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Brigitte Lafleur, une artiste qui ose se dépasser malgré la peur

«Tout sur le sexe» sera présenté du 10 juillet au 29 août 2026 à la Maison des arts Desjardins de Drummondville.

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-03-12T10:00:00Z

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Brigitte Lafleur est sans équivoque une femme lumineuse. Pétillante et prête à relever tous les défis, elle compose malgré tout avec un certain perfectionnisme, même si elle impressionne dans chacun des rôles qu’elle incarne. Elle sera cet été dans la pièce Tout sur le sexe, aux côtés de Laurent Paquin et Simon Boudreault, une comédie qui promet rires et bons moments.

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Brigitte, parle-moi de la pièce Tout sur le sexe dont tu feras partie cet été.

Laurent Paquin et Simon Boudreault avaient déjà exploré un concept semblable avec On va tous mourir, en abordant la mort sous toutes ses coutures. Cette fois, on parle de sexe, sous tous les angles possibles. Je jouerai autant une femme du Moyen Âge qu’une autre qui tente de raviver la passion dans son couple. On aborde une foule de thèmes, à trois seulement sur scène pour incarner tous les personnages. À la première lecture, j’ai ri du début à la fin  ; je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter. Une vingtaine de sketchs composeront le spectacle et rejoindront un large public, qu’on se reconnaisse ou non dans chaque segment.

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Comment ç’a été de travailler avec les auteurs du texte, qui sont aussi les deux autres acteurs ?

Ils ont écrit un texte formidable  ; on aurait eu de la matière pour cinq spectacles différents. Le tout est mis en scène par Serge Denoncourt, ce qui a un immense attrait pour moi. On rêve tous de travailler avec lui. Simon est l’un des gars qui me font le plus rire au monde, et Laurent a un humour universel, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Comme ils ont écrit les textes, on plonge rapidement dans un second niveau de jeu, et ça donne un spectacle magistral. Rendre tout ça grandiose à seulement trois sur scène, c’est déjà un exploit. C’est beaucoup de travail, mais une fois bien huilé, le public va adorer.

Ce n’est pas ton premier projet avec Monarques Productions. Est-ce plus facile de dire oui ?

Avec eux, je me sens en confiance dès le départ. Je n’ai plus à faire mes preuves et je sais que je peux livrer. Ça m’aide à me propulser plus loin. J’ai quand même à me prouver à Serge ! (rires) Se sentir épaulée dès le début, pour une actrice, c’est précieux. Ça me permet d’oser davantage et c’est là que je rayonne le plus.

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Sens-tu encore, malgré ton parcours impressionnant, que tu as des choses à prouver ?

On est de drôles de bibittes ! En vieillissant, ce sentiment s’accentue, alors que ça devrait être l’inverse. Je suis peut-être trop perfectionniste  ; ça peut me nuire et me rendre anxieuse. J’arrive en répétition avec les textes appris par cœur, mais vouloir être trop parfaite empêche parfois de découvrir des choses par accident. J’essaie de trouver un juste milieu. Ce n’est pas un manque de confiance, mais j’ai toujours cette petite voix qui doute. Par contre, dès que le spectacle commence, tout se dissipe. Le moment de création reste le plus difficile.

Est-ce que parler de sexe est quelque chose qui te gêne ?

On aborde, entre autres, le défi de se renouveler après des années en couple, et ça me rejoint. Le traiter sur scène le rend moins lourd. C’est un sujet universel dans lequel tout le monde peut se reconnaître. On n’est ni dans la vulgarité ni dans le rire facile  ; les gars ont fait un énorme travail de recherche. Les éléments plus graphiques sont joués avec des marionnettes ! Ma fille de 11 ans pourra venir voir le spectacle sans problème. Ça rejoindra un public plus large qu’on ne le croit. C’est même une belle porte d’entrée pour initier les ados au théâtre : ils se pensent grands en venant rire de sexe, mais ça peut être instructif.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

En regardant tes derniers projets, sens-tu que tu aimes te donner des défis ?

