Course au championnat des pilotes de F1: Lando Norris résilient devant Max Verstappen
Le pilote McLaren croit que les jeux sont déjà faits à l’aube de la course à Las Vegas


François-David Rouleau
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LAS VEGAS | Lando Norris peut encore mathématiquement remporter le Championnat du monde des pilotes. C’est sur papier. Car sur la piste, la couronne est quasi déjà autour du cou de Max Verstappen pour une quatrième année de suite. Résilient en débarquant dans la capitale mondiale du jeu, le jeune et talentueux Britannique ne croit plus vraiment en ses chances.
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«Après la course au Brésil, j’ai passé un très difficile moment, car je réalisais pour la première fois que, réellement, c’était quasi impossible de ravir le premier rang, a relaté celui qui a terminé au 6e rang à Interlagos après s’être élancé de la position de tête.
«C’est très difficile de gagner de gros points sur Max, parce qu’il ne connaît pas vraiment de mauvaises courses, a-t-il signalé avec raison. Les choses ne se sont pas déroulées comme nous le souhaitions. Ma véritable bataille pour le titre a été amincie par la plus grande marge de toute cette saison.»

À quelques heures de la course à Las Vegas où il a bouclé parmi les meilleurs chronos aux essais libres, Norris accuse un retard de 62 points sur Verstappen. Même si la Red Bull a roulé en queue de peloton aux essais libres, le pilote de la McLaren sait que son rival peut accomplir n’importe quel exploit.
Trois points ou plus
Il n’y a pas une tonne d’options sur la table pour garder cette course au championnat en vie. En tenant compte du fait qu’il ne reste plus que trois courses au calendrier et 60 points à l’enjeu en quittant le Nevada pour se diriger vers le Qatar et Abou Dhabi, Norris doit devancer son rival par trois points ou plus à Vegas.
Les probabilités jouent donc contre lui, car le Néerlandais a accompli un véritable tour de force en montant sur la plus haute marche du podium au dernier Grand Prix à Interlagos. Dans un bolide capricieux, il compte aussi quatre podiums à ses sept récents départs.

Le pilote de la voiture papaye a appris à accepter son sort depuis deux semaines. Malgré tout, il a le sentiment du devoir accompli.
«Depuis la pause estivale, j’ai fait du bon boulot et j’ai très bien performé. Je crois que ce sont de loin mes meilleures performances.»
Avec raison, car il a amassé 132 points en comptant deux victoires et quatre podiums depuis le retour sur les circuits à la fin août. Verstappen en a cumulé 116.
De la première ligne
«Je ne changerais pas grand-chose à ce qui est survenu, a ajouté Norris. Je dois encore peaufiner certaines choses et m’améliorer, ça, c’est certain.»
En effet, Norris doit entre autres améliorer ses départs. Ayant décroché sept pole positions, il a su en convertir deux en victoires.
Un lent début de saison à propos duquel il estime qu’il «n’était pas au bon niveau» lui a aussi coûté de précieux points et a contribué à creuser le fossé jusqu’à son premier sacre en carrière à Miami.

«Mais pour la première fois de ma carrière, je peux dire avec confiance que je possède ce qu’il faut pour décrocher un championnat, a-t-il affirmé en levant son chapeau à son ami Verstappen. Ça ne veut pas dire pour autant que je suis un pilote complet et parfait.
«J’ai tout donné, mais je n’ai pas assez bien fait. Je dois l’admettre. Max est probablement l’un des meilleurs pilotes de l’histoire de la F1, a-t-il opiné. Peut-être qu’on n’en reverra plus jamais un aussi bon. Me battre contre ce gars que je connais si bien me fait prendre conscience de ce que j’ai accompli.»
Futur rose et papaye
Pour rivaliser avec «Mad Max» l’an prochain, il sait qu’il doit continuer à peser sur l’accélérateur et aligner les bonnes performances comme il l’a fait dans le dernier tiers de la saison.

Dans son for intérieur, le pilote de 25 ans sait maintenant qu’il possède les atouts pour un éventuel sacre mondial. Il connaît sa valeur et dit avoir maintenant «moins à perdre».
À bord d’une monoplace hyper compétitive qui aspire aux grands honneurs chez les constructeurs, Norris croit, «pour la première fois en six saisons en F1», qu’il a la chance de se «battre à la tête du peloton».