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Congédiement, suspension, textos: on vous résume la crise au PLQ

Photo Geneviève Lajoie
Photo portrait de Genevieve            Abran

Genevieve Abran

2025-11-19T17:07:49Z
2025-11-20T13:59:11Z

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Ça brasse au Parti libéral du Québec cette semaine. Après un congédiement surprise et la suspension de la cheffe parlementaire Marwah Rizqy, des textos révélés par le Journal laissent sous-entendre que des individus auraient été payés pour voter pour l’élection de Pablo Rodriguez en tant que chef du parti. On vous résume la saga.

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Marwah Rizqy renvoie sa cheffe de cabinet

Mardi, on apprend que Marwah Rizqy, qui est à ce moment cheffe de l’opposition officielle, a congédié sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse.

Un différend dont on ne connait pas l’origine serait survenu entre les deux femmes vers la fin de la semaine dernière. La lettre que la députée a remise à sa cheffe de cabinet ferait état d’une «faute grave».

La députée de Saint-Laurent n’avait pas informé le chef Pablo Rodriguez de sa décision de congédier Geneviève Hinse, qui a été remplacée par Isabelle Lord.

Il faut savoir que Geneviève Hinse est une proche de Pablo Rodriguez puisqu’elle a travaillé avec lui lorsqu’il était député fédéral.

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Au moment de la nomination de Pablo Rodriguez à la tête du parti, Geneviève Hinse avait été nommée directrice du cabinet de la cheffe parlementaire Marwah Rizqy, comme le nouveau venu n’est pas un élu.

Rodriguez suspend Rizqy du caucus

Peu de temps après que la nouvelle soit sortie, mardi, Pablo Rodriguez annonce qu’il suspend de son caucus celle qui donnait jusqu’alors la réplique à François Legault à l’Assemblée nationale. Elle est remplacée par le député de Pontiac André Fortin.

Pablo Rodriguez
Pablo Rodriguez Capture d'écran TVA Nouvelles

«Ça a été une surprise totale pour moi, pour les membres du caucus également», a-t-il expliqué mardi, visiblement ébranlé, en évoquant un «bris de confiance».

Pablo Rodriguez dit ne pas savoir ce qui a mené au congédiement de sa collaboratrice de longue date.

«[Geneviève Hinse] est une personne d’une grande intégrité en qui j’ai toujours eu confiance et en qui j’ai encore confiance», a martelé Pablo Rodriguez lors d'un point de presse, mercredi, au sujet de sa collaboratrice de longue date.

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«Il n’y a que Madame Rizqy qui le sait et un jour il va falloir qu’elle le dise», a dit Pablo Rodriguez au sujet du congédiement de Geneviève Hinse.

Marwah Rizqy se serait pointée au bureau de Pablo Rodriguez en présence de son avocat pour lui annoncer la nouvelle. Elle dit avoir voulu «protéger» son chef en ne divulguant pas les raisons de l’expulsion de sa directrice de cabinet.

Des textos refont surface

Mercredi, le Bureau d’enquête de Québecor a révélé qu’Élections Québec avait mis la main sur des textos laissant entendre que les membres du PLQ qui avaient appuyé Pablo Rodriguez durant sa course à la direction du parti auraient été récompensés avec de l’argent.

Ces découvertes ont été faites dans le cadre d’une investigation déclenchée à la suite d’une plainte au Directeur général des élections en lien avec la course à la direction du parti.

Les textos sont ceux de deux personnes qui auraient travaillé activement à l’élection de Pablo Rodriguez, au printemps dernier.

Il est notamment question de cartes de membre et d’argent dépensé pour que les gens votent en faveur de l’ex-député fédéral.

Rien n’indique jusqu’à présent que des infractions à la loi ont été commises.

Rodriguez déclenche une enquête externe

À la suite de ces révélations, Pablo Rodriguez annonce qu’il lance une enquête externe à ce sujet.

«Les allégations publiées aujourd’hui sont graves. Parce que nous prenons cette situation extrêmement au sérieux et que nous voulons faire toute la lumière, j’ai demandé au président du Parti libéral du Québec de mandater une firme externe et entièrement indépendante afin de mener une enquête complète, analyser l’ensemble des faits et établir clairement les conclusions qui s’imposent», a-t-il indiqué dans une déclaration envoyée par son équipe de communications.

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Deux députées nient leur implication

Mercredi matin, sur les ondes du 98.5 FM, les noms de la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier et celui de la députée caquiste Alice Abou-Khalil ont été identifiées comme étant les autrices des textos, ce qu’elles nient toutes les deux.

«Je veux être claire: je n'ai absolument rien à voir avec cette histoire. Les textos dévoilés dans l’article du Journal de Montréal ne viennent pas de moi. Je ne suis pas la personne impliquée dans cet échange», a déclaré l’élue caquiste de Fabre, sur Facebook.

Dans les derniers jours, Alice Abou-Khalil a aussi rejeté une rumeur selon laquelle elle considérait de passer du côté du PLQ.

Sona Lakhoyan Olivier a, elle aussi, réagi. «Ce matin, mon nom a été évoqué dans le cadre d’allégations circulant au sujet d’échanges textuels. Je tiens à être absolument claire: je nie catégoriquement être la personne impliquée dans ces échanges, qui peuvent avoir été falsifiés en tout ou en partie et dont l’authenticité n’a jamais été démontrée par aucune source indépendante», a déclaré la députée libérale de Chomedey.

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Le parti était au courant

Le parti avait été informé au printemps dernier d’allégations jugées «vagues» selon lesquelles des membres auraient reçu de l’argent pour voter pour Pablo Rodriguez à la chefferie, a révélé le président du PLQ, Rafael P. Ferraro, en mêlée de presse, mercredi après-midi. M. Ferraro a pourtant attendu à mercredi matin avant de déclencher une enquête externe.

Il était accompagné du chef libéral Pablo Rodriguez, qui a insisté à de nombreuses reprises qu’il n’avait «absolument rien à cacher».

«À aucun moment je vais permettre qu’on remettre en question l’intégrité de mon parti. Je ne laisserai jamais personne remettre en doute mon intégrité», a-t-il dit.

Pablo Rodriguez s’est interrogé sur l’authenticité des textos partagés par le Journal mercredi matin. Il affirme n’avoir jamais été au courant de quelconque tentative de falsifier les résultats de l’élection à la chefferie.

Le président du parti affirme quant à lui avoir lu les textos pour la première fois mardi, en fin de soirée, lorsqu’il a été contacté par le Bureau d’enquête.

Rodriguez a aussi défendu la député libérale Sona Lakhoyan Olivier, qui est identifiée par le 98.5 FM comme étant l’une des deux autrices des textos.

Rizqy mise en demeure

Mercredi, Marwah Rizqy est mise en demeure par son ex-cheffe de cabinet Geneviève Hinse. Cette dernière demande à connaître les raisons qui ont mené à son congédiement.

«En contravention à la coutume constitutionnelle qui réservait au chef de parti cette prérogative, vous avez cavalièrement prétendu congédier madame Hinse de son poste de cheffe de cabinet, notamment pour faute grave et rupture du lien de confiance. Vous ne lui avez pas explicité votre décision, pas plus qu’aux instances du parti, à qui vous avez prétexté la confidentialité de vos motifs, alors que vous n’en aviez aucun», plaide l’avocat Jacques Jeansonne dans une mise en demeure envoyée mercredi.

Marwah Rizqy a 24 heures pour dire publiquement qu’elle n’avait aucun motif pour la congédier, sans quoi Geneviève Hinse poursuivra la députée.

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