Coupe Vanier: l’unité défensive des Carabins brille


Richard Boutin
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La défensive des Carabins de l’Université de Montréal est intraitable depuis le début de la saison et encore plus en éliminatoires, où elle n’a pas accordé un seul touché en trois rencontres.
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Le dernier touché remonte à la cinquième minute du troisième quart du dernier match de la saison régulière face aux Stingers de Concordia. On parle de 190 min 52 s sans laisser l’adversaire atteindre la zone des buts. Une éternité.
«Je ne suis pas un gars de statistiques et je ne m’attarde pas au fait qu’on s’approche des 200 minutes, a souligné le coordonnateur défensif Denis Touchette. Et quand on apporte des changements en fin de match, on ne pense pas à cette séquence. Tous les joueurs donnent le meilleur d’eux-mêmes.»
Touchette dirige-t-il la meilleure défensive de sa carrière? «C’est trop difficile d’évaluer et de comparer, mais c’est certainement une défensive qui est dans les meilleures, a-t-il souligné. C’est une défensive qui se prend en main. Les gars sont affamés et vraiment soudés.»
Malgré la défaite à la Coupe Dunsmore l’an dernier, Touchette a réalisé à ce moment précis qu’il avait un groupe spécial sous la main. «J’ai réalisé à ce moment-là dans le match contre Laval que nous avions un groupe intéressant. Nous avons de très bons joueurs et le système évolue.»
Oui, le système est important, mais Touchette accorde une liberté à ses protégés qu’on ne voit pas partout dans le milieu souvent conservateur du football. «Tout en respectant le système, les joueurs ont de la liberté et ils apprécient beaucoup, a expliqué le vétéran coordonnateur défensif. Parce qu’ils ont un pouvoir décisionnel, ils adhèrent encore plus à ce qu’on leur demande. Ils ont une marge de manœuvre.»
Antoine Pruneau contribue lui aussi aux succès défensifs des Bleus. «J’espère qu’on va continuer de défendre notre zone des buts, a souligné le coordonnateur défensif adjoint et entraîneur des demis défensifs, mais on ne tient rien pour acquis. Nous avons réussi des revirements très opportuns. Je dis aux joueurs que les grands moments nous appartiennent et nous sommes capables de nous en sortir parce qu’ils élèvent leur jeu d’un cran. On profite aussi d’un peu de chance à l’occasion.»
Pruneau a eu une discussion savoureuse avec ses anciens coéquipiers du Rouge et Noir d’Ottawa Jean-Philippe Bolduc et Patrick Lavoie après la victoire à la Coupe Uteck. Anciens porte-couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval, ces derniers estimaient que le quart-arrière des Mustangs n’avait pas connu un grand match. «Je leur ai répondu que les quarts-arrirères jouent moins bien quand ils nous affrontent. J’ai bien ri avec mes chums de Québec autour d’une bière.»
Le coach a évolué
Touchette convient que son approche a évolué au fil des ans. «Au début de ma carrière, je pouvais être très carré, a-t-il reconnu. Ça marchait à ma façon. Avec le temps, j’ai changé. J’ai aussi changé depuis mon retour avec les Carabins il y a trois ans. Il y a une bonne réponse des joueurs qui se sentent bien là-dedans. D’un côté, ils ont du pouvoir dans ce qu’on fait et, de l’autre côté, ça les responsabilise.»
«De nos jours, les joueurs se sentent responsables de leur cheminement et prennent possession de leur avenir, de poursuivre Touchette. Ça amène des changements dans ma façon de travailler et j’apprends des joueurs. Quand on regarde le film le lundi, ça donne des interactions intéressantes.»
Le milieu de l’éducation et la philosophie comme inspirations
Professeur d’éducation physique et directeur au Collège Notre-Dame pendant trois décennies, Touchette dit s’inspirer du milieu de l’éducation. Les joueurs des Carabins ont-ils droit à un Denis Touchette 2.0?
«Ce n’est pas une nouvelle version de moi, mais une évolution normale, a-t-il expliqué. Je suis chanceux d’avoir baigné dans le milieu de l’éducation pendant toutes ces années et d’avoir vu tous les changements chez les jeunes. J’ai aussi toujours été capable de prendre du recul et de remettre en question mes choix.»
Touchette dit aussi s’inspirer de ses lectures, notamment celles du philosophe américain Thomas Nagel. «Je le trouve bon et je lis un peu de philosophie. C’est lui qui a fait évoluer le principe du point de vue de nulle part.»