Conflit avec l’Iran: la diplomatie américaine «n’a pas les capacités nécessaires pour trouver une solution»
Agence QMI
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La volatilité des positions américaines et le manque de confiance mutuelle rendent improbable un cessez-le-feu entre l’Iran, les États-Unis et Israël, selon l’ex-ambassadeur du Canada aux Nations Unies.
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« Je ne suis pas impressionné par la capacité de diplomatie américaine », a déclaré l’ambassadeur sortant auprès des Nations unies à New York, Bob Rae, aux ondes de LCN, dimanche.
Selon lui, malgré la multiplication des efforts diplomatiques pour contenir le conflit au Moyen-Orient, trouver une solution nécessiterait que le président Trump et l’État iranien modifient leurs positions respectives.
« Il n’y a aucune confiance entre les deux parties à présent. Les Iraniens n’ont aucune confiance dans la position, la capacité, la souplesse, le professionnalisme de la diplomatie américaine. Et c’est la même situation quand on pense à l’attitude des Américains envers le leadership de l’État iranien », a-t-il souligné.

L’ex-ambassadeur estime également que, au sein même de l’administration américaine, la volatilité de la position officielle complique la résolution du conflit.
« Lorsqu’on regarde les conférences de presse du président, écoutez, il va dans tous les sens. Ce n’est pas facile de comprendre ce qu’il veut exactement faire, ce qu’il veut vraiment dans la situation. Et [Steve] Witkoff et [Jared] Kushner, ils n’ont pas la capacité de faire les choses nécessaires pour trouver une solution », a-t-il indiqué.
Pas la faute des diplomates
M. Rae mentionne que, pour l’instant, il ne reste plus qu’à espérer que le nouveau médiateur nommé par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, et l’effort des ministres des Affaires étrangères à Islamabad contribuent à calmer un conflit qui ne montre aucun signe d’essoufflement, même après un mois.
« Mais le problème est celui-ci : c’est que les [trois] pays, les [trois] parties au conflit, c’est-à-dire l’Iran, les États-Unis et Israël, ont des objectifs très différents et ils ne sont pas proches à présent », a-t-il précisé.

Selon lui, les concessions demandées par chaque partie à l’autre ne sont pas réalisables.
« Les États-Unis ne peuvent pas dire qu’on ne va plus jamais attaquer l’Iran, parce que ça veut dire qu’ils perdent toute la flexibilité d’une réponse nécessaire. Et en même temps, les Iraniens ne vont pas accepter les conditions imposées par les Américains. Alors voilà le problème », a expliqué M. Rae.
Ainsi, si le conflit n’est pas encore résolu, ce n’est pas par manque de travail des diplomates.
« Ce n’est pas un manque d’efforts de la part des diplomates, mais c’est la difficulté que ceux qui sont en train de se battre ne sont pas encore vraiment prêts à faire les concessions. Pour avoir un cessez-le-feu, il faut avoir un compromis qui va durer. Et en ce moment, ce n’est pas encore là », a-t-il ajouté.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.