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Couper l’électricité aux Américains serait risqué

Il vaudrait mieux développer les échanges entre les provinces, selon un prof de McGill

Photo d’archives
Photo portrait de David Descôteaux

David Descôteaux

2025-03-06T05:00:00Z

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Développer le marché électrique entre les provinces serait beaucoup plus productif que de couper le courant aux Américains. Le risque de voir débarquer des commandos américains ici n’est pas à exclure, selon un expert.

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Le ministre ontarien, Doug Ford, a annoncé mardi que sa province imposerait un supplément de 25% sur l’électricité qu’elle exporte à 1,5 million de foyers au Minnesota, au Michigan et à New York en réponse aux droits de douane de 25% décrétés par l’administration Trump.

Au Québec, le premier ministre François Legault, en janvier, n’a pas exclu de couper l’hydro aux Américains pour répondre à Trump. Chez Hydro-Québec, on nous dit que la société d’État «analyse présentement tous ses contrats».

François Bouffard
François Bouffard Photo LinkedIn

Rappelons qu’Hydro-Québec a conclu des contrats d’exportation qui débuteront bientôt, avec les États du Massachusetts et de New York, pour une quantité totale de près de 20 térawattheures par année. Une autre entente, avec le Vermont, prévoit qu’Hydro-Québec fournira 225 mégawatts à cet État jusqu’en 2038.

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Une bonne idée?

«Au Québec, on exporte surtout dans des États démocrates, alors est-ce que ça a un effet de levier politique autant que si on exportait dans le Tennessee, par exemple?» demande François Bouffard, professeur à l’Université McGill.

Fermer le robinet électrique pourrait susciter une réponse très forte de la part du gouvernement américain.

«Si j’imagine le pire, des commandos américains viendraient ici prendre possession des installations stratégiques d’Hydro-Québec, pour que l’on recommence à exporter l’électricité. C’est évidemment un scénario pessimiste, mais si on écoute la rhétorique du président, je n’enlève pas cet élément-là de la table», dit M. Bouffard.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Faire équipe avec l’Ontario

Le Québec n’est pas en position de force alors que Donald Trump va de l’avant avec ses menaces. Le Québec importe des États-Unis des quantités d’électricité qu’on n’avait pas vues depuis au moins 20 ans à cause du faible niveau de ses réservoirs d’eau.

François Bouffard croit que renforcer le marché est-ouest entre les provinces serait plus pertinent que de jouer les gros bras avec les Américains.

«En ce moment, les flux sont très nord-sud. Est-ce qu’on pourrait se suffire entre nous? Le problème, c’est que les capacités d’interconnexion Québec–Ontario, sans passer par les États-Unis, sont assez faibles», dit-il.

Bref, même nos échanges avec l’Ontario passent en partie par les États-Unis. «C’est pourquoi il faut être très prudent quand on écoute le premier ministre Ford. Le réseau d’hydroélectricité est très intégré et c’est difficile de dire: "On va peser sur un bouton et tout va se régler".»

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