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Le prince Carlos Alcaraz détrône le roi Novak Djokovic en finale à Wimbledon

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-07-16T17:52:10Z

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LONDRES | Le prince a détrôné le roi, dimanche à Londres. À seulement 20 ans, Carlos Alcaraz a ravi la chaise du souverain à Novak Djokovic, pourtant intraitable depuis 2014 sur le central de Wimbledon, au terme d'une finale majestueuse, à la hauteur du festin qu'avait promis Djoko deux jours plus tôt.

Un Djoko qui ne se doutait alors sûrement pas qu'il verrait sa huitième couronne au All England Club lui glisser des mains pour se retrouver dans celles du prodige. 

Un joueur de 16 ans son cadet qui, aussi talentueux soit-il, n'avait jamais réussi à aller au bout de son potentiel devant lui le mois dernier à Roland-Garros. 

Mais cette fois, l'Espagnol l'a fait. En gagnant 1-6, 7-6 (6), 6-1, 3-6 et 6-4 au terme de plus de 4 h 40 min de jeu, Alcaraz s'est adjugé un premier titre à Londres, un deuxième trophée du Grand Chelem après le US Open l'an dernier, et il s'est assuré de conserver le premier rang mondial, lundi. 

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Un rêve devenu réalité

Le prodige a prouvé, également, que contrairement à ses comparses de la nouvelle génération qui peinent à trouver leurs repères face à la légende, il est dans une classe à part. 

«C'est un rêve devenu réalité, a souligné Alcaraz devant les journalistes, après son triomphe. Être champion à Wimbledon, c'était quelque chose que je souhaitais vraiment. Battre Novak quand il est à son meilleur, ici, écrire l'histoire en défaisant ce joueur qui est invaincu sur le central depuis 10 ans, c'est incroyable pour moi.»

Carlos Alcaraz a reçu le trophée des mains de Kate Middleton, dimanche, à Londres.
Carlos Alcaraz a reçu le trophée des mains de Kate Middleton, dimanche, à Londres. Photo AFP

Une première manche soporifique

Les passings impossibles et les angles improbables qui font la marque de Carlitos lui ont permis de faire oublier cette première manche lors de laquelle il ne semblait pas de calibre sur gazon, face à l'homme aux 23 titres majeurs. 

Et de faire tourner cette finale, qui était en voie de devenir soporifique, en l'affiche alléchante qu'elle promettait d'être. Aussi alléchante sinon plus que les fraises à la crème que dégustait, en prenant des gorgées de Pimm's, la bruyante foule sur le central.

En quête d'un spectacle, ces spectateurs aux robes fleuries et aux beaux vestons soutenaient d'ailleurs pour la plupart Alcaraz, à coups d'ovations debout assourdissantes qui célébraient ses touches magiques. 

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Rendez-vous raté avec l'histoire

Djokovic a bien joué avec eux, comme il l'avait fait en demi-finale, lorsqu'il était encore le mal-aimé face à un autre jeune, l'Italien Jannik Sinner. 

Jusqu'à la fin de la deuxième manche, le vétéran applaudissait également les beaux coups de son rival comme s'ils n'étaient qu'un léger divertissement dans sa route vers son 24e trophée du Grand Chelem.

Un fait d'armes qui lui aurait permis de rejoindre Margaret Court dans les livres d'histoire, à 36 ans, après avoir éclipsé la marque de Rafael Nadal chez les hommes, le mois dernier à Paris. Et de remporter un cinquième titre consécutif à Londres, un exploit dont Roger Federer et Bjorn Borg, chez les hommes, peuvent se targuer d'avoir accompli. 

Son plus grand regret

Mais le vent qui soufflait sur Londres dimanche a fini par tourner en la faveur de l'Espagnol, quand il a enlevé le bris d'égalité de la deuxième manche. 

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Dès lors, les remontrances de Djoko à l'endroit de l'arbitre sont devenues plus sérieuses. Son regard de conquérant a semblé disparaître pour faire place à une certaine nervosité. 

C'était le premier bris d'égalité qu'il perdait dans un tournoi majeur depuis Roland-Garros, l'an dernier, aux mains de Rafael Nadal. 

C'est ce moment du match qu'il regrettait le plus, d'ailleurs, devant les journalistes, après s'être montré ému sur le terrain. «J'ai frappé deux très mauvais revers, a-t-il concédé. À ce moment, il a tellement élevé son niveau de jeu. Je n'étais plus moi-même.»

Novak Djokovic n'a pas caché sa déception après s'être fait remettre le trophée du finaliste à Wimbledon, dimanche.
Novak Djokovic n'a pas caché sa déception après s'être fait remettre le trophée du finaliste à Wimbledon, dimanche. Photo AFP

La frustration du perdant

En effet. Comme le font les adversaires qu'il malmène généralement sur le terrain, on l'a dès lors vu mimer certaines de ses frappes après une faute directe. 

Parce que désormais, Alcaraz, en plus de son jeu d'attaque, lui faisait mal avec les armes dont le Serbe se sert habituellement: une grande défensive et des retours de service agressifs. Le spectacle avait bel et bien commencé. 

Malgré un soubresaut d'orgueil au quatrième set, Djokovic a fini par craquer pour de bon dans la manche ultime. 

Devant plusieurs noms très connus – dont l'acteur Brad Pitt, la chanteuse Ariana Grande et, bien sûr, Kate Middleton ainsi que le prince William –, le deuxième favori a donné un bon coup de raquette dans le filet quand il a été brisé au cinquième jeu.  

Photo AFP
Photo AFP

Son nom dans l'histoire

Alcaraz, quant à lui, n'a pas perdu son sang-froid malgré l'immensité du moment, sur ce central où le temps s'est arrêté une fois de plus, comme cela est arrivé souvent lors de ce dernier dimanche de la quinzaine. 

Sur un coup droit que Djokovic a retourné dans le filet, tard dans l'après-midi londonien, le prodige a inscrit à jamais son nom sur ce trophée qui fait la marque des plus grands de ce sport. 

Carlos Alcaraz pousse un cri de joie après avoir battu Novak Djokovic en finale, dimanche, à Londres.
Carlos Alcaraz pousse un cri de joie après avoir battu Novak Djokovic en finale, dimanche, à Londres. Photo AFP

Est-ce le début d'une grande rivalité? «Je l'espère. Surtout si elle tourne en ma faveur!», a commenté le Serbe, bon joueur en entrevue malgré la déception de cette 12e défaite seulement en 35 finales majeures. 

«Pourquoi pas? Je pense que c'est bon pour le sport. Le numéro 1 et le numéro 2 au monde qui s'affrontent dans des marathons de cinq heures. Qu'est-ce que le tennis pourrait demander de plus?»

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