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Comme dans «STAT»: est-ce vraiment possible de faire congeler son cerveau après la mort au Québec?

Photo portrait de Jean-Michel  Clermont-Goulet

Jean-Michel Clermont-Goulet

2024-10-03T18:36:14Z

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Le cerveau de Jérôme Dumont, le personnage interprété par David La Haye dans la quotidienne STAT, a été congelé après sa mort dans l’espoir d’un jour le ramener à la vie. Est-ce que ça se fait dans la vraie vie, congeler le cerveau ou le corps d’un défunt? Si oui, combien faut-il prévoir? On fait le point.

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C’est quoi, la cryogénisation?

Congeler le corps ou le cerveau d’une personne morte, c’est ce qu’on appelle la cryogénisation. On la pratique pour être en mesure de ramener la personne à la vie si la science le permet un jour.

L’Américain Robert Ettinger est le premier à avoir parlé de cryogénisation, dans les années 1960. Deux cent soixante et une dépouilles, dont la sienne, reposent aujourd’hui à la Cryonics Institute, qu’il a fondée près de Détroit, en 1976.

Robert Ettinger
Robert Ettinger PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK, CRYONICS INSTITUTE

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Possible de se faire cryogéniser au Canada?

Oui et non.

La cryogénie n’est offerte qu’aux États-Unis et en Russie.

Le Canada ne compte aucune installation capable de conserver des corps humains à très basse température pendant longtemps. Au Québec, les services funéraires Magnus Poirier et Urgel Bourgie/ATHOS ont néanmoins développé un partenariat avec la Cryonics Institute qui leur permet d’envoyer des dépouilles.

Voici le processus de cryogénisation chez Urgel Bourgie/ATHOS:

  • Lorsque le décès est déclaré, une équipe de thanatopracteurs effectue une perfusion d’anticoagulant. Un massage cardiaque est ensuite pratiqué durant plusieurs minutes pour faire circuler le produit dans le corps. On a vu cette étape dans STAT.
  • Le processus de refroidissement du corps est alors enclenché. La dépouille est enrubannée, placée dans un contenant en aluminium et aspergée d’eau glacée pour la garder la plus froide possible pendant son transport jusqu’au laboratoire de thanatopraxie d’Urgel Bourgie/ATHOS, explique Pierre-Maxime Fugère, responsable de la qualité thanatologique et de la cryogénisation pour l’entreprise québécoise. 
  • Une fois au labo, des liquides cryoprotecteurs sont injectés dans le corps pour le conserver. 
  • La dépouille est ensuite placée au congélateur. 
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Le nouveau centre opérationnel d'Urgel Bourgie/ATHOS, situé à Anjou.
Le nouveau centre opérationnel d'Urgel Bourgie/ATHOS, situé à Anjou. Photo URGEL BOURGIE/ATHOS, Courtoisie
  • Le défunt est par la suite placé sur de la glace sèche et dans un deuxième contenant isolé. 
  • La dépouille est prête à être transportée vers la Cryonics Institute.
  • Une fois arrivé à destination, le mort est placé dans un cylindre d’azote liquide à une température de -196 degrés Celsius. 
Des cylindres remplis d’azote liquide dans lesquels sont entreposés, à une température de -196 degrés Celsius, le corps des personnes cryogénisées.
Des cylindres remplis d’azote liquide dans lesquels sont entreposés, à une température de -196 degrés Celsius, le corps des personnes cryogénisées. PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK, CRYONICS INSTITUTE

Combien coûte le procédé funéraire?

Chez Urgel Bourgie, il faut prévoir 25 000$ canadiens (taxes incluses) pour le processus de cryogénisation. Il faudra ensuite débourser 28 000$ américains supplémentaires (environ 37 800$ canadiens) pour l’entreposage du corps à la Cryonics Institute, selon le site web de l’entreprise.

Près d’une dizaine de personnes ont approché Urgel Bourgie pour être cryogénisées à leur décès, soutient Pierre-Maxime Fugère, dont une seule dépouille repose actuellement à la Cryonics Institute en attente d’être ramenée à la vie. Au total, cinq corps québécois sont à l'établissement américain.

Comment fait-on pour revivre?

La science n’a pas encore trouvé réponse à cette question. Aucune personne cryogénisée n’a encore été «décongelée» pour revenir à la vie.

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