Danault et le CH : les dessous des négociations

Jean-François Chaumont
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Phillip Danault a toujours manifesté son désir de poursuivre sa carrière à Montréal. Mais le centre de 27 ans restera avec le Canadien seulement s’il reçoit une prolongation de contrat qu’il juge raisonnable pour sa valeur et son impact au sein de l’équipe.
Mathias Brunet, le collègue de La Presse, a publié l’information le premier. Selon ses sources, Danault a dit non à une prolongation de contrat de six ans et 30 millions $, soit une valeur annuelle de 5 millions $.
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Le Journal a également creusé le dossier. Il en ressort deux conclusions. Oui, Danault avait un pacte de 5 millions $ sur la table et pour plusieurs années.
Selon un informateur près des négociations, Marc Bergevin lui a offert une entente de six ans et 30 millions $. Un autre espion, tout aussi au parfum des pourparlers, a toutefois parlé d’une prolongation de contrat de cinq ans et 25 millions $.
La valeur annuelle de l’entente se chiffre donc à 5 millions $, mais la durée serait de cinq ou six ans.
Stéphane Fiset, l’adjoint à l’agent Don Meehan qui représente Danault, a décliné l’invitation à commenter le dossier.
Après Petry
Dans le clan du Tricolore, on avait bon espoir d’en arriver à une entente avec le numéro 24 au mois de septembre dernier. Au lendemain de la prolongation de contrat de 4 ans et 25 millions $ (6,25 millions $) au défenseur Jeff Petry, Bergevin a cogné à la porte du clan de Danault. Mais il n’y a jamais eu d’entente, même si les deux clans ne se retrouvaient pas à des kilomètres de distance sur les exigences salariales.
Le CH a réglé un autre dossier clé lors de la saison morte en prolongeant l’entente de l’ailier Brendan Gallagher. Le petit numéro 11 a accepté une prolongation de contrat de 6 ans et 39 millions $, soit une moyenne de 6,5 millions $.
Avant de ratifier cette entente, des bruits circulaient à l’effet que le CH et Gallagher avaient frappé un mur dans les négociations. Le lendemain, soit le 14 octobre, le Tricolore publiait un communiqué pour confirmer l’entente. On avait rapidement enterré la hache de guerre.
Il n’est pas impossible qu’un scénario semblable se produise entre Danault et Bergevin. Les deux clans devront toutefois mettre un peu d’eau dans leur vin.
Selon nos informations, il y a encore une volonté d’en arriver à une entente parmi les deux groupes même si on devait retourner à la table des négociations en plein cœur d’une saison.
Le modèle Pageau
Dans le jeu des négociations, il y a toujours des comparables. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que le contrat de Jean-Gabriel Pageau avec les Islanders sert de référence.
Acquis des Sénateurs d’Ottawa le 24 février 2020, soit à la date limite des transactions, Pageau a immédiatement signé une prolongation de contrat de six ans et 30 millions $ (5 millions $ par année) avec les Islanders. À cette époque, Lou Lamoriello a consenti ce contrat à Pageau sans savoir que la pandémie de la Covid-19 était pour paralyser les activités de la LNH et surtout engendrer une chute drastique des revenus.
La réalité financière n’est absolument plus la même aujourd’hui. Bergevin, à l’image des 30 autres et bientôt 31 autres DG de la LNH, devra composer avec un plafond salarial qui restera stable pour les prochaines années. Il pourrait ne pas y avoir d’augmentation au plafond de 81,5 millions $ pour les trois ou quatre prochaines saisons.
Un DG comme Bergevin doit également regarder à long terme. Au sein de son équipe, il devra offrir une nouvelle entente à Jesperi Kotkaniemi à la fin de la prochaine saison et Nick Suzuki passera à la banque après la saison 2021-2022. Jake Evans, le quatrième centre en ce début de saison, a aussi un potentiel intéressant et il ne restera pas éternellement à un salaire de 750 000 $ (jusqu’en 2021-2022).
Bref, la pointe de tarte pour Danault aura ses limites. Le clan de Danault le sait, tout comme celui de Bergevin. Le défi sera maintenant de trouver la bonne grosseur de la tarte. On lance un chiffre : 31 millions $ pour six ans, soit 5,167 millions $. Une petite augmentation à l’offre des 30 millions $ pour six ans, mais rien de drastique.
Danault pourrait devenir joueur autonome sans compensation le 28 juillet prochain.