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Donald Trump en train de réaliser que sa guerre commerciale est «complètement stupide»?

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2025-03-05T20:23:15Z

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Malgré l’imposition de tarifs douaniers par les États-Unis, le professeur en économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Frédéric Laurin est d’avis qu’un recul du président américain est plus que probable.

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«C'est tellement une politique qui est stupide, irrationnelle, injustifiée, que même la première fois, il y a un mois, j'avais prédit qu'à la dernière minute qu'il allait peut-être changer d'idée», a expliqué l’expert en entrevue à LCN, mercredi.

Selon ce dernier, l’impact des tarifs douaniers sur l’industrie automobile américaine à elle seule peut faire changer d’idée Donald Trump.

«L'industrie automobile, c'est extrêmement visible pour le président Trump et pour monsieur et madame Tout-le-Monde. Donc là, quand on parle de l'industrie automobile, on voit que la politique, elle est complètement stupide», soutient M. Laurin.

«Mais il y a un paquet d'autres secteurs d'activité qui sont beaucoup moins visibles, avec un impact qui est tout aussi stupide, mais extrêmement important, à la fois pour les Américains, et à la fois pour les Canadiens. Et là, au fur et à mesure que tous ces petits secteurs d'activité vont émerger dans le bureau de monsieur Trump, ils vont encore plus réaliser à quel point c'est une politique qui ne mène absolument à rien», ajoute-t-il.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Plan absurde

Ce dernier estime que la volonté de l’administration Trump de faire déménager les usines canadiennes et mexicaines aux États-Unis d’ici le prochain mois est tout simplement absurde.

«C'est absolument impossible. Il faudrait créer des milliers et des milliers d'emplois aux États-Unis et des capacités de production. C'est absolument impossible», indique le professeur en économie.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Le taux de chômage aux États-Unis, qui oscille autour de 4%, est plutôt bas et même si la pénurie de main-d’œuvre est moins pire qu’au Canada, elle existe également dans plusieurs secteurs de l’économie américaine.

Pour Frédéric Laurin, la capacité de production des États-Unis n’est pas suffisante pour répondre aux attentes de l’administration Trump.

«On ne peut pas décider de produire comme ça à très court terme de très grandes quantités d'acier ou d'aluminium ou de biens manufacturés qui sont extrêmement complexes. Ça prend six à neuf mois pour mettre en marché ce genre de capacité-là», explique l’expert.

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Même à long terme, il y a plusieurs produits pour lesquels il serait insensé de privilégier une production locale américaine, affirme M. Laurin.

«Au Canada, on est proche des ressources naturelles. On est proche du bois. On a une électricité qui coûte moins cher, qui est très fiable. Donc, ça n'a pas de sens de produire de l'aluminium aux États-Unis. Les États-Unis ont signé un traité de libre-échange avec le Mexique et avec le Canada. Donc, depuis 1988, on a pensé le commerce international à cette échelle-là et on a construit des chaînes d'approvisionnement pour essayer d'aller chercher tous les avantages comparatifs qu'on peut avoir en produisant au Canada, aux États-Unis ou au Mexique. Et c'est ça, c'est au bénéfice de tout le monde», argumente-t-il.

Ce dernier ne croit pas que le plan de Donald Trump est réalisable, surtout pas à court terme.

«Il faut comprendre que l'économie, les chaînes d'approvisionnement sont tellement complexes que de se séparer des expertises qu'on a à gauche et à droite, c'est suicidaire», clame M. Laurin.

«Faire de l'acier aux États-Unis, c'est peut-être possible, peut-être à moyen terme. Mais développer des savoir-faire, des expertises très précises dans le domaine technologique, ça, ça prend un entrepreneur qui va penser à faire ça aux États-Unis, qui va prendre plusieurs années à développer ce savoir-faire-là. Ça ne sera pas le lendemain matin. Pendant ce temps-là, les États-Unis vont se fermer de tout le commerce mondial parce que tous les pays au monde vont se fermer aux États-Unis», ajoute-t-il.

Vision erronée

De plus, le discours selon lequel les Américains se font abuser par leurs partenaires économiques est tout à fait faux, selon le professeur en économie.

«Ils dominent. Il ne faut pas oublier aujourd'hui que 70 % de l'économie, ce n'est pas du manufacturier, c'est du service. Au niveau des services, les Américains sont ultra-dominants dans le monde. Ils se font énormément d'argent avec ça. On pense aux GAFA, mais on pense à plein d'autres compagnies dans le domaine de l'informatique et des services. Donc, les Américains sont extrêmement gagnants», indique Frédéric Laurin.

Et si la stratégie de Trump est de faire écrouler l’économie canadienne, un tel scénario est bien incertain, croit l’expert.

«Je ne suis pas sûr qu'il est capable de nous faire tomber, en fait. Parce que les États-Unis dépendent du Canada pour un paquet de choses, en particulier pour l'énergie», mentionne-t-il.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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