«On le fait pour pouvoir économiser»: ils retournent vivre chez leurs parents pour un jour devenir propriétaires

Amanda Moisan
Partager
Un couple de Lanaudière, deux vingtenaires de 24 et 26 ans, a quitté son appartement pour retourner vivre chez la mère du jeune homme afin de mettre de l’argent de côté. Malgré l'emploi à temps plein de ceux-ci, l’inflation les empêche de devenir propriétaires.
«Ce n’est pas parce que ça nous tentait de retourner chez nos parents. Quand tu as vécu seul avec ta blonde, ce n’est pas ce qui te tente le plus. Mais quand on pense à l’avenir, c’est peut-être mieux pour nous. On le fait pour pouvoir économiser et éventuellement acheter une maison», soutien Anthony Morin, qui est charpentier-menuisier.
Sa copine, Océanne Bourret, et lui ont quitté leur 4 1⁄2 de Saint-Ambroise-de-Kildare, où ils ont habité un an, dans les derniers jours pour aller vivre chez la mère d’Anthony. Cette dernière habite à Joliette, soit à quelques kilomètres de leur ancien logement.

Ils affirment que le prix des loyers et le coût de la vie en général ont été deux éléments majeurs dans leur décision.
«C’est 1200$ et plus, avec la nourriture, qu’on pourrait mettre de côté [chaque mois]. Ma mère veut qu’on réussisse, elle ne nous fait pas payer l’épicerie et Hydro. On est extrêmement chanceux, mais en même temps, ça nous permet de sauver beaucoup d’argent», ajoute le jeune homme de 24 ans.
C’est d’ailleurs la mère d’Anthony qui leur a proposé de cohabiter dans sa maison.
«Je n’avais pas d’argent à leur prêter. Moi, la façon de les aider, c’est de les accueillir chez nous. Ma seule condition c’était qu’ils mettent l’argent de l’appartement de côté», affirme Sandra Allard.
- Écoutez le segment économique d'Yves Daoust via QUB :
Prêts à être patients
Anthony et Océanne comptent y rester «le temps qu’il faudra», mentionnent-ils.
«On se disait un an, mais ça peut aller à deux ans. Ça dépend aussi du prix des maisons, des taux d’intérêt, de la mise de fonds et tout ce qui vient avec. Plus on est capables de rester, mieux c’est», lance Océanne, qui travaille comme agente logistique et transport.
Le couple se dit aujourd’hui reconnaissant de pouvoir compter sur leur famille et de planifier leur avenir sans pression financière.
«Oui, c’est un sacrifice, mais on est chanceux. Il y en a qui n’ont pas de parents ou de famille qui peuvent les prendre en attendant. Il y en a qui sont obligés de payer des loyers», reconnaît la jeune femme de 26 ans.
«Ce n’est pas juste l’appartement, c’est le prix des autos, le gaz. Au bout de la ligne, ça rentre tout en ligne de compte. Je me demande comment les autres font pour arriver, ceux qui sont seuls avec un salaire moyen, ce n’est pas facile. On est deux, on fait un excellent salaire. Pas qu’on n’arrive pas, mais il faut aller chez nos parents si on veut économiser pour une maison», renchérit Anthony.