C’est contradictoire avec mon angoisse, mais je me lance des défis pour la combattre. Depuis Sortez-moi d’ici !, je surfe sur ce sentiment. C’était la première fois que je me permettais de me dépasser ainsi. Il y a quelque chose d’addictif à aller un peu plus loin, à oser malgré la peur du jugement. Il y aura toujours des gens qui ne croiront pas en nous, et ça rend vulnérables, mais il faut l’accepter. Pour le nouveau film Sortie de zone, où je dois jouer au hockey, je me suis inscrite dans une ligue pour m’améliorer. J’étais devenue un peu pantouflarde avec ma fille, mon chum, ma petite vie. Je voulais aussi montrer l’exemple à ma fille, la sortir de son cocon et lui prouver qu’on peut se dépasser.

Avec Sortez-moi d’ici !, Zénith, Big Brother et le Noovo réveillon, t’es-tu découvert un côté compétitif ?

Complètement. Depuis longtemps, j’angoisse à l’idée de faire des jeux de connaissances et d’avoir l’air ridicule. À l’époque de La classe de 5e, j’ai été éliminée plus d’une fois à la petite école ! ’ai toujours un souci de performance. Je regarde les épisodes et je pratique énormément. Je suis un peu excessive. Je n’aurais jamais pu faire le vrai Big Brother  ; j’ai trop peur du rejet.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu participes à Zénith, mais on ne te connaissait pas comme chanteuse...

J’ai toujours adoré chanter. À l’époque de L’auberge du chien noir, on me faisait chanter un peu, mais je n’ai jamais été étiquetée ainsi. J’ai aussi fait des apparitions à L’heure de gloire avec René Simard et quelques moments à En direct de l’univers. Ce sont des expériences incroyablement stressantes, parce que je ne suis pas chanteuse. Depuis l’an dernier, je me disais que j’aimerais participer à Zénith. Je suis impressionnée par la qualité des artistes, cette année. La pression n’est pas la même pour moi puisque ce n’est pas mon métier. Chaque défi amène ce moment où tu te demandes : « Pourquoi je fais ça ? » Mais la paix vient après, quand tu réussis à passer au travers.

Est-ce que ton rôle de Carole dans Empathie était celui que tu attendais pour montrer l’ampleur de ton talent ?

Quand on m’a proposé l’audition, je n’ai pas pensé que c’était la chance de ma vie, heureusement. Sinon, la pression aurait été trop grande. J’ai travaillé pour comprendre la schizophrénie et aller le plus loin possible. Je comprenais ce que vivait le personnage, grâce à la force de l’écriture de Florence Longpré. J’ai réalisé la chance que j’avais d’aller aussi loin, parce que le réalisateur me le permettait. Il me laissait crier plus fort, jouer plus grand, et il m’a fait entièrement confiance. C’était libérateur.

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Te sens-tu sur ton X, complètement épanouie ?

Oui. Je traverse une belle période : ma fille va bien, mon chum aussi, et c’est précieux. On travaille énormément, et on sait que ce sont de belles années professionnelles. Je touche du bois pour que ça continue. En même temps, on vieillit, le corps change, et ça peut être confrontant. Mais je suis très bien entourée.

Comment va ta fille, Agathe ?

Elle est en 6e année et elle est merveilleuse. On est très unies, peut-être même un peu trop ! Comme mère, ça m’inquiète parfois de la voir refuser des sorties pour écouter un film avec nous. Je me dis qu’au secondaire, cette phase passera bien assez vite. J’essaie de lui donner la liberté dont elle a besoin, de la pousser vers d’autres expériences, tout en m’autorisant à être émue de la voir grandir. Elle nous fait une confiance absolue, on peut parler de tout. C’est précieux.

Après 22 ans de vie commune avec ton conjoint, que constates-tu ?

Que tout est simple quand on est ensemble. Dès le début, on s’est dit que c’était d’une grande simplicité. En le rencontrant, je savais que c’était la bonne personne. Je le voyais dans ma famille : on partage les mêmes valeurs. Tout coulait de source. Je savais d’avance que j’allais tout aimer de lui... même sa musique affreuse et son char monté ! (rires)

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