Conflit entre Postes Canada et le syndicat: «Ils sont peut-être en train de se tirer dans le pied», estime un avocat

Dominique Plante
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La grève chez Postes Canada pourrait nuire à l'organisme en raison des PME et des citoyens qui décident de faire affaire avec d’autres entreprises de livraison, selon un avocat en droit du travail.
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La quatrième semaine de grève de Postes Canada s’est entamée lundi et ne semble pas ouvrir la perspective de se terminer de sitôt, en raison de nouvelles propositions du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) rejetées par la société d’État au cours des dernières heures.
«Ce n’est pas facile», a déclaré Me Marc Boudreau, fondateur de Marceau & Boudreau Avocats, en entrevue à TVA Nouvelles, mardi.
De plus en plus de citoyens et de PME font le choix de faire livrer leurs colis par d’autres orà l'approche du temps des Fêtes. La société d’État devra donc subir des pertes de contrat lorsqu’elle reprendra ses activités..

De plus en plus de citoyens et de PME font le choix de faire livrer leurs colis par d’autres organismes à l’approche du temps des Fêtes. La société d’État devra donc subir des pertes de contrat lorsqu’elle reprendra ses activités.
L’avocat en droit du travail réitère que la meilleure solution reste une entente entre les deux parties, mais un tel scénario paraît de moins en moins réaliste.
«Plus ça avance, plus ça semble difficile et impossible, a-t-il constaté. On semble avoir des visions complètement ou diamétralement opposées.»
Le gouvernement ne peut pas s’interposer dans cette affaire avec Postes Canada et le STTP, selon Me Boudreau. L’article 107 de la Commission canadienne des relations industrielles empêche l’État d’intervenir dans un conflit de travail, à moins que la santé et la sécurité de la population ne soient mises en péril.
L’article n’inclut pas les inconvénients économiques.
Ottawa n’a pas précisé pour le moment s’il compte imposer un arbitrage obligatoire au Conseil des relations industrielles, comme il l’avait fait pour le CN et le CPKC ainsi que pour le port de Montréal et de Québec, cette année.
Le citoyen, victime collatérale
Après la grève, Postes Canada devra élever ses prix de manière considérable, selon Me Boudreau.
«Ça va faire mal à tout le monde et vous pouvez comprendre qui va payer en fin de compte, a-t-il avancé. Ça va être l’utilisateur, tout le temps.»

Le syndicat réclame notamment une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail, incluant une protection de l’emploi et de meilleurs horaires. Le salaire médian d’un facteur au Québec est actuellement de 29$ l’heure, selon des informations publiées sur le site du gouvernement canadien, le 3 décembre dernier.
L’avocat ne considère pas que ces demandes sont déraisonnables, mais il estime que si les employés obtiennent ce qu’ils veulent, il y aura des conséquences de tarifs financiers sur la population.
«Tout le monde va avoir de meilleures conditions. Je le constate dans le domaine des relations de travail: les salaires ont augmenté partout. Mais tout le monde se plaint que ça coûte beaucoup plus cher d’aller au restaurant [et] de retenir les services d’un entrepreneur. Alors, ça va coûter beaucoup plus cher de faire affaire avec les services de Postes Canada, selon moi», a déclaré Me Boudreau.
Voyez l’entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus