Coupe Ryder: les Européens tiennent le coup dans une victoire à l’arraché
La dernière journée de compétition à Bethpage a nettement tourné en faveur des Américains, qui sont arrivés à court de deux points


François-David Rouleau
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FARMINGDALE, N.-Y. | Il y avait une petite odeur de Medinah ou du Super Bowl qui flottait dans l’air du Black Course de Bethpage, dimanche après-midi. Deux des remontées parmi les plus historiques du golf et du football. Malgré une remontée tardive, ce ne fut pas suffisant pour que les Américains imitent les Européens lors de la Coupe Ryder de 2012 et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en 2017.
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Un peu plus respectueuse que la veille malgré des insultes et des grivoiseries nombreuses, les spectateurs ont participé à ce retour en force de leurs favoris.
Après avoir dominé les quatre séances de jeu en équipe, les Européens se sont écrasés dans les duels en simple. N’empêche, par la peau des fesses et en suant à grosses gouttes, ils ont remporté le prestigieux petit trophée doré grâce à un score serré de 15 à 13.
Il s’agit tout de même d’un exploit, car la formation de Luke Donald est devenue la quatrième à gagner en sol américain depuis 30 ans.

Plus grande réalisation
Shane Lowry a d’abord mis fin au suspense en encaissant le demi-point nécessaire à l’Europe, championne en titre, pour conserver la coupe en portant le score à 14 points.
«Dans l’allée du 18e, je disais à mon cadet que j’avais la chance de réaliser l’exploit de ma carrière, a exprimé, en liesse, Lowry. Gagner l’Omnium britannique chez moi en Irlande était un rêve devenu réalité. Mais la Coupe Ryder représente tout pour moi.
«De gagner sur le vert du 18e devant tout le monde, dans un environnement si difficile, ça dépasse tout. Je ne peux pas croire que ce roulé est tombé dans la coupe.»


Quelques minutes plus tard, Tyrrell Hatton a assuré la victoire des siens au 18e, grâce à son demi-point décisif dans un verdict nul.

Changement de cap
À un certain moment de l’après-midi, le bleu dominait sur les tableaux tandis que l’Europe était en contrôle de neuf des 11 matchs à l’affiche. Puis le vent a cessé de souffler dans leurs voiles.
Il a finalement tourné dans celles des Américains vers 16h, alors qu’ils avaient été dominés depuis vendredi matin. Depuis la nouvelle mouture des 28 points à l’enjeu instaurée en 1979, la dernière équipe à avoir orchestré une remontée victorieuse au dernier jour était celle de l’Europe en 2012.
Dans le «Miracle de Medinah», en Illinois, les Américains s’étaient écrasés en flammes dans une spectaculaire remontée des Euros. Ceux-ci avaient gagné la séance en marquant 8,5 points afin de remporter la coupe.

Comme les Pats
Dans son discours de ralliement de samedi soir, le capitaine Keegan Bradley avait rappelé la remontée tardive des Patriots pour raviver la flamme de ses hommes. La bande de Tom Brady avait alors marqué 25 points sans riposte avec 17 minutes au cadran, remportant ensuite le match en prolongation face aux Falcons d’Atlanta.

Dimanche après-midi, sur le Black Course, ses gros canons ont enfin répondu. Justin Thomas, Scottie Scheffler, Xander Schauffele et Cameron Young ont remporté leurs duels respectifs. Lessivés, ceux de Luke Donald sont tombés au neutre alors qu’ils avaient la chance de leur infliger la pire raclée de l’histoire.
Ni Jon Rahm, ni l’irréductible Tommy Fleetwood, ni Justin Rose n’ont gagné leur face-à-face. L’unique point entier est venu du Suédois Ludvig Aberg.
Stress et émotions
«C’étaient les 12 heures les plus stressantes de ma vie, a admis Donald, qui est devenu le second capitaine de l’équipe européenne à défendre la coupe avec succès. Il a succédé au grand Tony Jacklin.

«Chapeau aux Américains et au capitaine Bradley. Je savais que ce serait tout un combat, mais pas à ce point. Ils se sont battus avec ardeur. J’ai un grand respect.»
Parmi les faits saillants importants, DeChambeau a effacé un retard de cinq trous accumulés au septième fanion afin d’arracher un verdict nul à Matt Fitzpatrick.
«J’ai tout mis ce que j’avais pour l’équipe. Comme mon père me disait, il faut toujours continuer à nager et ne jamais lâcher. C’est ce que j’ai fait, a expliqué celui qui a perdu son paternel en novembre 2022. J’ai mis mon cœur et mon âme dans ce tournoi. Je suis fier de la façon dont on s’est battu.»

Cette défaite fera mal encore deux ans. Le tournoi aura lieu à Adare Manor, en Irlande, en 2027.