Conflit ferroviaire au Canada: des mois pour s’en remettre pour certaines industries de Québec


Jérémy Bernier
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Les industries manufacturières de la grande région de Québec auraient pu prendre des mois à se remettre du conflit de travail qui touche les principaux chemins de fer du pays si celui-ci avait perduré plusieurs semaines.
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Or, le lock-out aura duré moins de 24 heures puisque le ministre fédéral du Travail, Steven MacKinnon, a forcé un retour au travail et un arbitrage exécutoire final en fin de journée, jeudi.
Des industries complètes pourront reprendre leurs activités normalement partout au pays. Le conflit de travail laissait présager le pire pour des entrepreneurs de la région de la Capitale-Nationale.
«Pour l’instant, on attache notre ceinture et on attend que ça passe. On aime mieux ne pas y penser. Ça va être aberrant», soupirait jeudi matin Pierre Dolbec, maire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier et président de Dolbec International.

Sa compagnie s’occupe entre autres du transport des marchandises pour des centaines de manufacturiers dans la grande région de Québec. Il était donc bien placé pour constater la gravité de la situation qui pendait au nez de l’industrie.
Chez l’entreprise de plancher de bois franc Preverco, à Saint-Augustin-de-Desmaures, on mentionnait que la construction des maisons aurait pu être retardée à moyen terme.
«Avant longtemps, il va commencer à manquer de matériaux pour finir les maisons. Et quand tu n’as pas assez de bois pour fermer tes murs, tu n’as pas besoin de te faire installer un plancher», avançait le vice-président ventes et marketing, Julien Dufresne.
Ralentissement de la production
À court terme, seulement 10% à 15% du chiffre d’affaires de Preverco – notamment sur le plan de l’exportation – aurait été impacté par le lock-out.
M. Dufresne espérait justement une intervention rapide du gouvernement fédéral pour régler le conflit.
«En 2019, la grève [du CN] avait duré une semaine et ça nous avait pris six mois nous en remettre, rappelle pour sa part M. Dolbec. Là, les deux chemins de fer sont fermés. Ça va faire mal.»
Un conteneur qui arrivait par bateau de Shanghai, avant de faire le trajet Vancouver-Montréal par train, pouvait coûter environ 4500$, explique-t-il. Dorénavant, il en coûtera 12 000$, uniquement pour le transport en camion depuis l’Ouest canadien.
Situation «sans précédent»
Du côté du Port de Québec, on souligne que 20% à 30% des produits manutentionnés transitent par train ou camion. Si le conflit avait perduré, on prévoyait des répercussions «fortement négatives» sur les chaînes d’approvisionnement.
Pour diminuer les impacts à court terme, l’organisation a pris la décision de dérouter certains trafics maritimes vers des ports américains.
«Il s’agit d’une situation sans précédent, du jamais vu, souligne le porte-parole du Port de Québec Frédéric Lagacé. Le Port et ses opérateurs prennent la situation au sérieux et assurent les suivis en conséquence et souhaitent un règlement rapide.»
Bien qu’il soit trop tôt pour en évaluer les effets, on entrevoit qu’ils seront similaires à ceux occasionnés par la grève de la Voie maritime à l’automne dernier, affirme-t-on.
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