Coupe des Présidents: le Royal Montréal en 6 observations
Le parcours est l’hôte du prestigieux tournoi pour la deuxième fois de son histoire


François-David Rouleau
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Une nouvelle visite du circuit de la PGA et de ses nouvelles vedettes signifie de nouveaux aménagements. Même si le parcours Bleu du Royal Montréal se veut un joyau à travers le Québec, l’Amérique et la planète, l’œuvre datant de 1959 a encore été polie afin de s’adapter aux enjeux de l’industrie du golf depuis des années.
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Le principe golfique prétend que les meilleurs parcours résistent au test du temps. L’Old Course de St Andrews, en Écosse, en est la preuve. Mais il a su s’adapter au fil des décennies afin de préserver son style et sa philosophie de jeu.
Le Royal Montréal a fait pareil alors que, 45 ans après sa construction, il s’était refait une beauté avant la tenue de la Coupe des Présidents en 2007. L’architecte Rees Jones, fils du réputé Robert Trent Jones, avait retouché l’œuvre que Dick Wilson avait créée à L’Île-Bizard. Il y avait alors ajouté 300 verges, refait tous les verts, la majorité des tertres et redessiné les fosses en conservant l’esprit d’origine.

Force est d’admettre qu’avec les percées technologiques des équipementiers et le développement constant de la puissance des joueurs, le «Blue Course» a encore dû s’adapter. Mais ce n’est pas passé par des rénovations majeures. Cette fois, le PGA Tour a ajouté environ 150 verges au parcours en construisant de nouveaux tertres à des endroits stratégiques. Il a rénové les fosses et redessiné les contours des allées en les rendant plus étroites. Il a également modifié la flore.
Pour tous les types
Toutes les habiletés des golfeurs sont mises à l’épreuve sur un tracé classique à l’aller et jonché d’obstacles d’eau sur le retour au pavillon. L’eau est en jeu sur six des neuf derniers trous.

Les longs cogneurs sauront utiliser leur puissance aux bons endroits, mais ils devront surtout être précis et minutieux à l’approche des fanions. Car les verts peuvent être complexes à plusieurs endroits.
«C’est un parcours très exigeant. Il y a plusieurs longs trous et il faut user de délicatesse durant toute la ronde, a noté le Canadien Corey Conners, membre de l’équipe internationale. Il faut placer la balle dans les allées. C’est très important, puisque l’herbe longue peut être pénalisante. C’est un bon défi.»
En effet, l’herbe longue est épaisse et fournie autour du parcours afin d’embêter les Américains.
Le capitaine de la formation internationale, Mike Weir, a souvent joué sur ce tracé depuis les années 90. Il le classe parmi les grands parcours puisque plusieurs types de golfeurs peuvent s’y démarquer.

«Le Royal Montréal peut avantager tant les plus puissants que les plus modestes golfeurs. La liste des vainqueurs ici en témoigne. C’est le signe d’un parcours renommé.»
Outre les deux éditions de la Coupe des Présidents, le «Blue Course» a accueilli cinq fois l’Omnium canadien, la dernière en 2014.
Royal Montréal

Fondation en 1873.
Plus vieux club de golf en Amérique du Nord.
Reçoit la distinction royale en 1884 par la reine Victoria.
Parcours Bleu

Construction: 1959
Rénovation: 2004
Normale: 70
Aller: 3629 verges
Retour: 3650 verges
Total: 7279 verges

1: Par 4 –» 449 verges
2: Par 4 –» 385 verges
3: Par 4 –» 485 verges
4: Par 4 –» 501 verges
5: Par 3 –» 227 verges
6: Par 5 –» 567 verges
7: Par 3 –» 153 verges
8: Par 4 –» 425 verges
9: Par 4 –» 437 verges
10: Par 4 –» 460 verges
11: Par 4 –» 483 verges
12: Par 5 –» 560 verges
13: Par 3 –» 224 verges
14: Par 4 –» 400 verges
15: Par 4 –» 448 verges
16: Par 4 –» 458 verges
17: Par 3 –» 157 verges
18: Par 4 –» 466 verges
Hôte de grands championnats
Omniums canadiens au Royal Montréal: 1904, 1908, 1913, 1926, 1950, 1975, 1980, 1997, 2001, 2014
Coupe des Présidents: 2007 et 2024
(En caractère gras, tournois sur le parcours Bleu.)
Massif amphithéâtre au 1er

