Citoyens abattus par l’ICE: «Il n’y a plus de limites à ce que le président peut faire», témoigne un Québécois qui vit à Minneapolis
TVA Nouvelles
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C’est dans un climat d’inquiétude et de peur que vivent plusieurs citoyens de Minneapolis, aux États-Unis, à la suite d’interventions mortelles menées par la police de l’immigration en janvier dans la plus grande ville du Minnesota, selon ce qu’en témoigne un Québécois qui vit sur place.
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«Ils sont allés près de l’école de mes enfants. L’école de mes enfants a été fermée. Il y a même des étudiants à l’école, dans la classe de ma plus grande, qui ne vont plus à l’école [...], ils ne sortent plus de chez eux. Ils ont une caméra vidéo dans la classe de ma fille pour pouvoir éviter les risques qu’ils se fassent intercepter ou même détenir, kidnapper quasiment», a témoigné Guillaume Desbiens, ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH), en entrevue avec notre envoyé spécial, Félix Séguin, lundi.
Selon le père de deux filles âgées de 6 et 13 ans, les agents fédéraux du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) n’auraient désormais plus de limites lorsqu’ils interviennent auprès des citoyens ou procèdent à des arrestations.

«J’ai ma citoyenneté américaine maintenant, mais même pour moi, il n’y a plus de limites à ce que le président peut faire», a souligné le hockeyeur originaire d’Alma. «J’ai la chance, puis le privilège d’être blanc. Si j’étais quelqu’un avec un teint basané ou même noir, tu peux te faire arrêter dans la rue sans raison. Ils ont oublié qu’il faut avoir un prétexte pour arrêter quelqu’un.»
Au début du mois de janvier, des agents de l’ICE ont abattu une femme de 37 ans qui se trouvait au volant de son véhicule à Minneapolis. Puis, au cours du week-end, un infirmier américain a été tué lors d’une autre intervention.

«Si on retourne durant la COVID, ici, on avait eu les événements avec George Floyd, puis dans ce temps-là, on pensait vraiment que c’était un point de rupture. Mais même dans ce temps-là, le président Trump était plus subtil dans ses actions, moins intense. Puis là, en ce moment, c’est son deuxième mandat, il s’en fout un petit peu, il n’a pas besoin de se faire réélire. Il fait tout ce qu’il veut faire pour, on dirait, combler sa base de droite qui l’a élu», a observé M. Desbiens.

Mais même parmi les républicains, plusieurs ressentiraient un malaise, voire de la frustration, à la suite de la mort d’Alex Pretti, selon ce qu’a constaté le Québécois.
«Ils réalisent que oui, il était armé, mais non, son fusil n’était pas sorti. Puis, un, il était légal, puis il s’est fait enlever son arme avant de se faire tirer, a-t-il expliqué. Alors là, je pense qu’il y en a beaucoup parmi la base républicaine, qui est pro-arme, qui sont en train de réaliser que non, ce n'est pas pour ça qu’on a voté.»
Montagnes russes d'émotions
La journée de lundi s’est déroulée en dents de scie à Minneapolis, Donald Trump ayant tenté de jouer la carte de l’apaisement alors que les tensions restent vives dans la ville, selon ce qu’a constaté le journaliste Félix Séguin.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les effectifs des agents de l’ICE sur le terrain à Minneapolis ont connu une hausse spectaculaire de 900%.
Le président américain a reconnu aujourd’hui que la mort d’Alex Pretti était une «tragédie» et a insisté sur le fait qu’il ne voulait plus voir de gens «blessés ou tués dans les rues».
Il a toutefois exigé en même temps la fin de ce qu’il a qualifié de «résistance délibérée et hostile» au Minnesota.

Plusieurs des agents fédéraux de l’ICE et le haut responsable de la patrouille frontalière des États-Unis, Gregory Bovino, devraient d’ailleurs retourner dans leurs secteurs respectifs dès demain, ce qui devrait réduire les effectifs de la police de l’immigration au Minnesota.