Contraint de vivre dans une maison abandonnée à cause de la crise du logement

Maude Larin-Kieran
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Après avoir été évincé de son logement de Montréal en 2021, Dominique Audet peine à se trouver un endroit décent où habiter. Depuis près d’un an, il réside dans une maison abandonnée il y a 10 ans à Saint-Mathias-rur-Richelieu, son dernier recours avant la rue. Il lance un cri du cœur au gouvernement.
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«Moi, ça va me faire plaisir de le rencontrer, François Legault. On va se tasser sur mon divan, puis on va discuter de tout ça, de la crise du logement. Pis moi je vais lui demander: “Est-ce que vous aimeriez être à ma place?”»

Après sept ans dans le même logement, Dominique s’est fait évincer pour rénovation à Montréal en 2021.
Une connaissance lui a proposé un logement à Rougemont, qu’il a accepté. Mais un peu plus d’un an plus tard, il s’est à nouveau vu dans l’obligation de quitter l’endroit.
La même propriétaire lui a alors offert de vivre dans l’ancienne maison de son frère, qui était inhabitée depuis le décès de ce dernier il y a 10 ans, pour 400$ par mois. N’ayant pas de meilleure solution, il a accepté d’habiter dans la propriété en piètre état.

«L’eau chaude ne marche pas, les cailles électriques, il n’y en a pas, il n’y a pas de poêle à bois. Je me ramasse dans une place avec les fenêtres du sous-sol toutes arrachées, la vermine qui rentre, des infiltrations d’eau», a détaillé l’homme de 46 ans.
Avec le temps, il a réussi à faire fonctionner le chauffage et l’eau chaude, mais ne boit pas l’eau du robinet. La moisissure, les infiltrations et la vermine persistent également.

«Je suis comme dans un zoo. J’ai des marmottes, des ratons laveurs, des moufettes, des écureuils, des souris et des rats», a ajouté Dominique Audet, pour qui l’hiver a été très difficile, puisque la maison n’est presque pas isolée.
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Trouver un logement en région
Dominique Audet a affirmé que son déménagement dans une autre région a nui à son positionnement sur la liste d’attente pour obtenir une habitation à loyer modique (HLM), à laquelle il était inscrit depuis 2020. Le processus est «à recommencer à zéro», a-t-il dit, alors qu’il était rendu 573e sur la liste.
«Ils ne vont pas vous suggérer de faire votre demande parce qu’il n’y en a tellement pas [de logement], a-t-il avancé. J’ai un toit, donc ils m’ont dit que j’allais attendre toute ma vie. Mais ce n’est pas dans 15 ans que j’ai besoin d’un logement, c’est maintenant.»
Dominique Audet, qui reçoit l’aide d’un intervenant en itinérance, pourrait avoir droit au Programme de supplément au loyer. Cela lui permettrait de trouver un logement privé et d’obtenir de l’aide pour payer son loyer.

Il doit toutefois trouver un propriétaire qui accepte de participer au programme, ce qui pourrait s’avérer difficile, selon lui.
«Je me sens pris ici, j’ai les deux mains liées», a indiqué l’ancien concierge.
Cri du cœur au gouvernement
Dominique a affirmé vivre énormément d’anxiété depuis la pandémie. La crise du logement n’aura pas aidé le résident de Saint-Mathias-sur-Richelieu, qui a développé des idées noires.
«J’ai la gorge et les yeux qui piquent»: son état physique s’est également dégradé depuis qu’il habite la maison «remplie de moisissure».

Pour lui, l’inaction du gouvernement contribue à aggraver la crise du logement.
«Qu’il fasse quelque chose de concret. De construire des logements parce que les gens en ont besoin, oui, mais ce n’est pas assez. Les gens ont besoin des logements pour demain, pour l’année prochaine. Dans 10 ans, ce sera trop tard», a mentionné Dominique Audet.
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