pour percer l’alignement pour faire l’équipe.
R : Et qu’est-ce que tu as à faire sur scène pour percer l’alignement de la scène humoristique du Québec ?
D : Je vais être moi-même, vrai. Je ne veux pas jouer à l’humoriste. Je veux avoir du plaisir avec les gens qui se déplacent, leur offrir une belle soirée, qu’ils soient divertis, qu’on rie, qu’ils soient touchés, surpris. Je veux qu’il reste quelque chose à la fin du spectacle.
R : Dans quelle salle rêves-tu de te produire pour ton one-man-show ?
D : Si un jour je fais un spectacle au Centre Bell, ça va être le plus bel événement de ma vie. C’est là que tout a commencé pour moi. Et aussi... mon premier et mon dernier match, que j’ai joués au Centre Bell, j’ai l’impression que je ne les ai jamais vraiment savourés. Le premier était bizarre parce qu’un de mes chums venait de mourir. J’étais en plein deuil de mon chum, Stéphane Morin, qui avait joué pour les Nordiques. Puis, le dernier, je ne savais pas que c’était justement mon dernier. Alors si je fais mon spectacle un jour au Centre Bell, ça va être le plus beau jour de ma vie !
R : Je termine avec ma question futile : est-ce qu’il va y avoir des produits dérivés ?
D : Oui, Richard ! Et tu vas être le premier qui aura son t-shirt, avec inscrit en gros dessus : DAVID !