La fois où j'ai oublié que Brad Pitt était assis à quatre rangées de moi


Jessica Lapinski
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TORONTO | Brad Pitt était dans les gradins du All England Club, assis à quelque quatre rangées de l’espace réservé aux journalistes. À l’autre extrémité du terrain, dans la box royale, il y avait évidemment... des membres de la famille royale. Le prince William, son épouse, Catherine Middleton, et leurs enfants.
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Mais en cette fin d’après-midi de juillet, alors que le soleil commençait doucement à descendre sur le central de Wimbledon, cette proximité avec le gratin mondain avait peu d’importance pour la journaliste sportive passionnée de tennis que je suis.

Le véritable roi, il était sur le terrain, avec ses frappes spectaculaires qui auraient pu maintes fois se tailler une place parmi les jeux de la semaine des grands bulletins télévisés sportifs.
Plus qu'un prodige
Mais Carlos Alcaraz n’est pas que spectaculaire. Ce n’est pas non plus que le prodige de 20 ans que l’on décrit depuis un an, cet étudiant du tennis qui apprend sans cesse et qui s’améliore de tournoi en tournoi, de match en match et même, de jeu en jeu.
Ce qu’il a fait, d’ailleurs, dans cette finale face à Novak Djokovic il y a maintenant presque un mois, par ce beau dimanche après-midi londonien durant lequel la pluie avait fini par nous ficher la paix.
Il a appris. Déclassé d’entrée de jeu par l’homme aux 23 titres majeurs, l’Espagnol a pris du bout de sa raquette le vent qui tourbillonnait sur le central et l’a fait tourner en sa faveur.
Au point de frustrer Djokovic, qui, jusque-là, était si convaincu que ce huitième titre à Londres lui appartenait qu’il applaudissait les frappes de son jeune rival et narguait la foule qui applaudissait elle aussi chaque bon coup d’Alcaraz. Dans son cas, avec l’espoir que cette finale s’éterniserait.

Et elle s’est éternisée, pendant 4 heures 43 minutes, jusqu’à ce que ce soit l’Espagnol qui s’allonge, victorieux, sur le gazon sacré. Car comme je le disais, «Carlitos», ce n’est pas qu’un prodige.
C’est un phénomène.
Le joueur dont avait besoin le monde de la petite balle jaune, à cette époque où le tennis de Roger Federer n’est plus qu’un précieux souvenir, où l’on ne sait pas si l’on reverra le courage et la ténacité de Rafael Nadal sur le court, et où l’on cherchait un autre grand rival à Djokovic.
C’est un phénomène comme l’ont été tour à tour Federer, Nadal et Djokovic lors de leurs premiers grands moments sur le circuit.
La candeur de ses 20 ans
Mais il n’est pas que spectaculaire, puissant et rapide, Alcaraz. Ce n’est pas non plus que cet heureux mélange entre les qualités tennistiques des trois légendes mentionnées ci-dessus.
Il a aussi la candeur de ses 20 ans. Le sourire d’un jeune homme qui ne réalise pas ce qui lui arrive, et surtout, pourquoi tout ça va si vite.
Qui ne saisit pas pourquoi, lorsqu’il s’assoit pour déjeuner dans sa résidence espagnole, il y a dans sa salle à manger le trophée du champion de Wimbledon.

Qui, malgré ses deux titres majeurs et son premier rang mondial, sourit à pleines dents quand il entend les fans crier «Carlitos!» et «let’s go!» lors de son entraînement sur le central, à Toronto.
Le sport à son meilleur
Vous êtes fan de tennis? Tout ce que vous venez de lire, vous le saviez sûrement déjà. Vous saviez que vous devez ouvrir votre télé, cette semaine, afin de voir Carlos Alcaraz en action à Toronto.
Vous êtes fan de sport, mais le tennis n’est pas votre dada? Regardez l’un de ses matchs. Peut-être vous découvrirez-vous une nouvelle passion.
Et si vous n’êtes pas fan de sport, je vous conseille tout de même de vous risquer à le regarder en action.
Ses prouesses athlétiques, sa fraîcheur, son amour pour cette discipline qu’il pourrait amener à un autre niveau.
Vous allez voir le sport dans ce qu’il a de plus beau.