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Confrontation des 4 nations: nos cinq matchs d'anthologie entre le Canada et les États-Unis qui ont mené à l'affrontement attendu de samedi

Sidney Crosby célèbre avec Scott Niedermayer et Drew Doughty son but en prolongation aux Jeux olympiques de 2010. Quinze plus tard, ce filet marque encore l'imaginaire.
Sidney Crosby célèbre avec Scott Niedermayer et Drew Doughty son but en prolongation aux Jeux olympiques de 2010. Quinze plus tard, ce filet marque encore l'imaginaire. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2025-02-15T05:00:00Z

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Chez les hommes comme chez les femmes, ainsi que chez les joueurs d’âge junior, la rivalité entre le Canada et les États-Unis a fait vivre toute une gamme d’émotions aux amateurs de hockey des deux pays depuis trois décennies. Alors que leur rencontre de samedi soir à la Confrontation des 4 nations est attendue comme rarement un match de hockey a été attendu au Centre Bell depuis quelques années, Le Journal vous dresse son palmarès des plus grands duels de l’ère moderne entre les deux pays.

• À lire aussi: Les 5 confrontations à surveiller pour le choc Canada-États-Unis

5. 2010: la naissance de la légende Marie-Philip Poulin

Marie-Philip Poulin n’a que 18 ans quand elle endosse pour la première fois le chandail du Canada pour un tournoi olympique. Dans un sport qui gagne encore à être connu, elle est loin de détenir son actuelle notoriété. 

En fait, à l’époque – et même après l’issue de ce match entre le Canada et les États-Unis –, l’avenir du hockey féminin aux Jeux olympiques ne semble en rien assuré. Jacques Rogge, le président du Comité olympique international en 2010, affirme que ce sport perdra sa place aux Jeux si la qualité de la compétition «ne s’améliore pas».

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Mais bref, Poulin n’a que 18 ans et elle est entourée de légendes du hockey féminin, dont certaines sont en quête d’une troisième médaille d’or consécutive. Et c’est elle, qui est à peine majeure, qui contribuera fortement à la leur offrir, avec ses deux buts en finale contre les États-Unis, dans un gain de 2 à 0. 

Un peu plus tard, les joueuses canadiennes sèmeront la controverse en retournant sur la glace du Rogers Arena de Vancouver, cigares et canettes de bière à la main.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

N’en déplaise à leurs dénigreurs de l’époque, ces festivités demeureront bien anecdotiques face à la légende Marie-Philip Poulin qui venait de naître. Quinze ans plus tard, elle est toujours bien vivante, et elle a inspiré des milliers de jeunes joueuse à chausser les patins à leur tour. 

4. 2010: la fin d'une dynastie 

Photo d'archives, Reuters
Photo d'archives, Reuters

Le Canada est en quête d’une sixième médaille d’or de suite quand il affronte les États-Unis en finale du Championnat du monde de hockey junior de 2010.

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Trois ans plus tôt, les deux équipes se sont livré un duel d’anthologie en demi-finale, un match que les fans se rappellent encore aujourd’hui en raison des trois (!) buts en fusillade de Jonathan Toews, ainsi que du brio de Carey Price, auteur de 34 arrêts en 35 tirs. 

La finale est donc attendue avec grand intérêt. Mais les choses ne se passent pas comme souhaité pour le Canada. Les Américains sont en avance 5 à 3 et il ne reste que trois minutes à faire à la partie.

C’est à ce moment que se lève un Jordan Eberle qui avait déjà joué les héros l’année précédente, contre la Suède. L’attaquant inscrit deux buts en 1 min 14 s, créant l’égalité et forçant la tenue de la prolongation.

Le Canada semble donc avoir le vent dans les voiles quand s’amorce la période supplémentaire, d’autant plus que le match est disputé devant une foule dédiée à sa cause, à Saskatoon. 

