Circuit LIV: pas question!

François-David Rouleau
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Corey Conners a tellement trimé dur dans sa carrière qu’il ne veut surtout pas rejoindre la nouvelle et controversée série LIV Golf. Même si on lui offrait un paquet d’or, il refuserait tant il aime sa carrière.
«Je ne suis pas intéressé par ça. Pas question d’aller là, a assuré l’Ontarien de 30 ans, meilleur golfeur canadien, au 29e rang du classement mondial.
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«Je suis satisfait de ma carrière et de ma vie sur le circuit de la PGA. C’est vraiment agréable. J’aime jouer les tournois PGA et participer à l’Omnium canadien en plus des grands tournois. Je n’ai pas du tout l’intention de le quitter.»
C’est que pour se tirailler avec l’élite mondiale du golf, Conners travaille d’arrache-pied depuis dix ans. Il a démarré tout au bas de l’échelle du golf et il n’a pas raté un échelon.
Il a fait ses classes sur le circuit canadien, le circuit latin et l’antichambre de la PGA, le Korn Ferry, pendant plusieurs années.
Depuis la saison 2017-2018, il évolue à plein temps sur le meilleur circuit au monde. Pourquoi donc le quitter?
Calendrier occupé
Certainement pas pour l’argent ou pour se la couler douce en participant à une poignée de tournois par saison.
Le Canadien adore se garder occupé. Il participe en moyenne à 26 tournois par saison. S’il le pouvait, il les jouerait tous. Mais il a compris qu’il devait aussi se reposer pour conserver la forme.
Il rejoint donc les propos que Tiger Woods a livrés en début de semaine, lors de sa conférence de presse à St Andrews. Questionné sur les enjeux de la nouvelle ligue propulsée par le Fonds public d’investissement saoudien, Woods disait ne pas comprendre les motifs des golfeurs qui la rejoignent.
Selon lui, l’expérience acquise sur le chemin menant au PGA Tour est inestimable, tout comme gagner sa vie en tant que golfeur professionnel parcourant la planète à participer aux plus grands championnats.
«J’ai commencé au pied de la montagne. Une fois rendu en haut, ça n’a aucun sens de tout laisser derrière moi pour rejoindre la nouvelle ligue, a expliqué Conners. J’ai encore tellement de choses à accomplir sur la PGA. Je veux continuer à gravir le classement mondial et percer le top 10. Et ça, ça se fait en jouant avec la PGA.»
Parmi les autres raisons, il insiste aussi sur les participations aux championnats majeurs. Il a goûté à sa première expérience lors du Tournoi des Maîtres de 2015. Pas question non plus de laisser ces perspectives d’avenir sur la ligne alors que les organismes de gouvernance, comme le Royal and Ancient, ont fait savoir qu’ils réviseraient sous peu les critères d’admissibilité, dès 2023.
Objectif Quail Hollow
Conners poursuivra son chemin sur le circuit Monahan. De surcroît, il a les yeux sur un événement qu’il a encerclé il y a fort longtemps : la Coupe des Présidents.
Celle-ci sera disputée au Club de golf de Quail Hollow, en Caroline du Nord, à la fin de septembre.
Figurant présentement au 6e rang du classement de l’équipe internationale, Conners continuera à grimper. Tout juste devant lui, le nom d’Abraham Ancer disparaîtra dès qu’il aura frappé son premier coup de départ dans la ligue LIV Golf, la semaine prochaine.
Mackenzie Hughes et Adam Hadwin sont eux aussi en bonnes positions, respectivement 11e et 12e. Les prochains déserteurs leur ouvriront des portes.
«Des gars se sortent de la course par leur décision. Mais je veux vraiment mériter ma place sur l’équipe, a insisté Conners. Son 28e rang à cet Open l’aidera à engranger de précieux points.
«C’est aussi décevant, car nous voulons composer la meilleure équipe internationale. Je me voyais bien jouer avec Abe [Abraham Ancer]. Mais je n’y peux rien. Je serais en mesure de jouer avec n’importe quel coéquipier.»
Semaine incroyable
Il fallait l’observer déambuler sur le Old Course au fil de la semaine. À sa troisième participation à l’Omnium britannique, le natif de Listowel en Ontario avait les yeux grands et le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Et ce, même s’il a visité l’impossible Road Hole Bunker à deux reprises. Il a gagné en expérience sur les links.
«C’était une semaine extraordinaire. C’est un endroit si spécial. C’était ma première visite et j’ai senti un appui unique des spectateurs. Ce parcours a vraiment résisté au temps. Il est très plaisant à arpenter. J’espère vraiment y revenir.»