D’abord retranché, Reggie Stubblefield en a profité pour renouer avec son père
«Quand je suis retourné au Texas, j’avais besoin de passer du temps avec mon père, parler davantage avec lui, améliorer notre relation et ça m’a beaucoup aidé»


Benoît Rioux
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Une expérience de vie. Voilà comment Reggie Stubblefield résume le fait d’avoir été retranché par les Alouettes de Montréal avant le début de la saison, avant de revenir meilleur et transformé.
À 24 ans, bientôt 25, Stubblefield s’accroche à son rêve de vivre du sport professionnel pendant encore plusieurs années. À observer sa façon de jouer contre les Roughriders de la Saskatchewan, vendredi soir, il a toutes les raisons d’y croire. Continuellement, le demi défensif s’est interposé dans une victoire de 41 à 12, par une couverture étanche, pour nuire à l’attaque adverse. Et dire qu’on l’avait renvoyé chez lui au début du mois de juin, au Texas, après le dernier match préparatoire de l’équipe...
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«Quand j’ai été coupé, j’étais vraiment frustré au départ, j’ai senti la colère monter en moi, mais j’ai finalement pris ça comme une expérience de vie, a-t-il commenté dans une entrevue accordée au Journal. J’ai voulu comprendre pourquoi et m’en servir pour voir ce que j’avais à améliorer.»

Au-delà de son jeu sur le terrain, il a aussi profité de l’occasion pour régler certains dossiers dans sa vie personnelle, comme la relation établie avec son père.
«Quand je suis retourné au Texas, j’avais besoin de passer du temps avec mon père, parler davantage avec lui, améliorer notre relation et ça m’a beaucoup aidé, a-t-il confié. Je suis donc allé à Austin pour le visiter et je me suis entraîné vraiment fort, du matin au soir. J’ai fait des poids et couru à l’extérieur.»
Inspiré par LeBron James
Au moment de parler des athlètes qui l’ont toujours inspiré, Stubblefield, un ex-joueur de soccer, parle rapidement de Neymar. De manière plus significative, il glisse par ailleurs le nom du célèbre joueur de basketball LeBron James.
«J’admire le parcours de LeBron James car il a vécu dans une famille monoparentale, comme moi, a indiqué le joueur des Alouettes. Je m’identifie à lui, nos histoires se ressemblent un peu. J’ai été élevé par ma mère Neoma [Humphery], tout en ayant une relation correcte à distance avec mon père, mais je vivais avec maman et mes sœurs.»
S’il ne cache pas avoir vécu un sentiment d’abandon durant son adolescence, Stubblefield accepte mieux son passé. Il apprécie d'autant plus ce qu’il a récemment vécu avec certains membres des Alouettes ayant fait preuve de loyauté, dont l’entraîneur-chef Jason Maas et le directeur exécutif des opérations football, Éric Deslauriers.
«Jason et Éric m’avaient dit qu’ils avaient l’intention de me ramener, si une blessure devait survenir, a détaillé Stubblefield, en revenant sur la douloureuse épreuve d’avoir été retranché. J’apprécie le fait qu’ils ont tenu parole. J’ai reçu d’autres offres de la part de la XFL, de l’USFL et d’autres équipes de la Ligue canadienne de football, dont Winnipeg, mais j’ai décidé de revenir à Montréal dans un milieu qui m’est plus familier, avec des gens que je connais. Je voulais revenir ici, car je suis un Alouette. Je suis heureux ici.»
«Stubbs avait été coupé tardivement alors qu’on l’avait imaginé faire l’équipe, a pour sa part résumé l’entraîneur-chef Jason Maas. Quelqu’un d’autre l’a devancé durant le camp. Il est retourné à la maison, sans céder au découragement et il est fantastique depuis qu’il est de retour [à la fin du mois de juin]. Il a l’équipe à cœur, c’est un gars qui travaille fort et qui maximise ses habiletés.»
Faire ses preuves
Sur le plan du football, Stubblefield entend encore prouver sa valeur au fil des prochaines semaines, que ce soit à l’entraînement ou durant les matchs.
«Au moment de revenir, j’étais heureux, mais j’avais surtout le désir de me prouver et de m’établir comme un meilleur joueur, a-t-il ajouté. J’ai eu le sentiment que je n’aurais jamais dû être coupé, mais je n’avais pas pleinement le contrôle de la situation.»
Présentement, Stubblefield garde le contrôle sur sa façon de jouer et sur sa façon de se préparer. Et pour l’aider, ses idées n’ont jamais été aussi claires. Il aura fait la paix avec deux Reggie à la fois, lui et son père, qui porte le même prénom.