Coupe du monde: le héros du Canada n'était pas content
Cyle Larin aurait voulu faire partie du onze partant. Maintenant, il fait plutôt partie de l'Histoire.


Jessica Lapinski
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TORONTO | Porte-étendard du soccer au Canada pendant de nombreuses années, le vétéran Cyle Larin n’était pas heureux de ne pas avoir été choisi pour amorcer sur le terrain la rencontre historique de son pays à la Coupe du monde.
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Le sélectionneur Jesse Marsch a eu besoin de lui parler avant le début du match contre la Bosnie-Herzégovine, vendredi, pour lui expliquer sa décision de titulariser Michael Oluwaseyi à sa place.
Et clairement, l’entraîneur avait vu juste. Parce qu’il s’est produit pas mal exactement ce que l’ancien pilote du CF Montréal avait prévu.
« Il n’était pas content. On a eu une brève conversation, a raconté Marsch, en conférence de presse. Mais je lui ai dit : « Écoute, tu as un impact dans chaque match à Southampton, que tu les aies amorcés ou que tu sois rentré plus tard. Et c’est ce qu’il a fait. »
Larin, 31 ans et originaire de Brampton, en Ontario, n’a même pas fait partie de la première vague de substitutions canadienne. Il est entré dans le match à la 76e minute. C’était alors 1 à 0 pour les Bosniens.
Deux minutes plus tard, c’était 1 à 1, grâce à sa jolie volée devant le but. Et 18 minutes plus tard, le Canada récoltait le premier point de son histoire à la Coupe du monde.
« Je voulais qu’il se place devant le but et qu’il ait des chances de marquer, a aussi expliqué Marsch, clairement heureux du dénouement de sa décision. C’est aussi ce qu’il a fait, immédiatement. »
Il prenait le blâme
Le sélectionneur était donc heureux du choix de ses substituts, ainsi que de leur performance. Mais il prenait une partie du blâme pour le début de match plutôt tranquille qu’ont connu les Canadiens.
« Je dois m’assurer qu’on soit prêt dès le départ, à notre prochaine rencontre, à montrer de la confiance », a-t-il soulevé.
« J’ai l’impression que je n’en ai pas fait assez, mais la réponse que j’ai obtenue en deuxième période, wow ! » a ajouté Marsch.
C’est « différent »
Le Canada était-il impressionné par cette marée rouge dans le stade de Toronto, qui avec ses 17 000 sièges temporaires ajoutés, paraissait d’ailleurs encore plus grand qu’à l’habitude, même pour l’œil de l’entraîneur ? Un stade qu’il a d’ailleurs appelé le « BMO Field », son nom quand le Toronto FC y joue, avant de s’excuser en riant à un relationniste de Soccer Canada.
À la Coupe du monde, les stades n’ont pas de commanditaire.
« On en parlait beaucoup, a précisé Marsch au sujet de l’ambiance et de l’importance du moment. On le savait. Mais une Coupe du monde à la maison, c’est différent. »
Le sélectionneur a rappelé que même les plus grandes équipes en arrachent parfois à leur première rencontre au Mondial, quel que soit l’endroit. Il y a quatre ans, l’Argentine avait perdu sa partie initiale, contre l’Arabie saoudite.
Un mois plus tard, elle était sacrée championne.