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Comment Christian Tétreault a retrouvé le goût d'écrire...

Sabin Desmeules

2026-03-26T10:00:00Z

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Il avait décidé que c’en était fini de l’écriture de livres ! Puis une conversation avec un ami, qui lui a fait se demander à quel âge il avait été le plus heureux, a fait reprendre la plume à Christian Tétreault... pour notre plus grand bonheur et le sien !

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Le goût d’écrire a toujours habité Christian Tétreault. Pourtant, il était prêt à tourner le dos à sa passion. « J’avais décidé d’arrêter d’écrire. Le livre précédent avait été extrêmement compliqué à rédiger, admet-il. Au point où j’ai dit : C’est assez, je n’écris plus, je vais donner des conférences ! » Mais voilà qu’un ami écrivain lui a posé la question, un jour, dans une discussion écrite : « À quel âge as-tu été le plus heureux ? » Sa réponse l’a ramené à son enfance. Ainsi est né le récit autobiographique Cette vie parfaite, dans lequel l’auteur raconte l’année de ses 10 ans. Il se réjouit d’avoir reconnecté avec l’écriture. « C’est la première fois, en 19 livres, que j’aime vraiment écrire, confesse-t-il. Quand je me levais le matin puis je savais qu’il fallait que je continue l’écriture, j’avais hâte d’oublier le vieux que je suis pour redevenir un petit gars de 10 ans ! Je VIVAIS cette métamorphose quotidienne ! »

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Pas fleur bleue

Il émane du bonheur de Cette vie parfaite. « Mais je ne veux pas que les gens pensent que j’ai écrit un petit livre fleur bleue, où tout est beau... Il y avait de l’intimidation aussi, précise-t-il. Ce n’est pas juste du bonheur, des bonbons puis du hockey au Forum avec mon père. Je parle de pauvreté et d’injustice, aussi. Je parle de la peur, je parle de la délinquance, de peine d’amour et de la mort. »

Son premier contact avec la grande faucheuse

La toute première fois que Christian a été touché par la mort d’un proche, il était ce gamin de 10 ans déstabilisé par la disparition subite de son grand-papa adoré. « Quand j’écrivais ce bout-là, je pleurais, je pensais à mon grand-père. Il était fin avec moi, puis ses fils, donc mon père et ses frères, me disaient que mon grand-père, il était sévère. Moi, je ne le voyais pas du tout sévère, au contraire ! Il était fin, avec moi. Il m’emmenait chez le boulanger. C’était notre sortie. On achetait un pain. Et mon grand-père, il avait toujours son canif sur lui et il nous coupait un petit morceau de pain puis il me demandait : “Il est-tu bon ?” » Son grand-papa a rendu son dernier souffle en novembre 1963. « Le même mois de la même année que John F. Kennedy : mon grand-père, c’était le 5, puis Kennedy, c’était le 22. À l’époque, je me trouvais tellement bébé de pleurer ! Je n’avais pas pleuré pour Kennedy... mais j’avais pleuré pour mon grand-père. »

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Une oasis

En cette période où l’actualité est anxiogène, l’auteur espère avec ce livre offrir aux gens une oasis. « Il y a bien des livres que j’ai écrits, si je fais le tour, qui étaient des livres, par la force des choses, un peu difficiles. La mort de ma fille, ce n’est pas drôle à écrire. Puis Nos enfants sont immortels, où j’allais chercher des témoignages de gens qui avaient perdu leurs enfants, c’était nécessaire mais en même temps difficile. En ce moment, avec tout ce qui se passe dans le monde, les gens n’ont pas le goût de tout ça, note-t-il. Moi, je lève ma main et je dis : “Mettez la main sur ce livre-là, vous allez voir, c’est cute, c’est le fun, c’est un petit gars plein de naïveté, plein de bonne volonté, avec un trouble du déficit de l’attention assez évident, mais, en même temps, ça lui fait faire des affaires drôles !” Il y a un héritage, là-dedans. À travers ce petit gars-là, il y a l’importance d’être là, dans le présent. Si je peux, avec la lecture de ce livre-là, avoir laissé juste ce petit héritage-là aux gens qui vont le lire, qui vont le vivre, je vais arrêter de m’en faire. »

Grand-père à son tour

Le 13 mai 2025, Christian est devenu grand-papa. Son petit-fils s’appelle Émile, comme son propre grand-père. Il veut avoir un rapport privilégié avec lui. « Et je veux essayer de mesurer mon contact avec lui. Je ne veux pas être une personne parmi les 15 qui n’arrêtent pas de tout lui donner... Je veux être un personnage dans sa vie ! »

On peut se procurer le récit Cette vie parfaite, de Christian Tétreault, en librairie et sur les sites de vente de livres en ligne.

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