DANS LA MIRE DU CH? | Le deuxième «gros cheval» d'un trio monstrueux?

Anthony Martineau
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«À 12 ou 13 ans, j’ai dû choisir entre le hockey et le baseball. J’aimais vraiment les deux sports, mais après réflexion, je me suis rendu compte que je préférais le hockey un tout petit peu. J’ai alors opté pour ce sport, en me disant que j’allais tout faire pour réussir dans celui-ci.»
Cayden Lindstrom ne s’est manifestement pas trompé.
Avancer que le jeune espoir a, cinq ans plus tard, la cote auprès des partisans du Canadien est un euphémisme.
Récemment, l’auteur de ces lignes a publié un sondage sur son compte «X». La question derrière celui-ci était fort simple.
«Advenant un scénario où Montréal ne repêche pas premier ou deuxième, vers quel espoir aimeriez-vous que le club se tourne?»
À 63,8% (!), les gens ont voté en faveur du joueur de centre des Tigers de Medecine Hat.
Advenant un scénario où Montréal ne repêche pas premier ou deuxième, vers quel espoir (en imaginant que ceux ci-bas soient toujours disponibles) aimeriez-vous que le club se tourne?
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) May 3, 2024
Après discussion avec le principal intéressé, force est d’admettre que l’intérêt est mutuel.
«J’ai grandi en regardant les matchs des Canadiens, confie celui qui a trois petites soeurs, dont la dernière (âgée de huit ans) joue aussi au hockey. La réputation du Centre Bell n’est plus à faire: l’atmosphère qui y règne est incroyable et les partisans sont juste... fous! Jouer à Montréal, cela voudrait dire beaucoup pour moi.»
Plusieurs fans du Tricolore qui rêvent à Lindstrom (6’’4, 216 livres) ont en tête un hypothétique scénario où l’imposant pivot et Juraj Slafkovsky (un autre colosse!), sur deux unités différentes, compliqueraient drôlement la tâche des autres formations.
Mais Lindstrom, lui, n’a pas exactement la même idée.
«Je me verrais bien jouer avec Slafkovsky, lance le jeune homme, lorsque questionné sur les deux joueurs du CH avec qui il verrait une potentielle chimie.
«Slafkovsky est un gros bonhomme comme moi, alors disons qu’on pourrait se faire pas mal d’espace, sur la glace! Sinon, Cole Caufield est tout un marqueur et il est aussi excellent pour créer des jeux.»
Christer Rockstrom, le recruteur européen en chef du Tricolore, avait qualifié Slafkovsky de «gros cheval», lors d'une rencontre d'équipe précédant le repêchage de 2022.
Difficile, voire impossible de ne pas penser aux potentiels dommages que pourrait causer un trio sur lequel deux (talentueux) «chevaux» et un marqueur naturel évoluent...
«Je suis très, très compétitif»
Le profil de Cayden Lindstrom a de quoi faire saliver. Son gabarit vient d’être abordé, mais il y a beaucoup plus que ça.
En 32 matchs cette saison, le jeune homme a présenté des statistiques qui parlent d’elles-mêmes : 27 buts et 46 points. Ce qui rend Lindstrom si intéressant, c’est que ces points et ces buts ont été inscrits de plusieurs façons. Il est imprévisible et contribue d'une multitude de manières.
C’est d’ailleurs exactement ce qu'il veut/pense pouvoir être dans la LNH.
«Je peux jouer un match très physique et faire de l’espace à mes coéquipiers, mais je peux aussi jouer de finesse et avec rythme. Je me considère aussi impliqué défensivement.»
Lindstrom marque une pause, comme s’il venait de terminer sa phrase. Mais il reprend aussitôt.
«Je suis aussi très, très compétitif.»
Le fameux caractère. Cette qualité ne s’achète pas.
Blessures : pas d’inquiétudes à avoir
Le style de jeu et les statistiques de Cayden Lindstrom expliquent assez bien sa popularité auprès des différents intervenants/experts hockey.
À l’approche du repêchage, la principale inquiétude émise en coulisses concerne son état de santé.
Lindstrom a été opéré au poignet à la mi-janvier ratant quelques semaines d'activités, puis a dû tirer un trait sur l'actuel Championnat du monde U18 en raison de maux de dos. Mais le patineur et son agent, Daren Hermiston, se font très rassurants à ce sujet.
«Cayden va bien, affirme Hermiston. Il s’entraîne sans restriction et intensément cinq jours par semaine en gymnase et ajoute aussi cinq séances sur la glace. Dans le cas de son dos, l’opération ne sera pas nécessaire. Nous avons opté pour des traitements de physiothérapie et des méthodes du genre et il roule à fond de train depuis quelques jours. Il n’y a pas d’inquiétudes à avoir au sujet de son état de santé.»
«J’y vais vraiment à fond», confirme Lindstrom avec un sourire dans la voix.
D’ailleurs, l’attaquant sortait tout juste d’un vigoureux entraînement avec... Connor Bedard au moment où l’entrevue s'est déroulée.
«Je ne me préoccupe pas de ce que disent les gens»
Au cours de la saison, le sens du jeu de Cayden Lindstrom a été remis en doute par certains. Outre les quetionnements sur son état de santé, ce fut là l’un des seuls bémols amené sur la table concernant son apport sur la glace.
Lancé sur cette piste, le joueur de centre n'a pas mis de temps à répondre.
«Pour être franc, je ne me préoccupe pas de ce que les gens disent à mon sujet. Je pense que j’ai une très bonne intelligence du jeu. Évidemment, il y a toujours place à quelque chose de mieux, mais ma vision est très aiguisée, selon moi. Je suis amplement capable de faire des jeux et je l’ai prouvé dans le passé.»

La réponse fut lancée avec un ton calme et posé, mais autoritaire. Clairement, Lindstrom ne se laissera pas intimider par les commérages. Les plus vites sur la gâchette diront que c’est parfait, surtout considérant sa possible venue à Montréal.
Notre interlocuteur n’a donc pas besoin des commentaires extérieurs pour savoir ce qu’il doit travailler. Il est son plus grand critique et... s’est déjà et justement préparé tout un été d’entraînement.
«Je veux devenir encore plus fort! Je compte aussi travailler sur ma mobilité avec un entraîneur spécialisé en patinage et je consacrerai aussi plusieurs séances à l’amélioration de mon tir et de mes aptitudes avec la rondelle.»
Si la version actuelle de Cayden Lindstrom est impressionnante, celle de septembre, après tout ce travail, risque d'être carrément cauchemardesque pour les défenseurs adverses...