Mais John Carlson, avec son deuxième de la finale, inscrit à 4 min 31 s, porte le coup de grâce aux Canadiens. Il n’y aura pas de sixième médaille d’or consécutive, qui serait devenue le record du tournoi. 

Les Américains, de leur côté, mettent fin à une disette de cinq ans.

3. 2002: La délivrance après 50 ans et un doublé

Photo d'archives, Reuters
Photo d'archives, Reuters

Chez les hommes, le pays du hockey n’avait plus enfilé l’or olympique autour de son cou depuis 50 ans quand Mario
Lemieux, Martin Brodeur et leurs coéquipiers ont sauté sur la glace pour affronter les États-Unis, à Salt Lake City. 

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La veille, les femmes avaient écrit l’histoire en grimpant sur la première marche du podium, aussi après avoir battu les Américaines. La breloque dorée qui pendait au bout du ruban, elles allaient la défendre durant les trois JO suivants. La pression était maintenant sur les épaules de l’équipe de rêve de Lemieux et compagnie. 

Il fallait remonter aux Jeux de Helsinki, en 1952, pour voir le Canada sur la plus haute marche du podium.

Il faut dire que jusqu’en 1998, les professionnels étaient exclus du tournoi olympique. Et quatre ans plus tôt, une équipe canadienne qui avait pourtant de quoi faire rêver s’était retrouvée au pied du podium, après s’être butée à un Dominik Hasek au sommet de son art, en demi-finale, puis à la Finlande en finale pour le bronze. 

Les Américains, eux, espéraient revivre l’euphorie du « Miracle sur glace » de 1980. L’affiche était donc alléchante. Si bien qu’à l’époque, ce match a établi le record de cotes d’écoute pour une épreuve aux Jeux olympiques d’hiver.

Peu de suspense, mais une place dans la postérité

Pour ce qui est du match, il n’a pas donné droit au même suspense que bien d’autres rencontres au sommet entre le Canada et les États-Unis. Des buts de Paul Kariya et de Jarome Iginla ont permis aux Canadiens de revenir de l’arrière en première, après que Tony Amonte a ouvert la marque pour les Américains.

Photo d'archives, Reuters
Photo d'archives, Reuters

Brian Rafalski a ensuite nivelé le pointage en deuxième, mais Joe Sakic – avec deux buts – et Iginla ont mis la partie hors de portée, devant un Martin Brodeur qui a bloqué 31 des 33 rondelles dirigées vers lui.

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En fait, cette victoire revêt davantage un caractère symbolique. Un demi-siècle plus tard, et quatre ans après l’échec de Nagano, le Canada était de nouveau au sommet du monde. Tant chez les hommes que chez les femmes.

2. 2014: La remontée, le poteau et Marie-Philip Poulin

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Ça ne sentait pas très bon pour les Canadiennes dans cette rencontre au sommet face aux Américaines. Ça sentait même très mauvais.

Il ne restait qu’un peu plus de trois minutes à jouer à cette finale pour l’or des Jeux de Sotchi et le Canada, tirant de l’arrière 2-0, était en voie de perdre sa médaille d’or glanée quatre ans plus tôt aux mains de ses éternelles rivales.

Et ses deux autres, remportées à Salt Lake City puis à Turin. Bref, c’en serait fini de sa suprématie dans ces grands moments olympiques.

Il allait falloir un miracle. Ou plutôt deux, voire trois, voire... quatre. Déjà, un but. Celui-là, qui allait ouvrir le pointage pour les Canadiennes, allait venir du bâton de Brianne Jenner, avec 3 min et 30 s à jouer.

Maintenant en retard 2 à 1, le Canada allait jouer le tout pour le tout et retirer la gardienne Shannon Szabados de son filet.

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La routine pour une équipe en retard par si peu, avec les secondes qui s’égrènent au cadran, mais un geste qui comporte le risque de se retrouver à nouveau avec un retard quasi insurmontable de deux buts.