À chaque édition depuis une dizaine d’années, le premier tertre de départ devient de plus en plus imposant. En plein centre d’un «amphithéâtre» pouvant rassembler près de 3000 spectateurs entassés dans les gradins et les loges VIP où l’atmosphère est électrique, les golfeurs sont souvent confrontés à une bonne dose de nervosité à leur premier coup. Au Royal Montréal, les organisateurs ont dû faire preuve d’ingéniosité et de persuasion. Avec un espace limité entre le pavillon principal et le tertre, ils ont «diminué» la dimension de l’infrastructure. Et ils ont convaincu leurs hôtes d’empiéter sur l’immaculé vert de pratique à proximité.
À l’attaque: 6e et 7e trous


Après un enchaînement de normales 4 vient l’unique normale 5 de l’aller. Les plus puissants cogneurs sauront attaquer le drapeau dès leur deuxième coup afin de prendre l’ascendant sur leurs adversaires dans un excellent test de précision. Le vert est disposé perpendiculairement à l’allée en plus d’être protégé par quatre fosses.
En 2007, lors du duel en simple entre Tiger Woods et Mike Weir, le Canadien y avait déjà pris une avance de 3 trous.
Au drapeau suivant, la courte normale 3 exigera aussi beaucoup de précision pour réussir l’oiselet sur une surface étroite et protégée par de profondes fosses. Une approche manquée nécessitera beaucoup de délicatesse.
Toujours plus loin, le tertre du 11e

Augmentée à 476 verges lors des rénovations de 2004, cette longue normale a dû encore s’adapter au temps... Les organisateurs ont donc bâti un tout nouveau tertre en amenant l’objectif à près de 500 verges selon la position des jalons. Les fosses situées de chaque côté de l’allée exigent une bonne stratégie et de la précision pour l’attaque au fanion. Et mieux vaut ne pas trop s’éloigner du drapeau sur une surface vallonnée. C’est d’ailleurs au 11e, en 2007, que Woods a amorcé sa remontée sur Weir en duel.
Festival des longues claques au 12e

En tendant l’oreille, les amateurs pourront entendre des balles hurler! Car les longs cogneurs pourront s’en donner à cœur joie. Et les plus téméraires d’entre eux qui opteront pour une ligne plus audacieuse pourraient s’en voir récompensés s’ils ne délaissent pas la précision. À environ 310 verges, ils profiteront d’une allée en descente afin de gagner de précieuses verges et attaquer ensuite le fanion avec un fer plus court. Le vert est incliné de l’arrière à l’avant.
Plusieurs options entre 300 et 400 verges au 14e

Cette courte normale 4 dont l’allée est bordée par un obstacle d’eau à sa gauche sera aussi le théâtre d’un spectacle intéressant. La stratégie dépendra de la position des jalons. Pour cette édition, un nouveau tertre a été construit afin de gagner plus de 30 verges et pousser la distance maximale à 400 verges. Mais, la configuration gérée par l’équipe internationale pourrait la réduire jusqu’à 300 verges. Reste maintenant à savoir si les plus longs cogneurs oseront atteindre le vert depuis les tertres ou bien s’ils préféreront placer la balle en lieu sûr et attaquer le fanion sur un vert étroit et protégé par l’eau afin de s’assurer un oiselet.
Tout va se décider autour de l’étang

En formule partie par trou, la majorité de l’action se déroule du 15e au 17e, alors que 50% des matchs s’y jouent dans l’histoire du tournoi. Au Royal Montréal, l’enchaînement de ces fanions est naturellement adapté tandis qu’un vaste obstacle d’eau sépare les difficiles normales 4 des 15e et 16e trous. Stratégie et précision tant depuis les tertres qu’à l’attaque des fanions sont de mises. Les verts surélevés peuvent aussi tromper l’œil.
Pour les duels qui se rendront jusqu’au bout, l’eau est aussi en jeu sur les 17e et 18e.