De la catastrophe évitée à la joie

La catastrophe, elles l’ont d’ailleurs frôlée, les Canadiennes, quand le tir de loin de l’Américaine Kelli Stack a abouti sur le poteau de la cage déserte.

Dès lors, la chance semblait avoir changé de camp pour aboutir dans celui de Marie-Philip Poulin. Celle qui allait plus tard être surnommée «Captain Clutch» a pris les choses en main. D’abord en créant l’égalité, avec 55 s à jouer.

Puis en donnant les devants à son pays, avec 5 s à écouler.

Il n’y allait pas avoir de prolongation : plutôt des images d’une célébration touchante de la capitaine, drapeau canadien drapé autour du coup, les mains cachant son visage pour masquer l’émotion d’avoir conservé l’honneur intact. 

Et une quatrième médaille d’or de suite.

1. 2010: Vancouver et le but en or de Sidney Crosby 

N’importe quel amateur de hockey qui possède un passeport canadien se rappelle où il était, le 28 février 2010, quand Sidney Crosby a inscrit ce qui restera à jamais gravé dans l’histoire comme étant «le but en or».

C’est cliché, n’est-ce pas? Mais on a pour notre dire que les clichés existent pour une raison, et rares sont les moments sportifs qui s’appliquent aussi bien à celui du but en or.

Photo d'archives, Reuters
Photo d'archives, Reuters

Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que le Canada avait des choses à se faire pardonner dans ce tournoi olympique qui n’avait pas si bien commencé pour l’équipe hôtesse. Crosby et sa bande avaient terminé la ronde préliminaire avec une fiche de deux victoires et un revers, ce dernier – par la marque de 5 à 3 – étant survenu aux mains des... États-Unis, qui n’étaient pourtant pas favoris.

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Le Canada avait donc été contraint de passer par les quarts de finale. Mais mené offensivement par un très jeune Jonathan Toews, l’unifolié s’était fait un chemin jusqu’à la finale attendue, une reprise du match pour l’or de 2002, qui avait été remporté par les Canadiens.

Toews, l’insomnie, puis le but

Toews n’avait pas très bien dormi, la nuit précédente. La pression était sur les épaules du Canada, devant un Rogers Arena plein à craquer et 16 millions de téléspectateurs au pays.

N’empêche, «Captain Serious» avait brisé la glace en première période, avant que Corey Perry ne double l’avance du Canada avec sept minutes écoulées en deuxième. L’affaire semblait Ketchup, mais Ryan Kesler a réduit l’écart peu après, sur une passe de Patrick Kane qui, lui, avait très bien dormi.

«La pression était sur les épaules du Canada», a rappelé, lors du 10e anniversaire de ce match, le comparse de Toews chez les Blackhawks de Chicago.

De l’aiguille à l’euphorie

Puis, Zach Parise a créé l’égalité, 2 à 2, avec 25 s à jouer au match. Ce qui a eu pour effet de faire taire les quelque
17 000 spectateurs présents, qui jusque-là n’étaient qu’à quelques secondes de vivre l’euphorie d’une médaille d’or canadienne en sol canadien.

«On aurait pu entendre une aiguille tomber», s’est remémoré le défenseur Chris Pronger, en 2015, dans son discours d’intronisation au Temple de la renommée.

Mais «Sid the Kid» allait délivrer tout le Canada, à 7 min 40 s de cette période de prolongation historique – la première aux Olympiques, chez les hommes –, d’un tir qui a battu Ryan Miller entre les jambières.

«Iggy! Iggy!», avait crié Crosby juste avant, dans l’espoir de recevoir une passe du vétéran Jarome Iginla.

«SIDNEY CROSBY ! THE GOLDEN GOAL !», a alors hurlé le descripteur de CBC Chris Cuthbert, pendant que Crosby, lui, attendait ses coéquipiers pour les célébrations, la bouche et les bras grands ouverts.

Cinq mots qui résonnent encore, 15 ans plus tard.

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